mercredi 25 novembre 2015

Bientôt 500 000 000 à table

Les humains (comme tous les autres animaux) tirent leur énergie de la nourriture qu’ils mangent. Jusqu’au siècle dernier, toute l’énergie de la nourriture disponible sur cette planète était dérivée de l’énergie solaire par photosynthèse. Soit vous mangiez des plantes soit vous mangiez des animaux qui se nourrissaient de plantes, mais l’énergie provenait finalement du soleil.
Jusque là tout va bien mais ça se gâte :



Dans les années 1950 et 1960, l’agriculture a subit une transformation radicale souvent appelée la Révolution Verte. La révolution verte est le résultat de l’industrialisation de l’agriculture. Une partie des avancées provint de nouvelles plantes hybrides, donnant des récoltes bien plus productives. Entre 1950 et 1984, alors que la révolution verte transformait l’agriculture dans le monde entier, la production de semence mondiale crût de 250%. C’est un accroissement considérable de la quantité de nourriture disponible pour la consommation humaine. L’énergie de la révolution verte provenait des énergies fossiles sous la forme d’engrais (gaz naturel), de pesticides (pétrole) et d’irrigation motorisée.
Aux USA, 730 kg d’équivalent pétrole (400 gallons) sont dépensés par an pour nourrir chaque Américain (données de 1994). 



La consommation d’énergie pour l’agriculture se répartie comme suit :
– 31% pour la fabrication d’engrais non organique
– 19% pour les engins agricoles
– 6% pour le transport
– 3% pour l’irrigation
– 8% pour élever le bétail (sans sa nourriture)
– 5% pour l’assèchement des récoltes
– 5% pour la production de pesticide
– 8% divers8

Les coûts énergétiques pour emballer, refroidir, transporter vers les revendeurs finals et cuisiner ne sont pas pris en compte dans ces chiffres.
Pour donner une idée au lecteur du besoin en énergie de l’agriculture moderne, la production d’un kg 
d’azote pour les engrais requiert l’énergie équivalente de 1,4 à 1,8 litres de diesel. Sans considérer le 
gaz naturel de base. Selon le Fertilizer Institute (http://www.tfi.org), du 30 juin 2001 au 30 juin 2002 

les USA ont utilisés 12 009 300 tonnes d’engrais azoté.10 En utilisant le chiffre bas de 1,4 litres de diesel équivalent par kilogramme d’azote, ceci correspond à l’énergie contenue dans 15,3 milliards de litres de diesel, soit 96,2 millions de barils.

Le total de pétrole fossile utilisé par les USA a été multiplié par 20 dans les 40 dernières années. Aux USA, nous consommons 20 à 30 fois plus d’énergie issue de pétrole fossile par personne que dans les nations en développement. L’agriculture compte directement pour 17% de toute l’énergie utilisée dans ce pays. En 1990, nous utilisions approximativement 1000 litres (6,41 barils) de pétrole pour produire de la nourriture avec un hectare de terre.

Assez simplement, quand la production /consommation de pétrole commence à diminuer il y a moins d’énergie disponible pour produire de la nourriture.
. L’érosion du sol, les terres surexploitées et les ressources en eau surutilisées conduisent à leur tour à une encore plus grande utilisation des hydrocarbures. On utilise plus d’engrais à base d’hydrocarbure, ainsi que plus de pesticide ; l’irrigation par pompage consomme aussi plus d’énergie ; et les pétroles fossiles sont utilisés pour traiter l’eau polluée.
Chaque année aux USA, plus de 800 000 ha de terre agricole sont perdues à cause de l’érosion, du sel ou du manque d'eau. De plus, l’urbanisation, la construction de route et les besoins industriels 
requièrent annuellement 400 000 ha de terre. Approximativement 3/4 des terres aux USA sont dédiées à l’agriculture et à l’exploitation forestière. L’expansion de la population humaine ajoute une pression croissante sur les disponibilité de terre.
Pour fournir de la nourriture, il faut 600 000 tonnes de pesticide par an en Amérique du Nord. C’est plus d’un cinquième du total mondial des pesticides utilisés, estimé à 2,5 millions de tonnes. Au niveau mondial, on utilise plus d’engrais azoté par an que la nature ne peut en produire. De même, l’eau est pompée des nappes phréatiques à rythme supérieur à celui qu’elles ne se remplissent. Les stocks de minerais importants comme le phosphore ou le potassium s’approchent rapidement de l’épuisement.



On estime qu’il serait possible d’avoir un système d’alimentation durable si quatre conditions étaient réalisées :
1. Des technologies agricoles environnementalement saines doivent être mises en place.
2. Des énergies renouvelables doivent être utilisées.
3. Des augmentations majeures de l’efficacité énergétique doivent réduire la consommation d’énergie exosomatique par personne.
4. La taille et la consommation de la population doivent être compatibles avec le maintient de la stabilité des processus environnementaux.
Si les trois premières conditions sont réalisées, avec une réduction de moins de la moitié de consommation d’énergie exosomatique par personne, on estime à 200 millions la population maximale dans une économie durable.
Sachant que la population des USA actuelle est de 292 millions, cela signifie une diminution de 92 millions. Pour réaliser une économie durable et éviter un désastre, les USA doivent réduire leur population d’au moins un tiers.  

Aucune de ces études ne considère l’impact de la baisse de la production /consommation de pétrole
Les auteurs de toutes ces études croient que la crise de l’agriculture ne commencera à avoir un impact qu’après 2020, et ne deviendra pas critique avant 2050. Elle a déjà commencé, mécaniquement.
Le pic actuel de production /consommation de pétrole et la récession associée au pic de production du gaz naturel d’Amérique du Nord va très vraisemblablement provoquer cette crise de l’agriculture plus tôt que prévu. 
Il est fort probable qu’une réduction d’un tiers de la population des USA ne sera pas très efficace pour la durabilité ; la réduction nécessaire pourrait dépasser la moitié
Au niveau mondial, la durabilité ne pourrait être atteinte qu’après une réduction de la population de 6,32 milliards d’habitants à 2 milliards – une réduction de 68% ou plus des deux-tiers.
 La fin de cette décennie pourrait pourrait voir apparaître des famines à niveau jamais subit par la race humaine.


Attention : quand ce n'est "pas cher" c'est juste "plus produit". Corrélation pétrole /maïs  :