vendredi 1 décembre 2017

Smart City = Servant City.




Qu’est-ce qu’une Smart City ? Les réponses varient, selon que vous posez la question à un élu, à Elon Musk ou à JCDecaux.

Au-delà des élucubrations technologiques assorties de surlendemains qui chantent que nous assènent de nombreux cuistres, nous avons la chance de parler français et de pouvoir traduire city par 2 mots au sens différents : cela tombe bien car il y aura deux smart cities pour le prix d’une.

Cela fait belle lurette que le mot cité n’évoque plus celle de Socrate et de Périclès : de nos jours, ce terme décrit un lieu où s’entassent les classes populaires les plus pauvres et dont la version smart sera peuplée de caméras de surveillance, de drones et bien d’autres possibilités techniques qui permettra d’en éviter l’embrasement.

La ville est au contraire là où se concentrent les richesses, et elle souffre du grand défaut de ne pas savoir les redistribuer vers son extérieur : une fois l’argent en ville, il sera thésaurisé sous la forme d’immobilier ou d’objets de luxe, et éventuellement transféré – par avion ou par Internet – vers une autre ville.

Sa version smart sera au service des happy few qui y habitent, plus préoccupés par l’état de la planète que de celui de leur voisin de palier, véritables citoyens au sens de la cité hellène : le moindre de leurs désirs sera satisfait, dans le respect de Gaïa, par une nuée de domestiques et d’esclaves modernes, importés pour la journée par des transports en commun antédiluviens.

Si on vous dit que le futur d’Uber sera dans le robotaxi, n’y croyez pas trop : à partir de 2020, sinon avant, il faudra plutôt s’attendre à une croissance exponentielle des pousse-pousse et autres cyclotaxis, recarrossés pour faire moderne, et bien sûr réquisitionnables à l’envie avec un smartphone.


Car le business case d’une telle solution de transport est sans rival : peu capitalistique, faisant largement appel à de la main-d’oeuvre non qualifiée, parfaitement zéro émission, silencieux… et se déplaçant in fine à environ 10 km/h, soit la même vitesse moyenne en ville qu’une voiture bardée de technologies.


———ces chiffres qui présagent mal de l’avenir glorieux de notre beau pays. Au moins a court terme :