jeudi 30 octobre 2014

France, énergie et spoliation !

1) nous avons, un survol par drones inconnus de nos centrales nucléaire ! 
lire ici 

Entourées en rouge, les centrales survolées le 19 octobre
source : ce que l'on sait sur ces drones (rien) 


je note donc qu'en France, pays aux 56 centrales, on fait ce qu'on veut à 20 mètres d'altitude !!! n'importe quoi !

2) une dérèglementation de EDF/GDF qui arrive tout de suite après l'"accident malheureux" de Christophe de Margerie. on n'a pas de chance !

 documents offerts par "Steph", merci à lui !



Le nouveau ministre de l’économie, Emmanuel Macron, qui s’est institué « briseur en chef des tabous» au gouvernement, vient d’ouvrir le chapitre. « La France a l’intention de céder cinq à dix milliards d’euros d’actifs dans les dix-huit mois », a-t-il annoncé cette semaine. Quatre milliards d’euros sont déjà inscrits dans le projet de la loi de finance 2015, pour désendetter les finances publiques.

Le petit jeu des futures privatisations a commencé.

Les mêmes noms reviennent, car dans ce domaine, il a déjà beaucoup été fait : la liste des entreprises où l’État est encore actionnaire s’est réduite comme peau de chagrin depuis vingt ans. On parle donc à nouveau de la cession de quelques pour-cent supplémentaires
dans Orange, GDF-Suez, EDF, Renault... Manifestement, ces ventes possibles ne sont pas à la
hauteur ni des besoins financiers de l’État, ni de sa volonté de marquer son grand tournant libéral, afin de donner tous les gages voulus à l’Europe. Très discrètement, le 17 octobre, Emmanuel Macron a dévoilé ses intentions sur le nouveau programme à venir. Ce n’est ni Renault ou EDF qu’il vise, mais les entreprises de réseau comme RTE, l’entreprise chargée du transport de l’électricité dans le pays, et peut-être GRTgaz, le gestionnaire de transport de gaz.
« Nous avons des infrastructures existantes dans le pays dans plusieurs entreprises publiques de réseau. Notre volonté, c'est de les ouvrir » .


Bâtis par l’action publique depuis des décennies, parfois à coups d’expropriations payées des queues de radis, ces réseaux sont l’épine dorsale de toute la distribution d’énergie en France. Ils sont un élément indispensable pour tout le pays, assurant à la fois sa sécurité et l’égalité des territoires. Ces entreprises constituent un monopole physique de fait. En quoi est-il légitime de renoncer au contrôle public pour les mettre dans les mains du privé ? C’est un vieux projet de la Commission de régulation de l’énergie, farouche adepte de la libéralisation, de mettre à bas toute l’intégration verticale du système énergétique français, au nom de la concurrence libre.



Ces actifs, il est vrai, intéressent les financiers. Passages obligés pour toute distribution de l’électricité et de gaz, quel que soit le fournisseur, ces entreprises de réseaux touchent un droit sur chaque livraison. C’est une rente assurée et sans risque, prise sur le domaine public et les consommateurs, comme peuvent l’être les autoroutes, les aéroports, etc. Tous les actifs qui, comme par hasard, sont en tête de liste des sociétés à privatiser dans les programmes de la Troïka. Il faut
bien des garanties pour le capital.
Il y a longtemps que les capitaux privés lorgnent sur ces poules aux œufs d’or. Tant de richesses
accumulées ne sauraient rester dormantes. GDF-Suez et EDF, leur société mère, en ont déjà abondamment profité sans que les administrateurs de l’État qui siègent à leur conseil n'y trouvent à redire. RTE, filiale d’EDF, a plusieurs fois assuré les résultats de sa maison mère. Cela a permis de cacher les aventures ruineuses à l’étranger (10 milliards d'euros de pertes en Amérique du Sud, 1,5 milliard en Italie, plus de 2 milliards aux États-Unis) et de verser les dividendes attendus par l’État. 



La montée en puissance des énergies renouvelables, qui n’obéissent plus du tout aux mêmes schémas
centralisés de distribution électrique, impose de réorganiser et de rebâtir les systèmes de transport
pour permettre l’intégration de ces productions décentralisées. De même, les interconnexions
électriques aux frontières, qui devaient voir le jour pour construire le grand marché unique de l’Europe de l’énergie, n'en sont toujours qu’aux balbutiements.
Des moyens, pourtant, ont été libérés. Afin d’éviter « toute subvention cachée » au sein des entreprises publiques et de permettre l’arrivée d’une concurrence, les comptes de toutes les activités ont été séparés. Désormais, les consommateurs paient sur chaque facture une taxe pour la consommation d’énergie et l’entretien des réseaux de transport. Une taxe qui augmente régulièrement d’ailleurs. Si tout se passe comme le souhaite le gouvernement, elle est appelée à prendre l’ascenseur au cours des prochaines années.

Car c’est le montage qui nous est promis. Défendre aujourd’hui l’idée que les capitaux privés vont
participer au développement des réseaux relève de la croyance, de l’acte de foi. Il y a longtemps que
l’ouverture au privé ne permet plus d’apporter des capitaux aux entreprises. Les entreprises cotées qui
font des augmentations de capital se comptent sur les doigts des deux mains chaque année. La Bourse
n’est plus là pour financer l’économie, pour apporter des capitaux aux entreprises, mais pour percevoir des dividendes.
C’est en s’appuyant sur la dette que les acteurs privés développent désormais les projets. L’ouverture des entreprises de réseaux au privé ne devrait pas différer de ce schéma. La vente d’une partie du capital va rapporter quelque argent à l’État, et encore, de façon indirecte puisqu’elles sont filiales d’EDF ou de GDF- Suez. 
En contrepartie, ces nouveaux investisseurs vont demander une gestion « plus dynamique » de

ces sociétés. En d’autres termes, qu’elles s’endettent fortement soit directement, soit par l’intermédiaire de partenariats public-privé – une formule très appréciée au gouvernement – pour la construction de certains bouts de réseaux. Pourquoi hésiter ? Le système est sûr et garanti : à la fin, le consommateur paie.

Le gouvernement semble prêt à perpétuer ce bradage de l’intérêt général, sans le moindre état d’âme,
au mépris de toutes les expériences passées. Les entreprises de réseau ne sont pas des entreprises
comme les autres. Toutes les privatisations de ce type de sociétés ont abouti aux mêmes échecs : soit les sociétés privées vivent d’une rente indue, soit les investissements nécessaires ne sont pas faits, obligeant l’État à intervenir, comme dans le cas des chemins de fer britanniques. Pourquoi en serait-il autrement cette fois ? source