mercredi 23 avril 2014

l'Accaparement des terres et la Grande Spoliation accélèrent l'Anthropocène

lien infographie

Les phénomènes de concentration et d’accaparement des terres ne concernent pas que l’Afrique ou l’Asie. Les gros propriétaires terriens sont aussi très actifs au sein de l’Union européenne. - See more at: http://www.farmlandgrab.org/post/view/23399-la-moitie-des-terres-en-europe-est-controlee-par-3-de-gros-proprietaires#sthash.NPZvJIpA.dpuf



 il s'agit là de la plus perverse et dangereuse Grande Spoliation dont nous sommes tous victimes.

les terres ne nous appartiennent plus, comme l'eau bientôt.

nous Spolier de nos ressources de "vie", c'est nous mettre en position d'esclaves : travail contre nourriture. oublié le salaire ! déjà nous serons heureux si nous sommes nourris !

je rappelle, car il semblerait que ce ne soit pas évident, que la Terre n'"appartient" à personne.


Les phénomènes de concentration et d’accaparement des terres ne concernent pas que l’Afrique ou l’Asie. Les gros propriétaires terriens sont aussi très actifs au sein de l’Union européenne.

3 % des plus grandes exploitations agricoles contrôlent 50 % des terres dans l’Union européenne ! A l’instar de ce qui se joue en France ces exploitations s’agrandissent au détriment des petites fermes. Entre 2003 et 2010, le nombre de fermes inférieures à 10 hectares (ha) a par exemple diminué d’un quart. Dans le même temps, les exploitations de plus de 50 ha se sont étendues sur 7 millions d’ha, soit la surface de l’Irlande !
Cette course aux hectares agricoles touche d’abord les pays d’Europe de l’Est. La Hongrie, la Roumanie et la Serbie sont les pays européens les plus convoités par les investisseurs étrangers. 500 000 hectares en Serbie, soit 15 % du foncier agricole, ont ainsi été accaparés par des sociétés commerciales, relève le Transnational Institute.
 A ces phénomènes de concentration et de financiarisation des terres agricoles, se mêle le problème de l’artificialisation des terres. Entre 2005 et 2010, la surface agricole a perdu 227 200 hectares en France, soit la superficie du Luxembourg récupérée au profit du bétonnage et de zones commerciales. Mais dans ce domaine, c’est l’Allemagne qui caracole en tête.
Des subventions qui creusent les inégalités
Le Transnational Institute met aussi l’accent sur le rôle de la Politique agricole commune (PAC) qui incite à l’agrandissement des exploitations et à la concentration des terres. Depuis 1992, les soutiens apportés aux prix des produits agricoles ont été remplacés par des subventions à la production. Autrement dit, plus la surface d’une exploitation est importante, plus l’agriculteur reçoit des aides. Résultat, en 2011, 1,5 % des plus grandes exploitations agricoles ont perçu un tiers des subventions de la PAC. Ces inégalités dans l’attribution des aides sont aussi géographiques : l’Europe de l’Ouest, qui représente 44 % des fermes, a reçu 80 % des subventions – contre 20 % pour l’Europe de l’Est.
Qui sont les principaux bénéficiaires de ces aides ? Ce ne sont pas des agriculteurs mais des entreprises du secteur agroalimentaire. Depuis 1997, Friesland Campina, une coopérative néerlandaise de produits laitiers, a ainsi perçu 1,6 milliards d’euros de subventions ! L’entreprise française Saint Louis Sucre (filiale de l’allemand Südzucker) a bénéficié de 196 millions de subventions depuis 2004. Et au Royaume-Uni, la multinationale Nestlé à perçu 197 millions d’euros.
Cette infographie s’appuie sur les données d’un rapport de ECVC (Coordination européenne de la Via Campesina) et de l’Alliance Hands-Off The Land. Ces organisations appellent les pouvoirs publics à « réduire la marchandisation de la terre et à promouvoir la gestion publique des territoires ». Elles demandent à ce que la priorité soit donnée aux petits agriculteurs qui promeuvent l’agriculture paysanne et la production alimentaire soutenable. Et proposent la création d’une banque de données permettant de suivre les transactions foncières des gouvernements et entreprises. Avec l’objectif, espèrent-elles, d’endiguer la disparition programmée des petits paysans. 


