lundi 19 février 2018

Un migrant qui avait faim.

Un migrant a tenté de m’arracher mon sac de provisions. En plein jour.

Non, rien. Sans plus. Il m’a dit « j’ai faim », c’est tout. Ça suffit.

Ce n’est pas grave qu’il essaye avec moi, ce qui est grave c’est ce « j’ai faim » et l’absence totale de sécurité.

J’ai donné un peu de mon sac et j’ai parlé avec cette solitude terrible. Un grand noir africain en train de perdre la tête. Il y a de quoi « en même temps ».

Dois-je vraiment ajouter quelque chose ? Non. C’est absolument horrible ces gens hagards, les yeux vides, l’estomac vide, l’espoir vidé...

On en est là. À Paris. Viendez ! Y’a rien ! C’est cool. Et ensuite ? Je vois bien quelques marteaux de sortie...

Quelqu’un se gave de la misère, j’en suis certaine. S’il redistribue ne serait-ce qu’un millième ces gens seront ses esclaves. Nous aussi. Tout le monde car la peur et la misère sont des instruments de gouvernance, des piliers de l’accumulation du kapital.

Les veautours sont lâchés, ceux qui font tourner les veaux.

Parfois j’ai de la rage qui monte puis je regarde les rues et je suis envahie de tristesse.

Cette situation est satanique.


Voilà comment finissent ceux qui ne sont rien.

Et, croyez-moi, ça ne date pas d’hier !