lundi 14 janvier 2019

Le Grand Débat a déjà eu lieu.

.... à part l'inénarrable Marlène Schiappa qui ne trouverait pas aberrant qu'un gouvernement puisse réclamer l'identité des signataires participant à une cagnotte pour éventuellement faire peser sur eux une charge judiciaire de "complicité", tout les gens raisonnables savent bien que la question de l'anonymat (et de son éventuelle levée) est essentiellement un non-problème. 
Le vrai problème est juste à côté de la vérité, c'est à dire ... ailleurs.
"Pour Facebook il est donc très facile de très précisément savoir, à l'échelle de chaque profil individuel, qui a liké, commenté, approuvé ou désapprouvé tout ou partie des revendications, et de le faire revendication par revendication, profil par profil, avec un niveau de granularité très fin. Non seulement c'est très facile mais en plus c'est la base de son modèle économique, de son architecture technique, et de ses récents et récurrents ennuis ... (...) quelle que soit l'issue du mouvement des Gilets Jaunes et indépendamment de sa temporalité propre, il est absolument évident que les prochaines élections en France vont se jouer sur la cinquantaine de thèmes qui sont présentés ici. En commençant par ceux liés au pouvoir d'achat. Quelle que soit l'issue du mouvement, la base de donnée "opinion" qui restera aux mains de Facebook est une bombe démocratique à retardement ... Et nous n'avons à ce jour absolument aucune garantie qu'elle ne soit pas vendue à la découpe au(x) plus offrant(s). "
De fait il faut toujours écouter Marlène Schiappa car elle a cette étonnante capacité d'inversion qui lui permet souvent de décrire comme des solutions ce qui constitue en fait de gros problèmes. Car oui, le gros problème ici c'est justement que des gouvernements ou des plateformes puissent ainsi avoir accès à l'identité de ceux qui cotisent à une caisse de grève ou qui veulent soutenir un ancien boxeur dont il se confirme qu'il a certes roué de coups un policier et que c'est mal mais - et le détail à son importance - juste après avoir stoppé ledit policier qui était lui-même en train de rouer de coups une femme au sol et que ça aussi ben c'est quand même un peu mal.
Je l'ai déjà écrit dans un nombre incalculable de billets mais nous sommes en quelques années passés d'un monde où 95% de nos actions et comportements numériques s'effectuaient dans un espace numérique totalement public à un monde où 95% de ces mêmes actions et comportements numériques s'effectuent dans le giron quasi-carcéral de plateformes totalement privées. Et cela pose un immense problème dès lors que ces actions et comportements ont une dimension politique, a fortiori lorsque les responsables politiques ne semblent avoir d'autre appétence que de relire 1984 comme s'il s'agissait d'un manuel d'instructions. Source 

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"Minority Report" en live.

Il ne leur reste plus qu'à faire semblant en triant les thèmes qui les agréent puis en réécrivant les réponses.

Il s'agit de FB dans l'article mais j'y ajoute YT, pour le moins.

Info importante mais tue : Cette semaine à Aix la Chapelle, l'Allemagne et la France signent un pacte resserré d'intérêts communs.

Impossible de lire les 28 points du pacte, les articles sont en accès limité. FB en parle-t-il ?

Pas de question sur l'Europe ? 

L'info sur FB est triée, digérée pour être réécrite. Ils savent dès aujourd'hui (voire hier) ce que nous allons voter aux européennes.

Je suis sans illusion. Irons-nous sur le chemin tracé par le pouvoir ? Il y a des chances.

Les questions du "Grand Débat" ne sont pas le fruit du hasard, les réponses encore moins puisque personne n'a la main sur leur dépouillement. 

La violence de la rue comme réponse ? Beaucoup déclarent que "ce serait mal". 

L'alternative ?