lundi 30 mai 2016

le 11 septembre 2001 c'est le Pic des ressources

entretien avec le Professeur Ugo Bardi, offert en français par Adastria.


Adastria -Comment gérez-vous cette idée de l’effondrement que nous allons connaître — que nous connaissons déjà, à certains égards — avec votre entourage proche (famille et amis), qui ne sont pas tous conscients voire qui nient cette idée ?

U. Bardi -les « catastrophistes » (dont je suis) ne sont pas moins heureux au quotidien que les « cornucopiens ». J’ajoute que les risques que nous, les catastrophistes, voyons pour le futur nous donnent en même temps une certaine approche philosophique du monde et une forte volonté d’agir.

 A : Avez-vous déjà une idée précise de la façon dont vous allez vivre cette période de descente énergétique ?

 U. B. : On fait des prédictions à long terme qui s’avèrent souvent correctes, mais c’est difficile de les transposer dans la vie quotidienne, très difficile. Une chose que j’ai apprise, c’est que le futur est toujours surprenant, donc je crois que la marche vers le futur se fait suivant un long sentier que l’on crée pas à pas.

A-  Entre les pays ou régions où vous êtes allé, percevez-vous des différences culturelles fondamentales ?

 U. B. : En Occident (Europe occidentale et États-Unis) je ne remarque pas de grandes différences : un peu partout dans ces pays il y a une fraction de la population qui se rend compte de certains problèmes et essaie d’y travailler. Mais, évidemment, je ne suis pas souvent invité dans des pays où ces problèmes ne sont pas compris du tout. Par exemple, il me semble qu’il est extrêmement difficile de faire passer certaines idées dans les pays de l’Europe de l’Est et surtout en Russie. Il semble qu’en Russie l’idée que les ressources minérales soient destinées à s’épuiser à plus ou moins long terme est considérée comme une forme de propagande de l’Occident contre la Russie et ses vastes ressources minérales.

 A- L’humanité est-elle sur la voie d’un destin tragique auquel elle ne pourra pas échapper ?

 U. B. : C’est évident que l’on a d’énormes difficultés pour faire passer des messages qui sont perçus comme « catastrophistes ». Le changement climatique est un bon exemple : il s’agit d’un message tout à fait bouleversant. On parle vraiment de la possibilité de la fin de l’humanité et peut-être de la vie sur Terre. On peut bien comprendre que plutôt que d’écouter le message, beaucoup de gens préfèrent fuir en se bouchant les oreilles et en chantant « la-la-la ! ».

 Il s’agit, évidemment, d’une limite de l’intelligence humaine. Comment serait-il possible de faire mieux que ça ? Beaucoup de gens ont cherché une réponse dans les neurosciences, d’autres dans la philosophie, dans la religion, ou même dans des domaines un peu ésotériques comme la « mémétique ». Trouver cette réponse se révèle très difficile, sinon insaisissable. La seule chose que nous pouvons dire c’est que le futur nous surprendra. Nous sommes arrivés jusqu’ici après un parcours d’environ dix mille ans, le temps de l’Holocène. On commence maintenant à comprendre les énormes transformations que les êtres humains ont subies, résultant de l’évolution durant cette période de changements non seulement culturels mais aussi génétiques. L’humanité, on peut l’espérer, a encore plusieurs milliers d’années d’adaptation devant elle, dans un monde en perpétuel changement. L’évolution de l’humanité est probablement encore loin d’être terminée. Où cette évolution va nous mener, c’est impossible à dire maintenant. Mais évolution veut dire adaptation et les théoriciens de la croissance infinie sont évidemment mal adaptés au futur — ils sont voués à disparaître. À l’avenir on ne pourra pas faire l’économie de s’adapter à un monde limité.

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Si les périodes de déclin humain ne se sont produites autrefois que localement, ponctuellement, toutes les populations sont aujourd’hui confrontées aux limites de leur adaptabilité. Dans une économie mondialisée et sur une planète isolée elles participent toutes à la surexploitation des ressources et aucune n’est épargnée par les effets du réchauffement climatique.

au cours de la décennie 2020 même les humains les plus riches ou puissants verront leur niveau de confort et de sécurité baisser. Le déclin qui semble déjà engagé aujourd’hui pour certains pourra alors devenir global.

 (Ugo Bardi is a researcher and Professor in Chemistry. He contributes to The Oil Drum, is a member of the scientific committee of the Association for the Study of Peak Oil and Gas (ASPO) and author of several books, including one on energy and mineral resources (The Limits to Growth Revisited).




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les migrations nous feront davantage changer de quotidien que tout ce dont nous pouvions rêver. 





 

 nous allons devoir partager ou diviser.

diviser, c'est l'assurance du manque pour tous. 

nos démocraties vont se heurter au mur de la réflexion entre les limites des territoires communs et des territoires privés.

l'humain historique veut étendre son territoire, c'est sa survie qui en dépend. 

aujourd'hui on nous demande un "dépassement" de nos génétiques. on nous demande d'une part de ne plus étendre nos pré carrés d'influence mais encore de partager nos "biens communs".

c'est une sorte de "saut quantique" de l'humanité. 

une notion, un concept hors de l'ADN de l'humanité.

pour que nous l'acceptions il faudrait que nous ayons conscience que partager est la seule option de survie.

or, la guerre pour les territoires est enracinée dans nos réflexes biologiques et les "biens communs" réduits à pas grand chose.

reste le choix. purement intellectuel.

2001 la chute et 2016 la conscience de la douleur. et 2030 ? cela dépend de nous.