lundi 29 février 2016

Ceux qui n'ont rien même pas de demande.

Le montant du RSA non-distribué  représente 35 fois la fraude à l'ensemble des allocations sociales.



Qui sont les « non-demandeurs » ?

La réponse pourrait ressembler à une liste à la Prévert - les femmes, les vieux, les jeunes, les chômeurs, les ménages à faibles revenus, les sans-domicile, etc. - si on ne remarquait pas un trait commun : la vulnérabilité sociale. En clair, ceux qui ne demandent rien ont besoin de demander mais ne s'y résolvent pas.
Ils s'y résolvent d'autant moins, pourrait-on ajouter, que leur vulnérabilité est récente. C'est le cas, notamment, de jeunes ménages ayant accédé à la propriété juste avant que les effets de la crise économique se fassent sentir et qu'ils perdent leur emploi. D'autres phénomènes contemporains, comme l'augmentation des divorces chez les personnes âgées, ont fragilisé les femmes n'ayant jamais travaillé.
De nombreuses personnes sont convaincues que demander une aide implique une obligation de suivi auprès d'un assistant social. Mais il existe d'autres cas plus spécifiques: les personnes âgées craignent que les aides versées soient reprises sur leur succession, privant ainsi leurs enfants d'héritage. Quant à la complexité des démarches, une enquête conduite en Loire-Atlantique a montré que percevoir le RSA-activité était quasiment une activité en soi, nécessitant de nombreux envois de courriers et des déplacements à chaque évolution de situation...

La peur du guichet

Entre 2001 et 2012, la fréquentation des urgences hospitalières a augmenté de 7%: une partie de plus en plus importante des patients qui s'y présentent ont renoncé à recourir au système classique de santé. Pour des raisons économiques, ils n'ont pas de médecin traitant et attendent souvent que leurs difficultés de santé empirent avant de se rendre aux urgences. Le coût financier pour les hôpitaux et le coût social pour les individus à la santé dégradée sont ainsi loin d'être négligeables.