dimanche 15 septembre 2019

Les rapports hommes-femmes.

En France jusque dans les années 1970-80.

Il n'y avait pas de femmes dans les médias, ni de femmes médecins, ni de femmes politiques.

Vous allez me trouver des contre-exemples, je vous parle du "tout-venant", pas des exceptions qui confirment la règle. Inutile de ruer.

Il n'y avait pas davantage de femmes ingénieurs ou dans les arts, la littérature, la peinture ou la musique. 

Le monde était un monde d'hommes. Toutes les femmes étaient éduquées par les hommes. 

Les femmes faisaient toute leur scolarité sans croiser un auteur féminin. Et ? rien.

Au niveau scolaire c'était la même photographie qu'aujourd'hui. Deux, trois filles en tête de classe, les garçons derrière. 

Ma génération s'est émancipée par les études. Après le lycée, certaines camarades et moi-même avons fait de longues études, certaines sont devenues médecin ou avocate ou se sont lancées en politique ou sont devenues ingénieurs, ont fait math sup-math spé.

En 1984, le PCF a recouvert les rues d'affiches déclarant "donnez un métier à vos filles".

Impossible de retrouver cette affiche sur le net. ...effacée par le politiquement correct ?
Cette affiche était priceless, tout de même ! 1984 ! C'est hier ! 35 ans ! Bien moins que l'âge de vos mères, chers lecteurs ! 

Mon père m'a dit quand j'étais en 3° : "ne prends pas la filière C, tous les hommes te passeront devant". (L'option BAC C, correspond aujourd'hui à un bac S-spécialité mathématiques).

Jusque dans les années 80, on choisissait plutôt un médecin homme, le prof de maths était le plus souvent un homme, on préférait un avocat masculin, etc...

Des études ont montré que la majorité des filles ayant obtenu une mention au bac dans les années 75-80 ont disparu des radars. Elles se sont mariées ou pas sans poursuivre leurs études.

Voyez le changement en 30 ans ! Un soupçon de révolte ? Non. Arrivée à l'université, j'ai croisé des "féministes". Que vous dire ? Des filles avec un physique absolument épouvantable qui étaient raillées sans merci. Des caricatures ! Leur discours était inaudible pour moi. Je ne me sentais pas persécutée par les hommes. J'étais à l'université, je suivais mon cursus et, comme mes amis, j'avais de "grandes espérances".


Dans les années 70-80, quand les femmes se sont émancipées, c'est à dire ont eu accès en masse à un degré d'éducation égal à celui des hommes, la féminité, l'éternel féminin (;), n'avait pas encore disparu. Les filles portaient des talons hauts, se maquillaient et "se faisaient belles".

La "beauté" était un atout, nous n'avions pas encore les échevelées livides au milieu des tempêtes intersectionnelles.

Les gauloiseries étaient de mise comme l'égalité. Les filles allaient en cours ou en "réunion de cellule" (;) sans jamais se sentir inférieures. Si, si !

Il faut comprendre, et c'est essentiel, que cette génération d'étudiantes diplômées était née au début des années 60. Les filles avaient reçu une éducation de mères dont un énorme pourcentage était issu de la ruralité dans le carcan "église-jugement des voisins". Les mères étaient "montées en ville", les filles en profitaient pour poursuivre leurs études.

Le poids de l'éducation des filles du 19° siècle pesait encore dans la transmission de la place sociale dévolue aux femmes.

La libération de la femme ce fut, en sus de la possibilité d'aller à l'Université, l'oubli de la peur d'une grossesse non-désirée. 

La "pilule" de seconde génération libératrice, celle qui permettait de viser un doctorat, n'est pas apparue dans les année 70, mais bien au tout début des années 80. En 1982, deux ans après, les premiers cas de Sida aux USA. 

(La première pilule était insupportable pour la majorité des femmes.)

La "fenêtre" de la liberté sexuelle, soit disant débridée, (LOL) c'est quoi ? 5 ans pour les plus chanceuses ? 2 ans ou moins pour la grande majorité des femmes.

De plus, dans ces 2-5 ans laissés aux femme pour vivre "comme les hommes", toutes les femmes n'en ont pas "profité". loin de là ! Ceci à cause de leur éducation "morale", transmise par leurs mères.

Perdre sa virginité c'était à 17-18-19 ans, pas à 14. Et beaucoup de femmes adultes en 1980 n'ont eu qu'un seul partenaire dans leur vie, voire 2, "pour voir".

Bien sur, une frange de la population féminine "en a profité", comme on dit, mais vraiment "une frange". Dire le contraire, présenter la sexualité des femmes de cette génération comme celle de "filles perdues", c'est mentir.

