mardi 26 janvier 2016

Un héros national

L'extrait de la justification.

Né en 1974, un cowboy texan amateur de rodéo sans avenir s'engage dans l'armée.
Chris Kyle, surnommé la "légende" est un Héros pour les uns, un psychopathe pour les autres, il est officiellement crédité de la mort de 160 personnes lors de ses quatre passages en Irak, mais il s'est lui-même vanté d'avoir tué 255 personnes. 

Il fut assassiné en 2013 par un vétéran qu'il accompagnait au stand de tir. Lui, sur Wikipedia.

Le film est intelligent, il n'en fait pas un héros et il n'en fait pas un fou furieux évident. Le film s'interroge.

On comprend la jubilation du retour en Irak. Autant au premier voyage les soldats sont surpris, autant au troisième "ils reviennent chez eux".
On comprend non la haine de l'Irak mais la haine de l'ennemi quand il a un visage. En l'occurrence l'ennemi est "Mustapha" un syrien qui combat en Irak. Un champion olympique de tir et accessoirement une gazelle qui saute de toit plat en toit plat. On voit Mustapha vieillir, se marier.

Mustapha c'est l'ennemi, celui qui "justifie les retours".

Pour l'américain la guerre finira quand Mustapha sera mort. Ce qu'il s'emploiera à réussir par un tir de presque 2000 mètres de distance. Mustapha n'a simplement pas envisagé que cet américain oserait ce tir.

Un ennemi sans visage reste-t-il un ennemi ? Un ennemi médiocre motive-t-il au combat ? Être un bon chien de berger exonère-t-il de toute réflexion ?
L'Irak est davantage son pays que le Texas, Mustapha est son double, ...pourquoi détruire ce qu'on aime ?
(René Girard et le mimétisme ...)

Contrairement au héros du "Deer Hunter", il chasse encore au retour aux USA. Contrairement  à "Rambo" il est inclus dans sa communauté.

Mais personne n'a envie d'être lui.