vendredi 8 juin 2018

Dieu et les filles.




Grâce à Dieu, j'ai rencontré les divinités avant de Le rencontrer !

Avant d'aller au catéchisme, j'avais lu et relu la mythologie grecque. Je reprenais souvent ce livre qui présentait les Dieux grecs, leur filiation, leurs amours, leurs failles, leurs passions et leur punitions.

Les demi-dieux aussi étaient importants. Pour la petite fille que j'étais cette présentation du monde céleste était tout à fait cohérente et pleine d'enseignements.

Dans la mythologie grecque il y a des Dieux hommes et des Déesses femmes. Celle de la guerre est une femme ce qui semblait logique avec ce que je vivais dans un milieu rural et féminin.
La terre c'est la femme, sa déesse en est une. Tout semblait normal !

Les histoires d'amour des Dieux grecs trouvaient une résonance dans le réel d'une vie provinciale, même arriérée...

Au catéchisme j'ai rencontré un nouveau Dieu. Surtout dans la Bible-ancien testament, un Dieu qui parle aux hommes. Un dieu qui juge. Et j'ai rencontré Jésus et ses paraboles, pas franchement gaies pour une enfant.

Le monothéisme c'est compliqué surtout si on n'adhère pas pleinement aux "révélations".
Religions révélées ...par qui ? quand ? comment ? C'est mon côté Saint-Thomas...

Je sentais la faille. Mais bon... Ce que j'aimais c'était la semaine pascale, la mort et la résurrection, j'allais à toutes les messes pour le récit...la trahison, les deniers, Pierre et Judas (quelle différence ? me disais-je), le chemin de croix, Barabbas...

Quand j'ai fait ma première communion j'ai attendu toute la journée qu'il se passe quelque chose, que je sente l'esprit saint en moi... et rien ! Quelle tristesse !.... quelle déception ! j'étais malheureuse et pleine de questionnement : "tu n'es pas assez gentille, tu ne mérites pas...etc.." Horrible...

Je ne demandais qu'à croire sans réserves. Au final, j'ai eu beaucoup (trop ?) de réserves.

Je ne suis revenue à la spiritualité catholique que bien plus tard.

J'ai donc regardé ailleurs, à quoi croyaient les autres. Retour au fondamental : la Bible.

Comment peut-on se sentir quand on est une fille en lisant la bible ou les évangiles ?

La genèse : on sort d'une côte d'homme, on fait pécher l'homme et on fait sortir du paradis tous nos enfants. Là, grosse galère, toujours pas terminée, dont les femmes portent la responsabilité !

OK. Quand je poussais mon père hors de lui en voulant que le monde entier devienne communiste tendance trotskiste, son dernier argument était : "de toutes façons tu n'es qu'une fille". OK. ben... alors... pourquoi il parlait avec moi et pas avec son fils ? Parce que justement, je lisais comme lui...moi, une fille.

Maintenant, en vieillissant, je me rends compte que la genèse dit peut-être tout autre chose.

Dans le paradis perdu, se promènent Dieu, le serpent, Adam et Eve, ils discutent ensemble, ils passent du temps ensemble. Mais Eve veut vivre, elle veut le danger et la souffrance, elle veut des fils libres de choix, elle veut du sexe, des passions et de la connaissance, s'échiner à travailler sa terre, courber l'échine, travailler pour construire, et lever la tête.

Sans Eve, point de culture, point de morale, point de libre arbitre. Elle préfère la liberté et le libre-arbitre au paradis.

 Toujours est-il, que fille, j'ai été élevée par les hommes, Balzac surtout. Les hommes étaient scientifiques ou écrivains ou peintres. (Presque) Pas une femme ne l'était.

Les religions "révélées" sont vraiment des broyeuses de filles. "Laisse cette femme" dit Jésus en apercevant sa mère...Même les mères doivent rester "à leur place".

Extrêmement jeune j'ai donc eu notion que "je n'étais qu'une femme", j'ai pris mon "Eugénie Grandet" sous le bras pour ma vie entière, pour me souvenir, ne jamais oublier, comme étalon social puis, je me suis définie comme "être humain".

