mercredi 31 octobre 2012

où est passé le temps qui passe ?

une mamie aujourd'hui. ci dessous une grand mère :
nous ne voyons jamais sur nos écrans les inexorables outrages du temps, sauf à nous montrer combien sont malheureuses les pauvres indiennes ou autres femmes de tribus amazoniennes reculées qui n'utilisent pas (encore) ces merveilleux produits "parcekejelevobien".
la mami de plus aurait tendance à se transformer ces dernières années en "cougar". on peut s'attendre à ce que les enfants renomment judicieusement leur "mami" en "cougari" ou"coucou" ou mieux encore en "gaga(r)" !

bref, vieillir c'est pas bien ! et surtout il ne faut pas que ça se voit !
exit les rhumatismes, les poils au menton et les bas varices ! vive la chirurgie plastique, la salle de sport et le string (de contention ?).

(je ne parle pas de papis dont la situation n'est guère plus enviable, une main sur le viagra et l'autre sur le tensiomètre).
tout cela serait très sympathique si cela ne touchait pas l'essence même de notre humanité.

en effet force est de constater qu'après notre naissance nous tous prenons une route dont l'aboutissement est toujours le même. l'immortalité n'est toujours pas remboursée par la sécu et même si je le déplore je le constate. amer constat.
le bon côté c'est que nous sommes en vie, le côté obscur de la force c'est qu'un jour, nous ne le serons plus. c'est une certitude absolue. on n'y peut absolument rien changer en l'état actuel de la science.

on nous vole les stigmates de notre vieillissement. ce faisant on disparait de la planète apparemment jeune et cruellement en bonne santé !
 
notre disparition est vraiment injuste, donc ! 
en volant notre vieillissement on nous vole l’inéluctabilité de notre disparition. notre disparition ne fait plus partie de notre existence même. elle apparait comme un épouvable accident incomprhénsible.
bientôt on s'assurera contre la mort ! à notre profit, bien sur, pour le jour où on reviendra !

en nous spoliant de notre mort on nous spolie de notre vie. ni plus, ni moins.
"rien de ce qui vit ne veut mourir". c'est vrai. ceci étant nous savons qu'au bout la mort nous attend. et cela quoi qu'on en dise détermine ce que nous faisons de notre vie.

si la mort n'existe plus la vie non plus. pour nous les humains les deux sont intimement liées.

les enfants sont jeunes jusqu'à 30 ans, voir 40. je rappelle que même dans nos société occidentales l’espérance de vie pour les hommes étant de 75 ans environ à 40 ans on a déjà fait un sacré bout de la route. (je suis désagréable, là, je le sens !).

comment se préparer à partir si nous ne vieillissons jamais ? parce que nous partirons. mais sans y avoir pensé. c'est juste la différence. on ne pense pas sa mort. on ne pense pas sa vie. on ne pense à rien. on copie des images. petits on les coloriait. vieux on les calque.

la pression exercée sur ces vieux qui doivent toujours être en bonne santé, faire du sport, réaliser des exploits sexuels, voyager le plus loin possible, se tenir informés, rester actifs (???!!!), cette pression donc est d'une cruauté épouvantable !

on a plus le droit de vieillir et très peu de mourir ou alors le plus discrètement possible.

et bien c'est normal ! puisqu'on a plus le droit de vivre. en sécurité, en famille, dignement, librement...

j'y reviendrai....paroles sur les obsèques