mardi 17 septembre 2019

La France et « son islam », des contes et des comptes.

Le gouvernement a remis à plus tard tout chantier lié aux cultes. 




Le volontarisme d’Emmanuel Macron a cédé la place à la prudence puis, petit à petit, à l’abandon.

Au fil des mois, en revanche, Emmanuel Macron a corsé sa parole contre l’islamisme. En avril, il dénonçait dans sa conférence de presse post-Grand débat « le communautarisme qui s’est installé dans certains quartiers ». Il exhortait à être « intraitable » face à « un islam politique qui veut faire sécession avec notre République », plaidant pour « renforcer les contrôles des financements qui viennent de l’étranger » – Arabie saoudite, Maroc, Algérie et Turquie. S’il a toujours distingué les deux sujets, Emmanuel Macron lie de plus en plus l’avenir du culte musulman et la lutte contre les dérives radicales. Source

Sauf qu’en matière de prévention, les avancées se font à vitesse d’escargot. Il n’existe toujours pas de chiffre consolidé des politiques opérationnelles préventives contre la radicalisation. Pour ces actions, l’enveloppe du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation s’élève à 11 millions d’euros en 2019…

La France déverse plusieurs centaines de millions d’euros dans le contre-terrorisme

Selon le rapport de la délégation parlementaire au renseignement pour 2018, 62 % des actions des services spécialisés et 99 % des services du second cercle y sont consacrés. Le budget de la DGSI est passé de 290 millions d’euros en 2014 à plus de 400 en 2018

Les fonds spéciaux ont plus que triplé. Et la DGSE consacre une grande partie de son action au contre-terrorisme.

Trop peu de moyens sont alloués à la culture et à la connaissance arabo-musulmane. La Fondation pour l’islam de France (FIF), mise sur pied en 2016 par Jean-Pierre Chevènement, poursuit cette mission. Un cas d’école des contradictions françaises. « Elle est montée par l’Etat pour promouvoir l’islam libéral. Mais alors même que l’Etat peut en droit la financer, il ne le fait guère », poursuit Hakim El Karoui. Les mécènes d’entreprise ne sont pas plus généreux. Résultat, une «conférence pour la paix» co-organisée mardi à Paris par la Fondation et la Ligue islamique mondiale, considérée comme le levier d’influence religieuse du royaume saoudien, fait l’objet de vives critiques…