A partir de là tout a été réglé pour moi. J'ai fait exactement ce que font les hommes mais parfois avec des bas et des talons, pour mieux réussir !

J'ai traversé les mers, construit, étudié sans ne jamais plus penser qu'une fille était moins bien outillée qu'un garçon.

Toujours taraudée par ces histoires de spiritualité, j'ai regardé vers l'Asie. ...pas mieux !
Confucius déclare les femmes totalement dépendantes des hommes (Père, Mari, fils), le bouddhisme,
pas mieux, le très japonais bouddhisme zen mettait les femmes en esclavage, un père pouvait vendre sa fille...Les Aztèques sacrifiaient les jeunes filles vierges...

Un consensus planétaire ! et le pire, c'est le sous-entendu toujours latent : "elles méritent".

___ C'est ainsi, les femmes partout où j'ai vécu, ont "une place" désignée par le religieux quel qu'il soit. Ensuite, selon les cultes, il y a des degrés dans l'intolérance aux femmes, dans la maltraitance qu'elles subissent socialement.

Je dis socialement, car dans les foyers, portes closes, ce qui est apparent dans les rues n'est pas forcément vécu en famille.

Il y a une hypocrisie générale sur la place réelle de la femme et sur son pouvoir dans la vie courante, qui se retrouve, évidemment, dans la sphère publique via la mentalité et les choix des hommes.

Les femmes tiennent les cordons de la bourse. (France)

On peut dire sans trop d’erreur que le rêve du pavillon individuel vient de la femme. Je le pense. Donc la femme façonne davantage la géographie urbaine et la topologie que les hommes.

Y compris si ce sont eux qui tracent les routes et inaugurent les voies de transport.

Je dirais, que comme dans la genèse, la femme crée le besoin et inocule à l'homme son appétit d’expansion.

Nous, les femmes avons un seul souci : nos enfants et donc il nous faut un territoire pour les élever en toute sécurité et si possible, dans l'abondance. Les hommes sont nos bras armés de nos projets prioritaires.

Étouffer la parole des femmes c'est la certitude pour une société de faire du sur-place. Les hommes sont livrés à eux-même, ils ne sont pas investis d'une mission.

Sans méchanceté, regardez les pays où les femmes sont rejetées et voyez leurs reculs et leurs absences dans tous les domaines, en sciences comme en littérature...

La femme c'est la libération de l'homme.

Et Dieu, dans tout ça ? comment faire avec des Dieux qui nous relèguent ? que ressentir pour Sarah vieille et infertile qui donne licence à son mari de se reproduire ailleurs ? Pourquoi il n'y a que Marie-Madeleine ?

Parce que les femmes sont féroces, violentes et cruelles, endurantes le plus souvent, besogneuses et qu'il fallait les cadrer.

Dans les grottes, pour protéger nos enfants, nous attaquions leurs prédateurs avec les dents.

On envoyait les amazones en fin de combat et à leur vue les ennemis fuyaient. Les amazones combattaient quasiment sans armes, mais farouchement. Sauvagement.

Je pense que les religions ont pris en compte le darwinisme, que la Bible s'est souvenue du début de l'humanité et que les femmes sont beaucoup plus dangereuses que les hommes.

Je ne tiens pas du tout à une société féminisée pour ces raisons.

Dieu a donné la femme à l'homme pour qu'elle l'éclaire, via les enfants, le foyer, les modus vivendi, les désirs, les constructions de vie.

La femme c'est aussi le côté bestial de l'homme. donc, parfois, on en-camisole les femmes dans des rideaux noirs.

Accoucher c'est la preuve que nous sommes des mammifères. Je suis contre le fait que les hommes assistent à ça.

Les hommes sont des êtres fragiles.

Dieu sait ce qu'il fait, il a donné "une compagne" à Adam, pas une esclave.

Les religions ont traduit ceci par "être inférieur".

Sauf... les juifs pour qui la femme est plus aboutie...

😉


 ...à continuer....






Nous, les femmes.