mardi 13 novembre 2018

La fécondité mondiale divisée par deux depuis 1950.






L’espèce humaine produit en moyenne deux fois mois d’enfants qu’au milieu du XXe siècle. Révélée le 10 novembre dernier dans la revue scientifique en ligne The Lancet, cette information vertigineuse est le fruit d’une gigantesque étude statistique qui s’est intéressée à l’évolution des taux de fertilité de 195 pays entre 1950 et 2017, soit un corpus de 1 500 sondages et près de 8 000 rapports statistiques annuels. En 1950, une femme avait en moyenne 4,5 enfants. 
En 2017, la moyenne est tombée à 2,4, soit 49,4 % de diminution. 

Une "grosse surprise" pour les chercheurs, interrogés par la BBC. Malgré cela, rappellent les chercheurs, la population mondiale a presque triplé (+197,2 %) depuis 1950, passant de 2,6 à 7,6 milliards d’individus.
Première conclusion de l’étude : si la fertilité a fortement décliné dans le monde, ce déclin est loin d’être homogène. De fait, d’immenses inégalités de fertilité subsistent selon les pays et les régions du monde. En 2017, l’Afrique sub-saharienne connaissait un taux de croissance de la population de 2,7 %, l’un des plus hauts depuis 1950 ; le Niger (7,1 enfants par femme), le Chad (6,7) et la Somalie (6,1) sont les pays à la fécondité la plus élevée du monde. À l’inverse, l’Asie du Sud-Est et l’Océanie présentent les taux de fertilité les plus bas (avec Chypre, étrangement) avec 1 à 1,2 enfant par femme.
Pour rappel, lorsque le taux de fertilité (qui diffère du taux de natalité) d’un pays descend sous 2,1 enfants par femme et qu’aucune politique migratoire n’est mise en place pour y remédier, la population totale du pays est vouée à diminuer. En 1950, précise l’étude, aucun pays au monde n’était dans cette situation. Entre 2010 et 2017, écrit l’étude, 33 pays connaissent des croissances de population négative. la plupart d’entre eux sont situés en Europe de l’ouest, Europe centrale et Europe de l’est. À l’inverse, 33 des 46 pays d’Afrique sub-saharienne connaissent une croissance de population d’au moins 2 %. Source
Pour les experts interrogés par la BBC, les États concernés par cette tendance devront réagir, en adoptant une politique migratoire volontariste ou en essayant d’encourager la natalité. Confrontée à une démographie dangereusement basse, l’Allemagne a fait les deux, et les résultats sont là : en février 2018, le pays renouait avec une démographie dans la moyenne européenne (1,59 enfant par femme, du jamais vu depuis 1973). Un résultat largement porté par l’immigration, le nombre d’enfants nés de mère étrangère étant en croissance de 25 % par rapport à l’année précédente. Un avant-goût des dynamiques démographiques de demain, si la tendance se confirme.
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