 Dans mon Périgord natal, "arriéré" :

Quand on naissait fille, il n'y avait pas de fête. Le garçon était attendu, pas la fille. Comme le disait si bien, en patois, la voisine à la naissance de ma mère : "Encore une pauvre créature, une pauvre esclave"....ça donne le ton...😉

La vie des femmes et celle des hommes étaient séparées. Dans l'espace comme dans le temps.

"Les femmes à la cuisine, les hommes au bistrot !" Vrai et faux.

Le féminin de : "debout devant l'évier" ? c'est :"assis devant la TV". Vrai et faux.

Les hommes travaillaient et ramenaient la paye. Les hommes nourrissaient, entretenaient et logeaient leur famille.

Ils étaient servis à table, ne se levaient jamais pour prendre la salière, ne faisaient jamais la lessive ou le ménage, etc... Rien qu'en l'écrivant, je me demande ce qu'aurait dit un de mes grand-pères si on lui avait demandé de mettre du linge dans la lessiveuse ... 😂 Je suis persuadée qu'il n'y ont jamais pensé de leur vie entière !

Les hommes se rencontraient entre eux, le soir en sortant du travail, jouaient aux cartes ou partaient sarcler leur vigne avec leurs copains et la collation.

Ils rentraient pour dîner. On disait "souper" et les femmes les servaient.

Quand je dis servir, c'est servir, pas genre : "puisque tu es debout", genre "bug de windows".

Les filles servaient les hommes dont leurs frères. Ben, oui... ;)

Dans la journée, la division du travail faisait qu'hommes et femmes vivaient séparément.

Les femmes n'allaient jamais "au café". Ce n'était pas socialement acceptable.

Elles allaient parfois à l'église, les hommes jamais.

Les femmes allaient au marché ou faire les courses, les hommes ramenaient le journal.

Les femmes s'occupaient des "bêtes" à l'étable ou dans les enclos et clapiers, les hommes des cultures dans les champs sur le tracteur.

En clair, la journée était scandée par des occupations sexuellement différenciées.

Les femmes se retrouvaient ensemble au lavoir, pour casser les noix, pour ravauder. De quoi parlaient les femmes ? Des hommes principalement. En premier elles parlaient enfants, puis maris, puis...avec une vulgarité jamais égalée ! Qu'est-ce qu'on riait !!!!

J'en ai gardé le gout du raccommodage. Je raccommode tout ! Les filles apprenaient à broder, pour passer le temps les jours de pluie. Même adulte, j'ai brodé. Mes amies brodaient. Il y a à dire sur les brodeuses... une autre fois.

Les garçons erraient comme des âmes en peine quand il pleuvaient. Ceux qui n'aimaient pas lire étaient des miséreux...

L'éducation dispensée aux filles était différente de celle offerte aux garçons. Les filles avaient moins de droits à sortir, par exemple. Toujours ce souci de virginité. 

Moins de sport et ce, quelques soient les qualités physiques comparées. 

Pas grave ! Nous les filles, on se débrouillait. Pas toutes, c'est certain, mais quand même, pas mal ! On partaient à vélo pour aller se baigner, on traversait la rivière, on faisait le mur, on travaillait pendant les vacances, bref, on s'organisait avec discrétion, certes, mais détermination.

Il y avait les aventureuses et les autres. Comme partout et de tout temps.

Pourquoi faisions-nous le mur, mes deux cousines et moi-même ? Pour aller danser, bien sur.

J'en profite pour vous parler des bals de campagne. Vous ne pouvez pas connaître. C'est trop vieux et quasi nullement documenté. Et pour cause ! ;)

En Périgord à l'accès difficile et tortueux jusque dans les années 90, il y avait la persistance des bals les jours de fête du village. Il y avait aussi des boîtes de nuit ou plutôt leurs embryons mais les bals c'était vraiment spécial !

Chaque petit village avait sa fête. C'était une réminiscence du passé. Quand on amenait les filles d'autres villages aux bals pour les marier. Pour qu'elles épousent "un propriétaire" et qu'elles étendent les possessions de terres familiales.

Les mères quittaient les feutres et les sabots, mettaient les chaussures et le chapeau. Les pères une chemise propre, la veste lustrée et changeaient les brettelles pour la ceinture. Ils allaient s'assoir à la grande table de la fête et buvaient du vin ou du pastis.

Les filles s'endimanchaient et faisaient leur entrée sous la grande toile du bal, accompagnées par leurs mères. (Quoi ? Si !)

... à l’intérieur, au fond sur une estrade, un orchestre; au centre une piste de danse; autour des chaises serrées l'une contre l'autre.

