mardi 6 novembre 2012

sexualité et mormons

L’Eglise de Jésus-Christ des saints des derniers jours, dont Mitt Romney a été évêque, a mis en place une loi de chasteté très rigoureuse. Ce code moral interdit les relations sexuelles avant le mariage, la masturbation et l’adultère. La fidélité à son partenaire doit être complète, le mariage est au centre de tout. Les gays et lesbiennes peuvent rester membres de l’église, à condition toutefois de ne pas avoir de relations charnelles avec une personne du même sexe. Toutefois, les mentalités changent : en juin dernier, plus de 300 mormons ont participé à la Gay Pride de Salt Lake City pour apporter leur soutien à la communauté LGBT.
«Si ce n’est pas naturel, vous ne le faites pas», jugeait ainsi le douzième président de cette Eglise, Spencer W. Kimball. «Il y a certaines personnes qui diront que tout peut se passer derrière la porte de la chambre conjugale, mais ce n’est pas vrai et le Seigneur ne le tolère pas.» Le sexe oral, fellation ou cunnilingus, est par exemple vivement déconseillé.
 L’Eglise insiste également sur le respect de la femme. «Les jeunes hommes doivent être conscients que la femme est reine de son propre corps», expliquait le neuvième président de l’Eglise, David O. McKray. «Le mariage ne donne pas le droit à un homme de l’asservir, d’abuser d’elle, ou de l’utiliser simplement pour satisfaire ses désirs.» Les déclarations de Saint-Paul dans l’Épître aux Éphésiens sont convoquées : «C’est ainsi que les maris doivent aimer leurs femmes comme leur propre corps. Celui qui aime sa femme s’aime lui-même.»
 «Dans les manuels pour garçons, ils enseignent de brider leur désir, explique-t-elle. Mais ils disent aux femmes d’apprendre à gérer le désir des garçons !» Finlayson-Fife organise donc des groupes de parole pour que les mormones puissent discuter de leur vie sexuelle. «Je leur dis par exemple que le clitoris est important pour le plaisir. Si Dieu ne voulait pas que nous ayons du plaisir, nous n’aurions pas de clitoris», raconte-t-elle.
 Le sujet de la sexualité n’est pas tabou pour autant. Dans la revue mormone Dialogue Journal, de nombreux papiers académiques y sont consacrés. Levi S. Peterson, professeur d’anglais à l’université de Weber State dans l’Utah, appelle ainsi à un «érotisme mormon». Selon lui, parler de sexe en littérature n’est ainsi pas intrinsèquement une insulte à Dieu et les écrivains ne devraient pas se retenir, au risque de tomber dans une «pornographie inversée». Les sexologues et historiens Mark Kim Malan et Vern Bullough estiment par exemple que le rapport des mormons à la masturbation a évolué au fil du temps. Elle peut être désormais parfois vue comme étant morale sous certaines conditions éthiques si elle permet d’améliorer sa santé, son bien-être et son mariage. L’accès à Internet est aussi bénéfique pour les croyants qui peuvent selon les deux chercheurs témoigner plus facilement et anonymement de leurs problèmes et expériences. Selon ses données croisées, les couples se marient toujours jeunes (un peu après 20 ans), les unions durent et les femmes ont des enfants en moyenne plus tôt que les autres mouvements religieux. Et même si près de 60% d’entre elles ont des relations sexuelles avant le mariage, c’est à peine plus que chez les protestants fondamentalistes, et bien moins que chez les catholiques, les juifs ou les méthodistes. La polygamie est souvent associée à cette communauté. La pratique a pourtant été abolie officiellement dès 1890. Il reste toutefois quelques groupes fondamentalistes excommuniés, perdus dans la campagne de l’Utah. Les autorités ferment globalement les yeux sur leurs pratiques illégales. Paradoxalement, ces groupes soutiennent plus le président sortant que Mitt Romney. «Moi, ce qui m’intéresse particulièrement, c’est qu’Obama est en faveur du mariage gay», explique Joe Darger à Libération. Cet entrepreneur a trois femmes. «S’il est réélu et que cela va plus loin, alors on pourra se battre encore un peu plus pour rétablir la polygamie. Après tout, ce ne sont que deux modes de vies différents et le gouvernement ne devrait pas nous dicter ce que l’on peut faire dans nos chambres à coucher», se défend-il.

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boffffffffffffff ! (sujet clos, contrairement à "leurs jolis sous vêtements rigolos" !)