dimanche 28 juin 2020

"Chroniques Insulaires". 2030. Chapitre VII.

Géocédille, Auteur. Merci !

7e partie

"La fée électricité".

C'est en plein milieu de ces mutations que les premiers incidents ont commencé à se produire dans les centrales. Dans tous les pays, le recul du contrôle de l'état avait laissé les sociétés de production d'électricité se débrouiller seules. Le prix de l'électricité avait flambé mais la demande était là. Ce sont les vols de câbles à haute tension qui ont commencé a tailler des croupières au réseau. Tout ce cuivre attirait les convoitises et des petits malins ont trouvé comment court-circuiter les pylônes pour faire disjoncter la haute tension afin de découper les précieux câbles.





Ce qu'ils ne savaient pas c'est que la chute de la demande ne pouvait pas toujours être répercutée sur les moyens de production. C'est Flamanville qui est partie en vrille la première. Le feu a pris dans le bâtiment turbine et le circuit secondaire s'est rompu. Le circuit primaire surchauffé ne parvenant plus à refroidir le réacteur, le coeur a fondu au bout de 12 heures.




Les opérateurs d'UberAtom avaient déserté depuis longtemps les autres tranches de la centrale et tous les réacteurs ont fondu les uns après les autres suivis de l'explosion des enceintes de confinement. L'exode atomique a alors commencé. Dans le monde entier des millions de gens ont quitté les pays disposant de centrales nucléaires pour trouver refuge dans les pays n'en disposant pas.

Les cargos transportant les réfugiés atomiques blancs ont commencé à s'échouer au Maroc, en Tunisie et sur les côtes Turques. Des centaines de militants d'Organisations Non Gouvernementales locales se sont alors précipité sur le plages pour accueillir hommes, femmes et enfants. Le statut de "protégé" a été leur a été octroyé leur permettant de s'insérer dans le tissu social local en travaillant gratuitement pour des maîtres locaux, les jeunes femmes bénéficiant d'un programme d'insertion sociale spécifique dit "de la main droite" les exemptant à vie de toute autre démarche administrative.

Les ultra riches se rendirent compte que la situation leur avait échappé quand ils durent évacuer leurs propriétés qui se trouvaient en zone contaminée. Ils tentèrent de faire pression sur les quelques décideurs qui étaient restés en poste pour que la zone d'évacuation soit redéfinies en tenant compte de leurs désidératas, mais à leur grand étonnement les responsables leur rirent au nez avec un rire de demis-fous avant de tenter de trouver un moyen de fuite pour eux-mêmes.

Le gouvernement mondial chut en même temps que l'électricité. Sans électricité, pas de réseaux. Sans réseaux les ordres n'étaient plus convoyés, les informations n'étaient plus reçues, le contrôle social virtuel n'existait plus.

Les comptes bancaires disparurent dans le néant. Les riches se retrouvèrent pauvres, y compris les Maîtres du Monde comme aimaient à s'appeler le club des happy few les plus outrageusement richissimes.

La disparition des moyens de gérer leurs colossales richesses réduisit considérablement leur capacité à la mobiliser. Le sauve-qui-peut généralisé les priva de leurs collaborateurs et leur puissance s'éparpilla comme du sable entre leurs doigts.

Ceux qui le purent échangèrent des Van Gogh et des Rolex contre un plein pour leur jet et mirent le cap sur l'île privée qu'ils s'étaient réservée en cas de chaos. Le projet s'appelait "les Iles Monde".

Un archipel mirifique d'iles entièrement artificielles, crées de toutes pièces de sorte que leur location n'existe sur aucune carte. Les satellites avaient été même programmés spécialement pour que la zone apparaisse comme une surface maritime vierge anodine. Le survol de la zone avait été rendu impossible par des ajustement des couloirs aériens et on avait soigneusement choisi l'emplacement à l'écart des routes maritimes. De fausses nouvelles faisant état d'actes de piraterie dans la zone avaient maintenu les curieux à distance.

Quand les premiers rescapés de l'élite mondiale parvinrent à s'y rendre, la déception fût au rendez-vous.




Une seule ile avait été parachevée. Le reste de l'archipel n'était qu'une étendue de tas de sables ou l'on ne rencontrait que quelques crabes qui se protégeaient du soleil sous une vielle porte de frigo ou quelque autre détritus de la civilisation que les vents et les vagues avaient fait échouer là.

Les Maîtres se retrouvèrent entassés sur la seule île équipée, dont les infrastructures n'avaient pas été prévues pour tant d'invités permanents. L'exposition aux éléments les obligeaient d'ailleurs le plus souvent à vivre dans le bunker de haute sécurité au sous-sol.