samedi 23 août 2014

la Russie obéit ! (?)

les premiers camions du convoi d'aide humanitaire retournent en (observateurs OSCE).

 à mon avis, la Russie attend son heure. 
elle ne peut pas laisser la Syrie, l'Iran, puis surtout le Kazakhstan s'éloigner de son "contrôle".
quid de la pensée sur russe sur ISIS ? il ne faut pas oublier le sort des tchétchènes et la guerre russe en Afghanistan.  
de par les accords pour le gaz et le pétrole entre l'Asie centrale/Israël, la Russie est mis à l'écart.
la Russie a des accords en rouble et monnaie chinoise avec la Chine pour les livraisons de matières premières dans les deux sens, agricoles et énergétiques.
la Russie et la Chine seraient les premières des grandes puissances à utiliser la "Route de la Soie" pour les échanges de marchandises.
or, la Route de la Soie passe par toutes ces contrées. tous les tuyaux aussi.
la Russie parce qu'elle recule en Ukraine peut avancer masquée ou pas en Europe/Asie centrale.

(oublions que tout cela peut dégénérer d'un moment à l'autre).

à moins que.... non ?! la Russie ne soit poussée par la nécessité de surveiller très attentivement son flan sud-est que le Calife menace de sa présence.

 La Voie de la Soie rénovée pourra relier la Chine à l’Europe via la Russie et les États d’Asie Centrale



Les Américains commencent, petit à petit, à reconnaître le danger que représente l’islamisme, sujet principal de la politique américaine, en dépit de la montée en puissance de la Chine. Ils savent aussi que l’islamisme est bien présent en Russie aussi. Les observateurs internationaux sont conscients de cette menace parce que les peuples musulmans du Caucase ont constitué récemment des facteurs de turbulences voire des facteurs nettement belligènes. Je ne pense pas tant à la Tchétchénie aujourd’hui mais plutôt au Daghestan. Les Russes se sentent très menacés par le fondamentalisme islamique, facteur qui n’existait pas auparavant. Lorsque je visitais l’Asie centrale en 1958, le fondamentalisme n’était pas un sujet de discussion mais, entretemps, les choses ont changé par l’attitude prise par les dirigeants locaux, tous jadis hauts fonctionnaires du PCUS comme Nazarbaïev au Kazakstan. En un tourne-main, tous ces dirigeants communistes se sont mués en despotes orientaux mais ils doivent agir sous la pression de forces radicales islamistes, surtout en Ouzbékistan.
Le soutien apporté à la Syrie repose sur plusieurs motifs: la Syrie a toujours été un allié de l’ex-Union Soviétique et les Russes n’ont aucun intérêt à ce que la Syrie tombe aux mains des extrémistes musulmans qui combattent aux côtés de l’opposition ni aux mains d’Al Qaeda qui entend créer un “Etat islamique d’Irak et de Syrie”. Obama semble lui aussi reconnaître, mais un peu tard, dans quelle mélasse il est allé patauger. Nous ne devons pas oublier que la Fédération de Russie elle-même —c’est-à-dire ce qui reste de la Russie après la désagrégation de l’Union Soviétique— abrite au moins 25 millions de musulmans. Ceux-ci n’habitent pas seulement dans les régions au Nord du Caucase mais aussi dans le centre même de la Russie, le long de la Volga. A Kazan, où les aspirations à un nationalisme tatar ne se sont pas encore faites valoir, on a édifié une gigantesque mosquée qui, en dimensions, est bien plus vaste que le Kremlin construit par Ivan le Terrible. J’ai appris qu’y oeuvraient des extrémistes musulmans. Comme d’habitude, ces derniers reçoivent le soutien de prédicateurs haineux venus d’Arabie saoudite.


 (entretien paru dans “zur Zeit”, Vienne, n°6-7/2014, http://www.zurzeit.at ).