vendredi 7 février 2020

R.I.P. Docteur Li Wenliang.


Le docteur Li Wenliang, sanctionné début janvier par la police de Wuhan pour avoir colporté des «rumeurs» concernant l'émergence d'un coronavirus, est mort vendredi à 02h58. Il avait 34 ans. 


Le coronavirus vient de faire une victime on ne peut plus symbolique : Li Wenliang, un ophtalmologue qui fait partie des huit médecins arrêtés par la police de Wuhan le 1er janvier pour avoir révélé trop tôt les dangers du virus, est mort, vendredi 7 février, peu avant 3 heures du matin, a officiellement déclaré l’hôpital une heure plus tard. Sa mort, annoncée la veille, en fin de soirée, par plusieurs médias, avait soulevé une énorme émotion sur les réseaux sociaux. Les autorités ont ensuite annoncé qu’il se trouvait en soins intensifs, entraînant une certaine confusion et une colère croissante sur les réseaux sociaux, avant que l’hôpital ne confirme son décès peu avant 4 heures du matin. Source et plus.
Dès le 30 décembre 2019, cet homme de 34 ans, médecin de l’hôpital central de Wuhan, avait attiré l’attention de ses collègues sur le fait que sept personnes travaillant sur le marché aux animaux de la capitale de la province du Hubei étaient hospitalisées et semblaient avoir contracté un virus proche du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS).
Le 1er janvier, la police de Wuhan l’interpelle avec sept de ses collègues, qui ont relayé l’alerte. Le 2 janvier, l’information est reprise par CCTV, la télévision d’Etat, qui ne mentionne pas que les huit personnes coupables de « répandre des fausses rumeurs » sont des médecins. Le 3 janvier, Li Wenliang doit signer un procès-verbal reconnaissant qu’« il perturbe l’ordre social »« Votre action va au-delà de la loi. Vous envoyez des commentaires mensongers sur Internet. La police espère que vous allez collaborer. Serez-vous capable de cesser ces actions illégales ? Nous espérons que vous allez vous calmer, réfléchir, et nous vous mettons sévèrement en garde : si vous insistez et ne changez pas d’avis, si vous continuez vos activités illégales, vous allez être poursuivi par la loi. Comprenez-vous ? », peut-on lire sur le procès-verbal de la police que Li Wenliang publiera le 31 janvier.
Père d’un enfant de 5 ans, Li Wenliang allait à nouveau être père. Son épouse, enceinte, semble également infectée par le virus ainsi que ses parents.
Le 5 février, l’administration chinoise du cyber-espace a annoncé le renforcement de la surveillance des grands réseaux sociaux. Weibo, Tencent et les autres acteurs de télécommunication chinois sont désormais placés « sous surveillance spéciale ».
Vendredi 7 février, les autorités ont finalement annoncé l’envoi d’une équipe à Wuhan « pour mener une enquête exhaustive sur les circonstances entourant le docteur Li Wenliang », sans donner plus de précision.