lundi 28 décembre 2015

Iran : la crise de l'eau prépare une émigration massive

( fin de la culture des pistaches iraniennes)

L’Iran court à la catastrophe écologique. 
lacs et cours d’eau sont asséchés, et les deux tiers de la population pourraient être contraints d’émigrer si rien ne change. Les raisons de ce désastre? Elles sont avant tout politiques et idéologiques. 

Dans un avenir proche, 70% de la population totale de l’Iran, soit environ 50 millions d’habitants, sera contrainte de quitter le pays à cause de la pénurie d’eau. 



Kalantari, ( ancien ministre de l’Agriculture ) : 

«Ce que nous faisons avec les nappes phréatiques de notre pays prépare à un génocide»
«Nous n’avons pas su préserver l’héritage de 7000 ans de civilisation qui nous a été confié». Il avance aussi des chiffres effrayants. 
Ainsi, la plupart des rivières et cours d’eau du pays sont pratiquement asséchés. Selon Kalantari, deux pays au monde détiennent le record de l’utilisation excessive de leurs réserves d’eau de surface: l’Egypte et l’Iran. Cependant, l’Egypte n’utilise que 46% de ses eaux alors que l’Iran atteint 97%. De plus, le lac Orumiye, le plus vaste du pays et le deuxième lac salé du monde, est à sec, comme la quasi-totalité des autres lacs iraniens situés au sud et à l’est du pays.

A l’origine de cette situation, le réchauffement climatique et le doublement du nombre des habitants du pays depuis la Révolution islamique. Mais ces deux raisons n’auraient jamais conduit le pays au bord de la situation catastrophique où il se trouve aujourd’hui si l’Etat avait appliqué une politique raisonnable fondée sur des critères scientifiques et des techniques de l’usage parcimonieux 
de l’eau, méthodes connues des Iraniens depuis des millénaires. La mauvaise gestion de l’économie du pays en général et plus particulièrement du secteur agricole, ainsi que l’interférence des considérations idéologiques dans les prises de décision en matière de développement, sont les facteurs qui ont fortement contribué à l’état actuel dans lequel se trouve l’Iran. En d’autres termes, la crise de l’eau en Iran a des dimensions politiques évidentes.


Des ressources confisquées ou gaspillées
D’énormes quantités d’eau sont détournées pour alimenter les industries d’armement, les sites nucléaires, gros consommateurs et les exploitations agricoles aux mains des pasdarans.

Un gaspillage important est dû au système traditionnel d’irrigation des petites propriétés. Chaque propriétaire a droit à une certaine quantité d’eau qu’il prélève sur un cours d’eau environnant au moyen d’une rigole creusée dans le sol, d’où de grosses pertes par infiltration et évaporation. 
L’Iran consomme plus d’eau que la nature en fournit. Au début de la Révolution, la surconsommation d’eau dans tout le pays était de 100 millions de m3 par an. Elle atteint aujourd’hui 11 milliards de m3. Il en résulte un assèchement des lacs et des cours d’eau provoquant des catastrophes écologiques et une pénurie d’eau potable qui affecte plus de 500 villes.
Assèchement des lacs : Le lac salé Oroumieh a perdu en vingt ans 95% de son eau. Dans la province 
du Sistan-Balouchistan, l’assèchement du lac Hamoun a provoqué le départ de 130 000 personnes. 15 000 pêcheurs ont perdu leur travail. Le lac Maharlou à Chiraz est sinistré par suite de déversements 
massifs d’égouts. Le lac Alagol d’une surface de 25 km2 est pratiquement à sec. La faune et la flore disparaissent à vue d’œil. L’assèchement des 120 000hectares du lac de Bakhtegan a provoqué des tempêtes de sel et diverses maladies de la population. La terre agricole est maintenant salée.



Assèchement des fleuves : Le débit du fleuve Zayandeh a diminué de moitié en 25 ans. A Ahvaz, la profondeur du fleuve Karoun n’est plus que de 1 m. Même les petits bateaux ne peuvent plus l’emprunter.
Pollutions et drames humains : L’eau de la ville d’Ahwaz contient du gaz éthane. Il suffit de craquer une allumette près du robinet pour qu’une flamme jaillisse. Dans les trois dernières années plus de 40 000 personnes ont souffert de maladies respiratoires. Victimes de la crise de l’eau beaucoup 
d’agriculteurs de la province de Fars ont quitté leurs terres pour la banlieue pauvre des grandes villes. Il en est de même pour les habitants du Sistan-Balouchistan.
Catastrophes écologiques : 30 000 poissons sont morts à Aligoudarz dans l’eau polluée du fleuve. Des millions de sardines sont mortes soudain le 15 août sur les rives de Parsian provoquant l’inquiétude des pêcheurs de thon qui se nourrit de sardines.
Perspective
 La question de l’accès à l’eau potable va se poser de plus en plus, d’autant que le guide suprême a décidé l’abandon de la politique de contrôle des naissances et a pour objectif une population de 150 millions d’habitants. Israël dessale l’eau de mer. Pourquoi pas l’Iran ?