jeudi 23 avril 2020

Osiris fail.







Source



À la mi-mars, sur son flanc droit, le gouvernement est sous le feu des critiques pour n’avoir pas pu livrer suffisamment de masques aux personnels soignants.

 Il doit donc reprendre l’avantage. L’heure est à la mobilisation. Pas question d’être pris en défaut sur son flanc gauche : celui des respirateurs artificiels. La France disposait de de 5 000 lits de réanimations au début de la crise. Le ministère de la Santé veut en équiper 14 000. Encore faut-il les doter du matériel qui doit aller avec.


En France, il n’existe qu’un seul fabriquant de respirateurs artificiels : Air Liquide Medical Systems.

....l’entreprise s’attelle à la fabrication de 1024 appareils d’un modèle appelé "T60".

L’entreprise se rapproche de trois groupes qui ont un savoir-faire en la matière : PSA, Valeo et Schneider Electric. Une alliance se forme et le 24 mars, un collège d’ingénieurs en électronique et d’experts en produits industriels issus de ces quatre entreprises se réunit pour plancher sur l’appareil qu’il serait possible de fabriquer. 


L’alliance fait appel à 240 volontaires. La production démarre le 6 avril.
On ne peut rêver plus belle communication. Quatre fleurons de l’industrie française travaillant main dans la main, au service d’une noble cause, dans une crise d’une ampleur exceptionnelle. Sur le site d’Air Liquide on peut lire la com.

L’entreprise précise qu’elle ne réalisera aucune marge sur ces appareils. Ils seront vendus à prix coûtant, soit autour de 3 000 euros pièce, ce qui représente tout de même une facture de 30 millions d’euros pour l’État. 

Le 31 mars, depuis l'usine de masques de Kolmi-Hopen près d'Angers, Emmanuel Macron salue la création de cette nouvelle alliance. Elle incarne le début du retour de la souveraineté française industrielle.

Résultat :

Dans la liste des appareils pouvant être utilisés pour traiter des patients malades, l’Osiris 3 n’apparait que dans la cinquième catégorie, la toute dernière. Il n’est jugé utile que dans les cas de transports les plus simples, mais pas pour une salle de réanimation où sont traités les malades à risques. 




 "Si vous vous en servez pour un syndrome respiratoire aigu, vous avez un risque de tuer le patient au bout de trois jours. Parce que ce n’est pas fait pour ça. Les malades du Covid-19 ne sont pas faciles à ventiler. Il faut des respirateurs performants avec des systèmes de contrôle des pressions et des volumes."

Se pose donc la question de l’usage qui sera fait de ces respirateurs inutiles pour le COVID19.