vendredi 23 novembre 2018

Nucléaire et séismes : 44 réacteurs sur 58 concernés.




44 réacteurs nucléaires français sont équipés de systèmes de refroidissement de secours qui ne résisteraient pas à un séisme important.

Le 20 juin 2017, EDF déclarait un évènement significatif pour la sûreté de niveau 2 affectant les 20 réacteurs de 1300 MWe. 

En raison de défauts sur les structures métalliques qui supportent les vases d’expansion du circuit de refroidissement et de défauts sur les ancrages des autres matériels auxiliaires des moteurs diesels, l’alimentation électrique des réacteurs nucléaires n’était plus assurée en cas de séisme. 

En octobre 2017, puis en janvier et en avril 2018, l’exploitant a annoncé des "extensions" de cette déclaration, certains réacteurs de 900 MWe étant aussi concernés



Carte du risque potentiel d'accident nucléaire si on assiste à un accident de l'ampleur de celui de Tchernobyl dans l'un des 88 réacteurs nucléaires opérationnels en Europe en 2001. Les dépôts sont basés sur les mesures publiées dans le Caesium Atlas. Document Demokritos.

Source et plus.

Après contrôles de l’ensemble du parc, EDF vient d’annoncer ce 20 novembre 2018 une "mise à jour" de cette déclaration. Résultat : seuls 3 sites nucléaires sur les 19 de l’hexagone sont épargnés (Chooz, Civaux et Cruas). 

Au total, sur les 58 réacteurs que compte le territoire français, 44 sont touchés par ces défauts, avec pour conséquence une perte d’alimentation électrique en cas de tremblement de terre. Et qui dit perte d’alimentation électrique d’un réacteur nucléaire dit accident majeur.




Source: myeurop.info

Ci-dessus, les centrales classées comme les plus dangereuses. Source



Une insuffisance de tenue au séisme d’un système auxiliaire des diesel de secours (vase d’expansion du circuit de refroidissement) a été initialement détectée par EDF en mars 2017 à la centrale nucléaire de Golfech, puis sur tous les 12 réacteurs de palier P’4L’Autorité de sûreté nucléaire avait provisoirement classé cet événement au niveau 1 de l’échelle INES étant donné les conséquences pour la sûreté en cas de séisme (voir notre article à ce sujet).




Au total ce sont pas moins de 14 nouveaux réacteurs qui rentrent dans le périmètre de la déclaration d’anomalie générique en cas de séisme et de perte d’alimentation électrique (Blayais 1, 2, 3 et 4, Chinon 1, 2 et 3, Dampierre 2, Gravelines 1, 4, 5 et 6, et Saint-Laurent 1 et 2). Soit, ajoutés aux 30 précédents, 44 réacteurs.

Sur les 58 réacteurs nucléaires du parc français, 44 auraient pu perdre leur alimentation électrique en cas de séisme. Et parmi ces 44 réacteurs, bon nombre sont construits sur des zones sismiques.  

Un séisme de magnitude 4,2 a d’ailleurs secoué l’Ain ce 21 novembre 2018 

Mais dormons tranquille, aucun problème de sûreté, aucun risque pour les populations : EDF annonce très clairement dans sa communication avoir dores et déjà procédé à toutes les réparationsSource et plus

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