vendredi 22 mars 2013

après la guerre du feu, la guerre de l'eau

La répartition des eaux d'un lac ou d'un fleuve demeure, en effet, un sujet de fortes tensions dans certaines régions du globe.

Au Proche-Orient, la Syrie et l'Irak redoutent que la Turquie, en multipliant les barrages en amont du Tigre et de l'Euphrate pour son agriculture, ne les assoiffe. En Asie, la Chine, pour les mêmes raisons, est montrée du doigt par ses voisins du Sud. Le Vietnam a le regard braqué sur le débit du Mékong, qui irrigue ses rizières. En Amérique du Nord, le Rio Grande risque d'être un oued dans sa partie mexicaine.
A l'intérieur même de certains pays émergents, les relations se durcissent entre les populations des mégalopoles et les masses paysannes de leur hinterland que des conflits d'usage de l'eau opposent. Comme à Mexico, Delhi et Shanghai. « Il faut capter toujours plus loin et malgré les efforts déployés pour améliorer l'accès à l'eau, la situation se dégrade dans les villes. Elles en manquent toujours, à la différence des campagnes », observe Gérard Payen, conseiller pour l'eau de Ban Ki-moon, le secrétaire général de l'ONU. « Les crises de l'eau sont d'ailleurs bien plus souvent locales que transfrontalières », estime-t-il.

 tous les « pays d'amont » doivent gérer l'eau des fleuves de façon raisonnée et en laisser suffisamment aux « pays d'aval ». A eux de s'entendre sur la répartition des volumes prélevés et/ou sur les engagements à prendre pour restituer une eau de bonne qualité et en quantité 
 suffisante.

A Dhely (en Inde)  Presque tout l'approvisionnement se fait via la Yamunâ, le fleuve qui traverse l'agglomération avant de rejoindre le Gange. Or, note le Centre for Science and Environment, « la ville s'approprie la totalité des eaux de la rivière pour son propre usage ». Et elle y rejette « des quantités d'eaux usées », souvent non traitées, qui forment l'intégralité des « eaux » de la Yamunâ en aval. On imagine les conséquences pour les agriculteurs et les autres villes…

 Le partage des eaux de la Yamunâ entre Delhi et les Etats en amont donne aussi lieu à des échanges tendus, ces derniers voyant croître sans cesse les besoins de la capitale. Un peu partout, les tensions sur l'eau sont fortes. Alors que l'agriculture dépend pour l'essentiel des pluies de mousson, le pays reste très vulnérable à cette dernière. Une récente étude de la Banque asiatique de développement sur la sécurité en matière d'eau met l'Inde tout en bas de l'échelle en Asie, seuls le Bangladesh et l'Afghanistan font moins bien.

   en Chine le "partage" du Mékong :
 La Chine capte-t-elle une partie du précieux liquide pour son propre compte ? Elle a souvent protesté contre ces accusations, et fait remarquer que sa partie du fleuve représente moins de 15 % du débit global à son embouchure. Or, selon certains spécialistes, ce pourcentage atteint en réalité les 50 % pendant la saison sèche. Durant une année 2010 caractérisée par des précipitations très faibles, la Chine aurait donc retenu une partie des eaux sur son territoire, accentuant encore le phénomène en aval.
  Pékin a entrepris de construire, sur sa propre portion du Mékong, huit barrages hydroélectriques. Ils devront produire, à terme, 15.500 mégawatts. A ce stade, quatre fonctionnent, ce qui a déjà créé des conflits en aval du fleuve. En 2010, les populations du Vietnam, du Cambodge ou de la Thaïlande se sont ainsi plaintes devant le débit historiquement bas du fleuve.

en Australie :  En Nouvelle-Galles du Sud, 60 000 habitants consomment déjà une eau issue du traitement des eaux usées, pluviales et fluviales.
  Le scepticisme du public et la peur de risques sanitaires ont maintenu le concept de recyclage des eaux usées « des toilettes aux robinets » à l’écart des programmes politiques de l’Australie.

 Les critiques, comme l’expert en maladies infectieuses Peter Collignon, mettent en garde contre les conséquences « catastrophiques » pour la santé publique si le processus de traitement venait à faillir. Pour Rosemary Morley, du collectif ayant lutté contre le projet dans le Queensland, « il ne serait pas naturel pour le citoyen ordinaire moyen de penser à traiter les eaux usées puis à en extraire de l’eau. C’est une option tiers-mondiste ».

source 1,  source 2 ,   source 3source 4

en Amérique, certains états luttent pour "sauver" leurs nappes phréatiques ! (sécheresse et/ou fracturation) source 5



  en Europe, très mauvaise nouvelle pour nos ressources naturelles en eau :
 L'Allemagne se dirige prudemment vers l'exploitation du gaz de schiste 
 Fin février, Berlin a présenté un projet de loi qui interdit le fracking, de son nom anglais, dans les zones d'eaux protégées et de sources minérales. Par défaut le procédé sera autorisé ailleurs --sous réserve des autorisations nécessaires au cas par cas.Le sous-sol allemand abriterait jusqu'à 2.300 milliards mètres cube de gaz de schiste. L'Allemagne consomme 86 milliards de mètres cube de gaz naturel par an, dont elle importe l'essentiel.

Berlin estime que cette énergie pourrait contribuer à la sécurité d'approvisionnement et à la stabilité des prix (énergétiques) alors que le pays veut, à l'horizon 2022, se passer complètement du nucléaire. Et apprécierait de réduire sa dépendance aux importations en provenance de Russie et de Norvège.

source 6

particulièrement en France : idem !

une carte sur la quelle apparaissent les différentes profondeurs des nappes d'eau de la planète :

les eaux souterraines représentent la plus grande partie des réserves d’eau douce de la Terre. Les nappes phréatiques alimentent les puits et les sources et contribuent à modifier les écosystèmes régionaux et peut-être, localement aussi, le climat, en particulier quand elles affleurent la surface.
 un tiers de la planète est sous l’influence des eaux souterraines soit pour l’alimentation des eaux de surface soit pour nourrir les plantes à enracinement profond.

 Selon l’Organisation mondiale de la santé, chaque être humain nécessite au moins 50 litres d’eau par jour pour vivre dignement, une quantité bien éloignée de nos standards européens. En Espagne, la consommation moyenne par habitant et par jour dépasse 150 litres, alors qu’elle atteint à peine10 litres au Mozambique.

source 7source 8

Cette carte ci- dessous représente la disponibilité en eau douce, en m3 par personne et par an, pour l'année 2007. Les zones orange comprennent les pays en pénurie d'eau (scarcity) : la disponibilité en eau y est inférieure à 1.000 m3 d'eau par personne et par an. En jaune foncé sont indiquées les zones en stress hydrique (stress), et en jaune clair, les zones vulnérables (vulnerability). L'Afrique subsaharienne est la région du monde qui connaît le plus grand déficit en eau. L'Asie du Sud est une région à surveiller, en raison de son utilisation d'eau intense dans l'agriculture. © Philippe Rekacewicz, Unep
  source neuf