jeudi 9 mai 2019

écologie et pélaïou.



Julien Dupré. Les faucheurs de luzerne (1880)



La Fille de cuisine. Gabriel-Gervais Chardin (1814-1907).

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 On vit très bien avec pas grand-chose. Par contre il faut une organisation sociale qui a disparu pour que la vie frugale soit agréable.

Quand je suis née, dans le Périgord oublié de l'industrialisation, nous étions pauvres sans le savoir. Et écologistes aussi ! ;)

La journée était rythmée et chaque jour ressemblait au précédent.

Avant tout, vers 6h30, on allumait la "cuisinière", seule source de chaleur de la maison, qui ressemblait à ça :




Avant ça, il fallait sortir du lit, enfiler un pull en laine tricoté, la robe de chambre longue, en laine des Pyrénées, les chaussettes et les feutres en moins de 20 secondes sous peine d'être transformée en Reine des Neiges.

Sans oublier de descendre sa bouillotte froide. Il n'y avait pas de chauffage central. Ni eau chaude, ni salle de bains, ni de toilettes à l'intérieur...Dormir avec sa grand-mère relevait du devoir de ne pas s'enrhumer.

On mettait une casserole d'eau à chauffer sur la plaque en fonte et on préparait le café ou la chicorée en fin de mois.

Le café était moulu par ma grand-mère chaque matin dans un grand moulin. 

Le grand moulin était placé à côté du "petit" pour le poivre.

Mal rangé ? Non, il n'y avait qu'un buffet de cuisine pour tout placard, à part celui pour les balais.

Si le feu "prenait", une demi heure plus tard mon arrière grand-mère descendait, puis moi. Nous n'étions pas à l'abri de buches trop humides ou, pire mais très rare, d'un feu de cheminée.

Vers 7h, café au lait avec la peau... La peau du lait. Deux femmes et une petite fille mais il fallait être rapide pour avoir sa ration de peau. La peau du lait c'est comme les cèpes : que le meilleur gagne !

La peau du lait s'étalait sur une tranche de pain ou se déposait dans le bol, sur le café.

On faisait des tartines à la confiture cuite sur la cuisinière pendant des heures et rangée dans le placard à conserves. Au sucre cristallisé, rien d'autre. Puis paraffine, puis visser les bocaux. 

Pas de paraffine ? pas grave, vissez quand-même et ôtez délicatement la fine couche de bactéries verdâtres à l'ouverture du pot. :)

Pardon ? J'entends pas bien !

Je continue...

Après le petit déjeuner, le travail. S'habiller et partir en courant car le travail n'a jamais été une partie de plaisir et ma grand-mère n'était pas pressée de prendre son quart.

Nous restions, mon arrière grand-mère et moi, dans la maison. 

Avant tout, nettoyer la table de ses miettes avec un pélaïou. C'est un vieux morceau de tissu, du vieux drap, des langes tellement usés qu'ils ne peuvent plus servir. Le pélaïou était donc passé très rapidement sur la toile cirée pour enlever les vestiges du petit déjeuner et hop !

Des langes ? Oui, il n'y avait pas de couches pour bébés. Donc bébés après bébés, au bout de soixante ans environ, toute maisonnée respectable avait beaucoup de morceaux de tissus de tailles différentes, vraiment usés jusqu'à la trame et même jusqu'à la lisse, qui servaient de "lavettes". On avait des serpillères mais une serpillère c'est un achat. Je vous entends rire...pourtant, c'était ainsi.

Les éponges ? à part les grandes éponges naturelles, on n'en n'utilisait pas. L'éponge à vaisselle c'était un grattoir métallique en boule dans la main et rinçage à l'eau froide...ce qui motive pour "ne pas changer d'assiettes". Sauf les jours de fêtes et même le dimanche, bien sur ! Parce qu'on savait vivre ! :)

Mon arrière grand-mère se mettait alors à penser à préparer les repas. Midi et soir à heures fixes.

Préparer les repas du jour, signifiait aller chercher des légumes "au jardin", aller voir dans le poulailler combien il y avait d’œufs frais, secouer la terre des légumes puis les peler, les laver, les cuisiner. Des heures ! 

Il fallait nourrir les chats, les poules et les lapins et nettoyer le poulailler. Il fallait enlever les mauvaises herbes, sarcler un peu, biner un peu, couper ceci ou cela, "donner un peu d'eau" par ci par là, avec l'arrosoir au bout des bras...

Il fallait compter 1h30 environ d'occupations triviales, qu'il pleuve ou qu'il vente ou qu'il neige. Mon arrière-grand-mère courbée vers la terre sans jamais se plaindre suivie par la petite fille que j'étais qui parlait beaucoup de tout et de rien, qui prenait les assiettes de la cuisine pour jouer à la dinette ou à la marchande, mes trois légumes sur le banc, sous la treille...

Son tablier noir à motifs sombres en flanelle, boutonné devant, un petit col, l'uniforme des femmes de l'époque. Sur ce tablier un tablier noir de cuisine-jardin, avec la poche devant pour mettre le sécateur ou le couteau, ou le mouchoir...

On en vend encore sur les marchés. Mesdames, pensez-y ! 
C'est très pratique et pas si moche ! Moi j'aime bien.

Bref, je bavarde, tout ça pour dire qu'on arrivait à 10h30 sans avoir arrêté de trimer !  

