lundi 5 novembre 2018

"When AL 9000 lose his mind".





source 

("Where is my mind".)

Définition de l'intelligence :

L’intelligence nous permet de percevoir et de concevoir les choses de façon unique. Néanmoins, nous n’évoluons pas dans un monde clos. Nous sommes des êtres faits de corps et de sensibilité, ouverts à une infinité de dimensions du réel. C’est cette singularité de notre intelligence qui rend possible l’ouverture à autrui, le dialogue, l’apparition de nouvelles pensées, etc. Il n’y a rien de plus singulier que l’intelligence et, dans le même temps, elle s’inscrit de facto dans le commun. L’intelligence est inévitablement confrontée à d’autres forces, des forces d’affirmation et des forces divergentes. En cela, elle incarne une puissance qui conditionne le fait même de la société.

L'intelligence artificielle n'est pas intelligente :

 L’expression "intelligence artificielle" s’est imposée comme une vérité entendue. Or, il convient de revenir à son origine: la cybernétique. Un mouvement qui a vu, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, des scientifiques constater que la technique était devenue une terrible puissance de destruction. Ils se sont alors demandés comment elle pourrait produire des effets inverses et contribuer à une organisation pacifiée de la société. À cette fin, ils ont postulé que s’il était possible d’élaborer des techniques modélisées sur le cerveau humain, tout en étant dotées d’une puissance supérieure, elles deviendraient alors capables d’éradiquer nombre de défauts et de conduire, à terme, vers une société parfaite.

Finalement, l’état de la technique, à l’époque, n’a pas permis de répondre à cette ambition démesurée. Un demi-siècle plus tard, cette ambition anthropomorphe ressurgit. Cependant, ces systèmes sont basés sur une vision extrêmement lacunaire de notre cerveau et ne procèdent pas d’une appréhension multi-sensorielle du réel. C’est pourquoi le terme "intelligence artificielle" relève d’un abus de langage, laissant croire qu’elle serait comme naturellement habilitée à se substituer à la nôtre en vue d’assurer une meilleure conduite de nos vies.

En vérité, ce qui est nommé "IA" représente un mode de rationalité cherchant à optimiser toute situation, à satisfaire nombre d’intérêts privés et, au bout du compte, à faire prévaloir un utilitarisme généralisé.



l'AI, une intelligence complémentaire ? 

(non, coercitive. je vous donne la réponse, l'article est long ;))


Les évangélistes de l’IA nous servent continuellement la fable de la "complémentarité homme-machine". Or, l’intelligence artificielle représente une puissance d’expertise qui, par la capacité d’auto-apprentissage – le "machine learning" –, est appelée à sans cesse se perfectionner.
Cette trajectoire est inévitablement vouée à marginaliser l’évaluation humaine. Nous vivons le "tournant injonctif de la technique". Il s’agit là d’un phénomène unique dans l’histoire de l’humanité qui voit des techniques nous énoncer la vérité et nous enjoindre d’agir de telle ou telle manière. Cela va d’un niveau incitatif, à l’œuvre dans une application de coaching sportif par exemple suggérant tel complément alimentaire, à un niveau prescriptif, dans le cas de l’examen de l’octroi d’un emprunt bancaire, ou dans le secteur du recrutement qui use de "chatbots" afin de sélectionner les candidats.
On va jusqu’à atteindre des niveaux coercitifs dans le champ du travail, voyant des systèmes édicter à des personnes les gestes à exécuter. Le libre exercice de notre faculté de jugement se trouve substitué par des protocoles destinés à orienter nos actes. Comment ne pas voir la rupture juridico-politique qui se produit?
 
 

 Un espoir ?

(non ;)

Depuis quelques décennies, nous vivons un drame: la technique ne forme plus un champ relativement autonome. Car l’industrie a réussi à s’inféoder les ingénieurs et les scientifiques qui ne font plus que répondre à des cahiers des charges déterminés par les départements de marketing.
C’est la pluralité de la technique qui se trouve ainsi neutralisée laissant place à des productions empreintes d’un esprit uniforme. Cette situation est encore renforcée par le sponsoring dont usent à grands frais les groupes industriels auprès d’écoles d’ingénieurs et d’instituts de recherche, contribuant ainsi à définir les programmes.
 
...émergent de nouveaux rapports asymétriques de pouvoirs. Par exemple, l’entreprise dite "4.0" se trouve désormais pilotée par des données. Des cabinets de management définissent des critères qui sont intégrés dans des systèmes destinés à dicter l’action des personnes en fonction de seuls objectifs d’optimisation.

Des formes de pouvoir sont instituées dans les dispositifs techniques eux-mêmes qui rendent difficilement possible toute velléité de divergence ou de contestation.

(Désactiver AL 9000. 
Stanley Kubrick).



À ce propos, regardez ce qu’il se passe actuellement en Chine avec le "crédit social". Soit un "enrégimentement" des conduites à des fins de "bon" ordonnancement social, au moyen d’appareillages techniques dédiés.

(Une voiture vraiment intelligente ! 😉)