mardi 10 octobre 2017

Taxis parisiens et France profonde.

Mes amis! bien sur vous m'avez manqué ! tous.

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Je vais vous raconter deux histoires de taxi et une vision de la France profonde.
parce qu'au final, les cultures s’entremêlent. cela peut-être enrichissant ou représenter une perte d'identité. c'est sans doute selon si nos racines intérieures sont bien profond plantées ou non.

A) deux histoires de courses en taxi.

-première histoire :

cet été je pars de la proche banlieue pour rejoindre Paris. je tombe sur un taxi algérien de 4° génération. il connait bien le quartier dans le quel il me "charge". nous devisons. très vite nous rions aux éclats, il coupe le compteur et nous visitons Paris.
une course folle à rire aux éclats. un très bon moment partagé. il se dit français mais a deux passeports algérien et français. Algérien par le droit du sang. nous avons ri et ri et ri de la folie du monde. musulman de naissance non pratiquant. nous étions simplement joyeux...heureux de partager car nous connaissions les mêmes lieux et avions les mêmes souvenirs en commun...ainsi qu'une réelle envie de rire. une journée sans éclat de rire, quelle tristesse !

-deuxième histoire :

un taxi pour aller en lointaine banlieue. nous partons de Paris, conversation à battons rompus... il n'en peut plus des bouchons, de la saleté, etc... au bout d'un moment, tout en discutant de la vie, au milieu de nulle part, je lui dis "c'est bien joli, mais je rentrerai comment ?"

silence, puis il me dit "je coupe le compteur, faites votre course, je vous attends, je ne vous laisse pas ici".

"ici" c'était une ville bourgeoise de la banlieue sud, un samedi matin... des "demeures" arborées, des haras, des sentiers pédestres et équestres mais pas une boulangerie, encore moins un bar tabac, rien. l'enfer.



autre souci : les toilettes... aucune... il cherche, trouve un bar dans une ville adjacente, me paye un café, nous fumons des cigarettes, au final nous ne sommes pas si mal...nous sommes bien.
 
un jeune marocain, musulman religieux. au retour, nous parlons de Dieu et des enfants...il refuse le pourboire que je lui propose car notre équipée était vraiment sympathique...

nous nous sentions en confiance... nous nous comprenions car à force de vivre dans des quartiers "ethniques", moi non plus je ne suis plus vraiment une FDS....
les conditions d'existence déterminent la conscience.

je suis une fds dans le regard des autres mais peut-être plus vraiment à l’intérieur. je le suis dans une configuration d'affrontement entre groupes mais pas dans les rapports humains de proximité.

je ne sais pas si je subis une acculturation, c'est possible. mais peut-être, qu'à l'inverse, je suis enrichie... allez savoir ;)

quoiqu'il en soit, il y a ce qui est vrai au niveau individuel et ce qui est bon pour le groupe.
on ne peut pas confondre les deux.

bref...

B) parlons de la France profonde, un peu.

du vieux, du vieux, du vieux. les vieux en bermuda et socquettes-baskets, uniforme qui n'a rien à envier aux claquettes-chaussettes ! ça mériterait même une chanson ! ;)

du blanc, vieux. quelque chose m'a frappé : ils hurlent ! dans les restaurants on ne s'entend pas parler.
problème de sonotones ou effroi de la mort qui vient...

des vieux allemands, hollandais, britanniques, tous unis par l'assiette et le verre de vin.

des vieux qui ont suffisamment d'argent pour louer des R'n'B et commander à la carte. M prend l'argent où il est.

j'aime bien les vieux, mais ça manquait de diversité... dans les âges...et avec eux je ne partage pas grand chose...c'est la dure réalité. je suis en décalé. alors qu'avec les taxis, algérien ou marocain, je suis moi-même...




*****--------évidement la France profonde, c'est "tranquille". mais... il faudrait que je vous parle du quart-monde blanc-FDS.


les français invisibles, ceux qui se cachent dans l'ombre du zinc, tout au fond... qui ne sont pas inscrits sur les listes électorales, ceux qui n'existent pas. ceux qui sont poussière.

le quart monde immobile, les "rapides", les disparus, the left over, ceux qui effleurent la vie avec une élégance certaine.

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je vous remercie pour tous vos commentaires qui m'ont fait tant de bien.
tout le long de ces années, j'ai tellement appris à travers vous ! c'est l'immense cadeau que vous m'avez fait ! je vous suis profondément redevable.