samedi 7 mai 2016

Deux blues

1967.

Lisez, lisez, lisez sur l'Amérique des années 50. Voyez la misère des noirs. Leur nourriture, leur maison, l'éducation qu'ils donnaient à leurs enfants, leurs cultes, leur musique, leurs souffrances.

Les noirs n'étaient plus esclaves depuis longtemps. Je pourrais dire "mais c'était pire". Je dirais "c'était pareil".

Lisez tout ce que vous pourrez car personne ne vous en parlera, ni un noir, ni un blanc, liés qu'ils sont par cette histoire commune américaine peu glorieuse.

Dans chaque bourg, le village des noirs, à part de la ville. Sale et aux maisons branlantes. Une organisation sociale interne. Et des blancs qui venaient y boire, profiter des femmes et y faire des affaires.

Bien sur, ils y avait toujours des amitiés entre noirs et blancs, évidement. Surtout entre les pauvres blancs journaliers et les noirs qui prenaient les mêmes routes pour se louer à la journée.

Le racisme c'est aussi une affaire de classe. Et parfois on ne peut pas se le permette.

Le monsieur qui chante ci-dessus n'est certainement jamais allé à l'école et il joue à l'oreille.

Pour comprendre les noirs américains il faut déjà savoir que dans les années 50 en Amérique leur filiation était incertaine. Si le maître blanc n'avait pas tenu de registres exacts des naissances de ses esclaves les gens ne savaient pas d'où ils venaient. La séparation mère-enfant était un fait classique.
La grand-mère et l'arrière grand-mère étaient la plupart du temps inconnues.

Les noirs américains n'appartenaient pas au territoire américain mais à leur patron.

Hors sol. Comment se construire une identité quand on ne sait pas d'où on vient ?

Bon dimanche à tous !




Muddy Waters 1958

(Quand je dis "lire", je veux dire des "livres" avec des pages, qui vous assomme le soir quand vous vous endormez,  pas "surfer" sur des liens de l'internet. Je me demande d'ailleurs pourquoi on appelle ça des liens, puisqu'au final internet a dé-lié les humains.)