Je vais arrêter il est, à la pendule de mon enfance, l'heure de l'arrivée de la "laitière", c'est la pause. Enfin des nouvelles des voisins !

Mon arrière grand-mère s'assoit, offre le café, la "laitière" raconte ce qu'elle a déjà appris, "en descendant"...Elle fera une seconde pause "en remontant" ... J'écouterai car tout ceci est vraiment passionnant...Quand c'est haletant et qu'elles se mettent à parler en patois "pour pas qu'elle comprenne"....Je change de pièce et je tends les deux oreilles...

Je ne sais pas lire à cette époque, mais je parle deux langues couramment, dont une pour les secrets. Et, sur le lino de la cuisine, sous la suspension, sur les genoux de mon arrière grand-mère, ma tête dans son cou, je sais que j'ai vraiment de la chance...

(à suivre... Il n'est que 10h30...Je vous parlerai de l'hygiène si ça vous intéresse...;)



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Commentaire trouvé sur le net :

Seuls les + de 50/60 ans peuvent comprendre que le mouvement écologie fait grincer les sans dents !
  A la caisse d'un supermarché, une vieille dame choisit un sac en plastique pour ranger ses achats :
  La caissière lui reproche de ne pas se mettre à l'écologie et lui dit: " Votre génération ne comprend tout simplement pas le mouvement écologique. Seuls les jeunes vont payer pour la vieille génération qui a gaspillé toutes les ressources ! " La vieille femme s'excuse auprès de la caissière et explique : - Je suis désolée, il n'y avait pas de mouvement écologiste de mon temps." Alors qu'elle quitte la caisse, la mine déconfite, la caissière ajoute : "Ce sont des gens comme vous qui ont ruiné toutes les ressources à nos dépens. C'est vrai, vous ne considériez absolument pas la protection de l'environnement dans votre temps Alors, un peu énervée, la vieille dame fait observer qu'à l'époque on retournait les bouteilles de verre consignées au magasin. Le magasin les renvoyait à l'usine pour être lavées, stérilisées et remplies à nouveau : bouteilles étaient recyclées, mais on ne connaissait pas le mouvement écologique. Elle ajoute : De mon temps, on montait l'escalier à pied : on n'avait pas d'escaliers roulants et peu d'ascenseurs. On ne prenait pas sa voiture à chaque fois qu'il fallait se déplacer de deux rues : On marchait jusqu'à l'épicerie du coin. Mais, c'est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologiste. On ne connaissait pas les couches jetables : On lavait les couches des bébés. On faisait sécher les vêtements dehors sur une corde. On avait un réveil qu'on remontait le soir. Dans la cuisine, on s'activait pour préparer les repas ; on ne disposait pas de tous ces gadgets électriques spécialisés pour tout préparer sans efforts et qui bouffent des watts autant qu'EDF en produit. Quand on emballait des éléments fragiles à envoyer par la poste, on utilisait comme rembourrage du papier journal ou de la ouate, dans des boîtes ayant déjà servi, pas des bulles en mousse de polystyrène ou en plastique. On n'avait pas de tondeuses à essence autopropulsées ou auto portées : On utilisait l'huile de coude pour tondre le gazon. On travaillait physiquement; on n'avait pas besoin d'aller dans un club de gym pour courir sur des tapis roulants qui fonctionnent à l'électricité. Mais, c'est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologiste. On buvait de l'eau à la fontaine quand on avait soif. On n'utilisait pas de tasses ou de bouteilles en plastique à jeter. On remplissait les stylos dans une bouteille d'encre au lieu d'acheter un nouveau stylo. On remplaçait les lames de rasoir au lieu de jeter le rasoir entier après quelques utilisations. Mais, c'est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologiste. Les gens prenaient le bus, le métro, le train et les enfants se rendaient à l'école à vélo ou à pied au lieu d'utiliser la voiture familiale et maman comme un service de taxi 24 H sur 24. Les enfants gardaient le même cartable durant plusieurs années, les cahiers étaient distribués gratuitement par l'école, les crayons de couleurs, gommes, taille- crayon et autres accessoires duraient tant qu'ils pouvaient, pas un cartable tous les ans et des cahiers jetés fin juin, de nouveaux crayons et gommes avec un nouveau slogan à chaque rue, Mais, c'est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologique ! On n'avait qu'une prise de courant par pièce, et pas de bande multiprises pour alimenter toute la panoplie des accessoires électriques indispensables aux jeunes d'aujourd'hui. ALORS NE VENEZ PAS ME FAIRE CHIER AVEC VOTRE MOUVEMENT ÉCOLOGISTE ! Tout ce qu’on regrette, c’est de ne pas avoir eu assez tôt la pilule, pour éviter d’engendrer la génération des jeunes cons comme vous, qui s’imagine avoir tout inventé, à commencer par le travail, qui ne savent pas écrire 10 lignes sans faire 20 fautes d’orthographe, qui n’ont jamais ouvert un bouquin autre que des bandes dessinées, qui ne savent pas qui a écrit le Boléro de Ravel…(pensent même que c’est un grand couturier), qui ne savent pas mieux où passe le Danube quand on leur propose Vienne ou Athènes, etc... mais qui croient tout de même pouvoir donner des leçons aux autres,du haut de leur ignorance crasse ! MERDE à la fin ! Merci de ne pas imprimer ce message afin de préserver l'environnement, mais ne vous privez pas de faire suivre.