mercredi 20 mars 2013

presse quotidienne régionale : quelle presse ?

Huit grands groupes se partagent aujourd’hui la quasi-totalité des quotidiens régionaux, et la tendance, ancienne, ne fait que s’accélérer.

De 1944 à aujourd’hui, le nombre de quotidiens régionaux est passé de plus de 170 à moins de 60. Sur la même période, le nombre de départements comptant un seul journal est passé de 7 à 44. C’est ce qu’on appelle la concentration industrielle, un phénomène qui touche aussi bien l’automobile que la métallurgie.
 Dans ces zones où les grands groupes sont en situation de monopole, le pluralisme, pourtant inscrit dans la Constitution, n’est plus assuré par la PQR.

« Par exemple, Ouest-France, qui est sans doute le meilleur titre de PQR en France, doté d’une grosse rédaction, a traité le mariage pour tous avec son biais démocrate-chrétien. » Seuls les lecteurs du Finistère, du Morbihan et des Côtes-d’Armor ont pu trouver une alternative en kiosque, avec l’irréductible et indépendant Télégramme. « Le pluralisme de l’information n’est plus assuré par les régionaux depuis bien longtemps, balaye Patrick Eveno. Aujourd’hui, c’est une fonction assurée par d’autres médias. En 1914, il y avait 4 quotidiens à Alençon et 5 à Gap : des feuilles de chou qui tiraient à 8 000 exemplaires, et qui soutenaient le député local. A la place, aujourd’hui on a des blogs, des chaînes de télé... »  

 « Dans trois ou quatre ans, il y aura entre trois et cinq grands groupes de presse quotidienne régionale en France. »