Sur les chaises, les filles assises. Debout, tournoyant lentement en passant devant chaque fille et en les regardant avec attention, les détaillant, les soupesant, les garçons faisaient leur choix.

Quand une fille leur convenait, ils s'arrêtaient et invitaient l'heureuse élue à danser.

Les filles était notées selon un prix du marché. 

De mémoire, je n'en ai jamais observé une qui refuse l'invitation masculine. Danser était pour la fille l'occasion de faire comprendre à celui qui lui plaisait qu'elle était désirable pour un autre. Dans le meilleur des cas c'était le bon qui l'invitait.

(J'imagine qu'on mette toutes les féministes LGBTQ2-Intersectionnelles-racisées dans la même situation.... je ris.)

Dans les faits, c'était socialement utile comme d'une cruauté invraisemblable.

On menait la vache au taureau et le taureau choisissait. Contradictoire avec mes observations champêtres précédentes.

Je faisais le mur pour voir ça. C'est cette cruauté qui m'attirait. Ces bals donnent à rire ou à s'insurger mais je savais, qu'au moins, c'était franc et direct.

Je savais, gamine, que dans la vie c'était exactement identique. 
Avec, au mieux, un soupçon d'hypocrisie et de civilité en plus mais fondamentalement c'était la même histoire.

J'observais beaucoup tout au long de la saison des bals. (Cf : la saison victorienne, mêmes causes mêmes effets)

Je me réjouissais de suivre, de bal en bal, certaines histoires qui se nouaient et aboutissaient. 
Je notais les filles qui faisaient tapisserie, les garçons refusés, les chagrins et les victoires, la guerre, quoi !

Nous y allions en vélo, et, tenez-vous bien, parfois à pied !  Je sortais par la fenêtre que je laissais entrouverte. 

Comment l'esprit vient aux filles... Même aux plus sages ...

Vers 2h du matin, bien fatiguées, comment rentrer ? Nous demandions à un voisin, un gars que l'une d'entre-nous connaissait de nous raccompagner en voiture. Simple.

Les filles n'avaient pas de voiture, sauf les riches et là, il n'y avait que des pauvres ;)

La dernière fois que je suis allée "en boîte" en Périgord, il y a une dizaine d'années avec des amis, j'ai vu des mères accompagner leurs filles, il y avait même des enfants sur la piste.

L'ambiance était familiale. Les hommes au comptoir, tous ivres morts ou en passe de le devenir, tournant le dos aux femmes qui dansaient. 

La culture reste profondément ancrée chez les peuples. Il faut du temps pour oublier.

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Ces bals de campagne française, je les ai vécu en version exotique-rhum-coca en Amérique Centrale. C'était un copié-collé avec le souci du mariage en moins. Même ambiance de famille, vieux, jeunes, parents, enfants mélangés.
Je n'ai jamais eu aucun mal à m'adapter aux coutumes "frustres" des autres peuplades que la mienne. ;)

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Ma grand-mère m'a appris à tirer au fusil "parce que les bois sont mal fréquentés", à choisir les champignons, à repasser, cuisiner, nettoyer, sertir les boîtes de haricots, aller au cimetière honorer les morts, raccommoder, broder, "me tenir à ma place", travailler.... et danser. 

J'ai dansé toute ma vie, partout où faire se peut, le plus souvent possible, le plus longtemps possible.

J'ai été très bien élevée. Je ne me suis jamais sentie inférieure à quiconque. 
Je n'en veux ni aux hommes, ni aux femmes.

Je n'envie pas les hommes, ces êtres fragiles et sensibles qui ont ouvert mon esprit et mon cœur à la beauté du monde et de la vie.

J'ai toujours pensé que si les femmes avaient été historiquement brimées dans leur développement social, en tout lieu et à toutes les époques, c'était un choix dicté par le souci de la préservation de l'espèce.

De mon point de vue, et selon mes observations, les femmes sont plus avides, plus cruelles, plus agressives, plus endurantes, plus opiniâtres que les hommes. 

Dieu, dans sa grande mansuétude les a faites physiquement plus faibles.

Je sais que c'est choquant. Je ne retirai rien. 

Dans le cerveau reptilien de chaque femme, il y a ses enfants. 

Pour eux elle est capable de tout. De Tout.

Il y a chez les hommes, comme une innocence constitutive. 





Saint-Julien-de-Lampon. Saint-Julien n'avait pas changé jusque dans les années 90. Je l'ai connu comme sur la photo. ;)

Mêmes routes, mêmes maisons.

Le bal est après le pont à gauche. :)