lundi 29 février 2016

OGM : en manger sans le savoir

En France, excepté le bio, 90% des animaux d'élevage seraient nourris à base d'OGM. Pourtant, aucune étiquette n'en fait mention sur les produits que nous achetons

D'où vient ce chiffre ?

La principale réponse semble se trouver du côté des méthodes d'élevage : aujourd'hui, il faut produire beaucoup et peu cher.
Les animaux sont donc poussés à battre des records de rentabilité :
  • les poulets doivent être prêts pour la consommation après 50 jours de vie (au lieu de 150 il y a 70 ans)
  • les vaches doivent produire toujours plus de lait (8000 litres par an aujourd'hui contre 2000 en 1950)
  • les poules pondre plus (jusqu'à 300 œufs par an)
Pour arriver à des tels rendements, la génétique d'une part, mais aussi l'alimentation des animaux ont été étudiées et/ou modifiées. Au début du XXe siècle les animaux d'élevage étaient principalement nourris des produits et déchets de la ferme. Aujourd'hui, ils bénéficient d'un régime sur mesure savamment mis au point.
Principal changement : les animaux avalent désormais des rations dopées en protéines, issues principalement du maïs ou du soja. Ces "concentrés d'énergie" représenteraient 5 à 15% de l'alimentation des boeufs et jusqu'à 25% de l'alimentation des vaches laitières.
Problème : la France n'est pas en capacité de produire suffisamment de maïs ou de soja pour répondre à cette demande de nourriture animale (3,5 millions de tonnes par an). Ce qu'il ne peut pas produire, notre pays l'importe donc d'ailleurs, principalement d'Amérique, où les cultures sont majoritairement des OGM. 


De nombreux doutes subsistent quant à la dangerosité des cultures OGM sur la santé d'une part, et sur l'environnement d'une autre. De très nombreuses études ont été réalisées sur le sujet. 
On peut citer notamment l'étude sur le maïs OGM menée en 2012 par des chercheurs français et publiée dans la très sérieuse revue Food and Chemical Toxicology. Deux cents rats ont été observés pendant deux ans. Ceux nourris au maïs OGM ont développé deux à trois fois plus de tumeurs que les autres. 
Une autre étude, commandée par le gouvernement britannique cette fois, et "la plus importante jamais réalisée dans le monde" en 2005, a évalué l'impact de la culture des OGM sur l'environnement. Le bilan est sans appel : cultiver des OGM conduit à l'appauvrissement de la faune et de la flore.