mercredi 26 février 2020

Un vantail, des vantaux.

Dans mon immeuble nous avons eu des effractions et cambriolages en plein jour.

Résultat ? Il faut remplir les déclarations d’assurance. C’est Wendy qui s’y colle, qui remplit les cases et téléphone à l’assistance quand les contrats en contiennent.

Échanges ubuesques.

W : « bonjour madame, pourriez-vous intervenir très vite pour mettre en sécurité l’appartement de Mr, Mme X ? Suite à une effraction, un vantail de leur fenêtre a été brisé ».

Le service assistance de l’assurance Y : « Vous voulez dire une porte fenêtre ? ».

W : « non, un simple vantail d’une fenêtre de dimension courante ».

L’Assurance : « un mètre 50 sur 2,50 ? »

W : « Non, non, un vantail seulement de 50 sur 100 environ ».

L’assurance : «Nous ne prenons en charge la mise en sécurité des fenêtres qu’à hauteur de 250€ ».

W : « pour un rectangle de contreplaqué et 4 vis, il doit y en avoir pour 150€ avec le déplacement ».

Et ainsi de suite...je raccroche et là, Mr X chez qui l’intervention doit avoir lieu, me demande :
 « C’est quoi un vantail ? ».

L’univers de W s’éclaire, elle comprend que depuis 15 minutes elle parle dans le vide, un langage incompréhensible, que l’assurance n’a rien compris, n’a pas osé demander what the fuck is this fucking vantail et que le prestataire qu’elle a eu au téléphone ensuite viendra ce matin avec du matériel sur dimensionné.

Un vantail de fenêtre n’existe plus. Par contre, je n’ai toujours pas compris quel mot exact l’avait remplacé.

Je pense qu’on doit dire : un morceau de fenêtre, la partie droite ou gauche de la fenêtre, une des deux parties de la fenêtre, un machin de fenêtre qui s’ouvre...

Ce n’est définitivement plus mon monde. Ce matin je remplis au moins deux constats d’assurances autour d’un café, sur la table de ma cuisine, à l’ancienne.

Exactement comme le faisait ma grand-mère pour les vieilles personnes analphabètes qui venaient la voir avec leurs courriers.

C’était un secret entre elles et jamais je ne me serais permise d’en parler à quiconque.

C’était un non dit. Un tabou, une blessure.




Vers l’école circa 1880. Allemagne, si mes souvenirs sont exacts.