samedi 13 octobre 2018

Statistiques et "leftovers".

Officiellement, la France compte cinq millions de pauvres si l’on utilise le seuil à 50 % du niveau de vie médian.

Ce chiffre ne comptabilise pas une grande partie de la population la plus pauvre. 

Probablement supérieure à un million de personnes.

Établies à partir de données fiscales, les données officielles ne peuvent pas, de fait, comptabiliser les personnes qui vivent dans la plus grande misère, dans des bidonvilles, des squats ou à la rue. 

-On estime que 140 000 personnes n’ont pas de domicile (données 2011).

-Une partie des étrangers sans papiers, les plus récemment arrivés, échappe aussi aux données.

-Les « gens du voyage » – au moins 250 000 personnes – sont eux aussi mal recensés par ce type d’enquête.

-le cas notamment de la plupart des femmes inactives dont le conjoint dispose d’un revenu suffisant pour que l’ensemble du ménage se situe au-dessus du seuil de pauvreté, mais qui, par elles-mêmes, n’ont aucune ressource.
-une partie de jeunes adultes qui connaissent des difficultés d’insertion sur le marché du travail, contraints soit de rester vivre chez leurs parents, soit d’y revenir.

-ceux qui vivent durablement en collectivité ne sont pas davantage comptabilisés par l’Insee. L’institut ne prend en effet en compte que les ménages individuels.

-1,5 million de personnes sont dans ce cas (données 2015), toujours selon l’Insee.

-1 million de personnes âgées vivent en maison de retraite : toutes ne sont pas pauvres, mais combien disposent de plus de 850 euros par mois ?

-les immigrés qui vivent dans des foyers de travailleurs,

-les détenus (70 000)

-ceux qui sont dans des établissements sanitaires de long séjour (pour les personnes lourdement handicapées notamment)


 
(Nicolas Poussin, une famille de paysans au XVIIème siècle).

En Europe, on mesure la pauvreté de façon relative au niveau de vie médian de la population. Prendre en compte ces « invisibles » ferait baisser le niveau de vie médian de l’ensemble de la population et aurait pour effet… de réduire le seuil de pauvreté.

Par construction, la statistique appréhende mal les populations qui ne vivent pas dans des logements dits « ordinaires ». ....aucun chercheur ou aucun organisme statistique ne s’est penché sur la question.

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