source en anglais PDF

le rôle spoliateur de la "SAFER" :



Un marché foncier plus opaque que la Bourse
Peu connues du grand public, les Safer (sociétés pour l’aménagement foncier et rural), bien que sous statut de sociétés anonymes, sont investies d’une mission d’intérêt général. Créées dans les années 1960, elles doivent être informées de toute cession et peuvent éventuellement exercer un droit de préemption : elles sont prioritaires dans l’acquisition et la revente de terres à des agriculteurs. Leur but étant d’assurer un équilibre entre les exploitants qui souhaitent s’agrandir et les nouveaux venus en quête de terre à cultiver. Une mission délicate, qui leur attire d’ailleurs moultes critiques, à l’instar d’un récent rapport de la Cour des comptes épinglant leurs pratiques.
Depuis la loi d’orientation de 2006, « il n’y a pas de contrôle sur les échanges de parts sociales au sein des sociétés d’exploitation agricole, et c’est ce qui pose le plus gros problème » renchérit Robert Levesque. En clair, les Safer sont impuissantes face à ce phénomène puisqu’elles ne peuvent pas exercer de droit de préemption sur les cessions de parts sociales. Sur cet aspect, le marché foncier se révèle donc plus opaque que le marché boursier. Dans le système actionnarial classique, un actionnaire qui possède plus de 5 % d’une société cotée est obligé de se faire connaître. Dans le cadre des sociétés agricoles, il est possible d’acquérir 99 % de ce qu’elle possède sans que personne ne le sache, sauf ceux qui ont vendu leurs parts... Une absence de contrôle dont profitent sensiblement les sociétés agricoles pour s’agrandir en toute discrétion.



La campagne, bientôt gérée par des holdings ?

« Le risque, faire de l’agriculture sans paysan », résume Michel Merlet, alors que les logiques financières et de sous-traitance se répandent aussi dans le secteur agricole.

 « Des fonds d’investissement, des multinationales, des grandes familles d’entrepreneurs apparaissent dans le monde de la production agricole, investissent dans des sites de production notamment en élevage ».
Des entreprises de prestation se voient désormais confiées la gestion technique et administrative d’unités de production. « Il y a aujourd’hui des exploitations qui n’ont plus d’agriculteurs.
Le gérant est une holding qui va détenir des parts majoritaires dans plusieurs exploitations. Ce modèle n’est privilégié ni par les élus, ni en termes de développement local. ».

« Nous demandons que tout soit mis en œuvre pour que les opérations d’agrandissement soient clairement encadrées, ajoute la Confédération paysanne. C’est le préalable indispensable pour maintenir des fermes viables et transmissibles (...) et des territoires ruraux vivants et attractifs. » 127 000 exploitations ont disparu entre 2000 et 2010, soit 26 % des outils de production. En dix ans, la part de la population active agricole a été divisée par 10, et représente désormais moins de 3 % de la population active totale. La France saura t-elle garder ses paysans ? Ou ne misera t-elle que sur le développement des filières agroalimentaires, comme l’indique l’intitulé du ministère de Stéphane Le Foll ?


un des facteur de l'Anthropocène ? sans aucun doute.
 

Dans une très sérieuse étude, publiée en mars et citée dans un article du Guardian, la Nasa prévoit ni plus ni moins que l'effondrement de notre «civilisation industrialisée». Pour parvenir à cette prédiction, les scientifiques se sont appuyés sur des données historiques croisées des civilisations passées.

Selon eux, une surexploitation des ressources naturelles combinée à une trop forte disparité entre riches et pauvres, ou entre «élites» et «roturiers», comme ils sont nommés dans l’étude, ont déjà conduit à l’effondrement de civilisations, et c'est à nouveau ce processus qui se met en place. Et l'étude de souligner:
«La rareté des ressources provoquée par la pression exercée sur l’écologie et la stratification économique entre riches et pauvres ont toujours joué un rôle central dans le processus d’effondrement. Du moins au cours des cinq mille dernières années.»
 source et beaucoup plus

 L'agriculture et les activités liées à l'alimentation sont absentes du débat sur la compétitivité en France, alors que le pays a un rôle majeur à jouer en la matière.

source 

nous n'avons même plus de fourches !.................

(c'est pas un iphone qui remplacera....)