jeudi 30 mai 2013

Construction de l'Europe et Destruction de la Démocratie

Ce 30 mai 2013 est donc très clairement une étape nouvelle dans la construction de l'Europe.

Une étape où les Etats membres vont devoir s'habituer à intégrer dans leurs politiques économiques les recommandations de Bruxelles et où, en conséquence, ils vont accepter d'abandonner de facto une part de leur souveraineté économique. C'est donc bel et bien le premier pas vers un gouvernement économique.
 
Cette gouvernance économique est directement issue de la revendication de Nicolas Sarkozy d'un « gouvernement économique » formulée en 2011. Berlin avait pris Paris au mot et consenti à cette coordination qui a débouché sur les procédures de contrôles et sur le pacte budgétaire. Le rêve de François Hollande est donc en marche, à l'exception du « président » dudit gouvernement qu'il veut installer.
Mais, à part satisfaire l'envie bien française de penser que les problèmes se règlent avec des présidents, on ne voit pas ce qu'un « président » de plus apporterait à ce gouvernement. D'autant que l'Europe a déjà trois présidents : José Manuel Barroso à la Commission, Jeroen Dijsselbloem à l'Eurogroupe et Herman van Rompuy au Conseil.


 Il en résulte deux réalités dans la politique de ce « gouvernement économique. »

 La première, c'est la volonté de poursuivre les « dévaluations internes » comme seul vrai remède à ces déséquilibres.

 Le cœur de l'action de ce gouvernement économique, c'est que la réduction des déséquilibres au sein de la zone euro doit se faire uniquement dans un sens, celui de l'amélioration de la compétitivité des pays périphériques par la dévaluation interne. Réduction des dépenses publiques, réformes « structurelles » et baisse de la fiscalité demeurent donc les axes principaux de ce gouvernement économique.

 La seconde réalité de ce nouveau gouvernement économique européen est son manque de légitimité démocratique. Certes, il n'y a pas de « dictature » de Bruxelles. Les recommandations doivent en passer par la validation du conseil des chefs d'Etats et de gouvernements qui, eux, peuvent la faire valoir. Mais enfin, l'abandon substantiel de la souveraineté concédée par les Etats dans le cadre de cette procédure ne s'accompagne pas d'un contrôle démocratique accru. Les parlements nationaux sont, en quelque sorte, mis sous surveillance dans leurs compétences budgétaires, mais le parlement européen, lui, ne voit guère ses compétences accrues. Il doit seulement rendre un avis.

 Il faut donc le plus possible ôter aux élus l'initiative budgétaire et, pour le dire, un peu brutalement, chasser le peuple de ces domaines. C'est la même logique qui a présidé à la mise en place d'une banque centrale indépendante. Or, ce qui peut se comprendre et se justifier dans le domaine monétaire l'est beaucoup moins sur le plan budgétaire qui est un élément essentiel de la démocratie au sein d'un pays. beaucoup +

1) "tout sauf Sarko", le slogan le plus idiot jamais inventé ?
 puisque F. Hollande marche exactement dans ses pas, il est bon de se poser la question.
ou d'adapter : "tout sauf Sarkolland".

2) les frontières n'existent que pour les peuples enchaînés à leurs misérables comptes courants. elles sont aussi virtuelles qu'inégalitèrement partagées.

3) pourquoi payer sur nos impôts des représentants politiques qui ne sont plus utiles à rien ?

4) mais qui sont ces gens qui nous dirigent sans être passés par les affres su suffrage universel ?

où sont les peuples "assoiffés" de Justice et de Liberté ? atomisés.