samedi 27 juin 2020

"Chroniques Insulaires". 2030. Chapitre VI.


Géocédille, auteur, Merci !!!

6e partie

« La papesse Fatima ».

Tous ces tumultes provoquèrent une vague mystique. Les femmes en particulier se tournèrent vers l'Eglise, l'accusant d'avoir, par ses pêchés innombrables, amené les dix plaies d'Egypte sur le monde. 


Un grand mouvement réformateur secoua l'Eglise et le pape se résolu à convoquer un Concile pour y remédier.

Le Concile Vatican III proclama Marie Corédemptrice de l'humanité et instaura un clergé féminin.

On défroquât tous les prêtres, des plus puissants cardinaux jusqu'aux plus modestes diacres. 

On décréta que les hommes n'étant pas en mesure de respecter le vœux de célibat, le sacerdoce serait désormais réservé aux femmes, par lesquelles seules le salut vient sur terre. On transforma le Notre Père en Notre Mère.







Le Concile débattit pour savoir si le mâle et le mal étaient distincts, mais on ne trancha pas car les cardinales non francophones firent valoir que l'homophonie n'existait que dans certaines langues latines. 

Aussi elle se contentèrent de réformer l'orthographe en abolissant l'orthographe « mâle » au profit de « mal », laissant chacun juge de ce que le mot signifiait selon le contexte.

L'Eglise romaine fit contrition pour la persécution des païens romains et réhabilita Quintus Aurelius Symmaque, l'un des derniers Pontifex Maximus de la religion traditionnelle romaine. 

On développa le concept de protochrétien : Il s'agissait de penseurs précurseurs des idées chrétiennes et plus chrétiens que les chrétiens de l'époque.

Saint Symmaque fut canonisé en tant que Saint Pontife protochrétien du fait qu'il avait nommé Saint Augustin rhéteur à Milan. A l'inverse on excommunia à titre posthume le père de l'Eglise saint Ambroise, l'évêque de Milan qui s'était opposé à Symmaque.

Aussitôt on intégra Ex Cathedra l'enseignement de saint Quintus Symmaque dans les dogmes de l'Eglise romaine :

« L'ensemble des divers cultes comme les différentes manifestations émanent d'un même principe divin trop élevé pour être facilement accessible au commun des mortels ».

En préambule à sa déclaration solennelle, le saint Concile Vatican III publia cette citation Saint Quintus Symmaque :

« Nous contemplons tous les mêmes astres, le ciel nous est commun à tous, le même univers nous entoure : qu'importe la philosophie par laquelle chacun cherche la vérité ? Un seul chemin ne suffit pas pour accéder à un si grand mystère ! »

Le glorieux autel de la Victoire fut réintroduit solennellement dans la Curie romaine, c'est à dire au coeur de la basilique Saint Pierre de Rome.





En application à la nouvelle doctrine, les cardinales élirent au trône pontifical l'imame française lesbienne Yasmine-Sophie Montsinaï, recteure de la mosquée Notre Dame de Paris montrant par là que la France demeurait éternellement la fille aînée de l'Eglise. 

Elle prit son office sous le nom de papesse Fatima, et on révéla au peuple ébahi qu'il s'agissait là de la réalisation prophétique de l'ultime secret de Fatima qui était si secret que les chrétiens en ignoraient jusqu'à l'existence.




Cette ultime réforme mit néanmoins un terme au rapprochement avec l'Eglise Orthodoxe.


Le patriarche de Moscou déclara le siège de Pierre à Rome vacant et on put dès lors réunir le premier concile œcuménique depuis le grand schisme. 

Les évêques transférèrent le titre de pape au patriarche d'Antioche, premier siège épiscopal fondé par saint Pierre. 

Le titre de pontife romain fut anathématisé. 

Les Eglises orthodoxes des diverses diasporas en occident furent réunies en une seule nouvelle Eglise d'Occident accueillant de nombreux transfuges de l'Eglise Catholique refusant d'adhérer à Vatican III.

Mais à peine un nouveau patriarche d'Occident fut-il élu qu'il fut accusé du crime de réhabilitation de l'oppression patriarcale hétéronormative cisgenrée blanche, arrêté dans sa cave-église dans la banlieue de Rome, il fut condamné à abjurer, ce qu'il refusa de faire. 

Il mourut lors des séances de rééducation par le waterboarding destinées à l'amener à renoncer librement et sans contrainte à ses convictions religieuses. 

Son successeur et l'ensemble des fidèles investirent alors les catacombes.




On les déclara ennemis du progrès et terroristes à la solde de Poutine.

Leurs activités en ligne furent tracées et on invita les bons administrés à les dénoncer aux autorités. 

Les églises russes, coptes, roumaines, arméniennes, bulgares ou serbes furent l'objet d'attaques régulières aux explosifs ou au cocktail molotov.