mercredi 31 octobre 2012

"interface cerveau-machine"


Les nanotechnologies au service des malades
AFP - publié le 31/10/2012
Faire marcher un tétraplégique, changer l'humeur d'un dépressif ou encore éliminer les tremblements d'un malade de Parkinson grâce à un boîtier implanté dans le cerveau sont quelques un des projets développés en toute discrétion par un laboratoire grenoblois.
Baptisé Clinatec, le laboratoire soutenu par le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et le CHU de Grenoble a obtenu cet été l'accord de l'Agence nationale de sécurité du médicament pour procéder à ses premiers essais sur l'homme après environ cinq ans de recherche.
Le programme consiste à implanter à la surface du cerveau d'un tétraplégique un minuscule boîtier contenant des électrodes. Les micro-puces enregistrent l'activité cérébrale du patient et la transforme en mouvement par le biais d'un bras ou d'une jambe robotisés.
Ainsi, lorsqu'un handicapé pense à lever le bras il émet des signaux électriques qui sont captés par le boîtier puis "digérés" par un logiciel, lequel active le bras ou la jambe articulés, vulgarise François Berger, professeur en biologie cellulaire.
Les essais sur des singes et des cochons enfermés dans un étage du bâtiment, auquel l'accès a été refusé à l'AFP, "n'ont montré aucun effet secondaire", affirme François Berger.
- neurostimulation cérébrale -
Parallèlement à ce projet, les chercheurs travaillent à la miniaturisation des composants utilisés dans la neurostimulation cérébrale mise au point il y a une vingtaine d'années par l'un des artisans de Clinatec, le neurochirurgien grenoblois Alim-Louis Benabid.
Membre de l'Académie des sciences, Alim-Louis Benabid, qui n'a pas souhaité répondre à nos questions, a développé une technologie permettant grâce à l'envoi d'une fréquence électrique dans certaines zones du cerveau de faire disparaître les tremblements des malades de Parkinson.
"L'enjeu aujourd'hui est d'affiner les zones du cerveau excitées grâce à des électrodes plus petites mesurant moins d'un millimètre, afin d'être plus efficace et de soigner d'autres maladies", souligne M. Berger évoquant à demi-mot les dépressions graves et les troubles du comportement.
Si on estime à environ 150.000 le nombre de personnes atteintes en France de la maladie de Parkinson, la neurostimulation profonde ne concerne que 5 à 10% des malades en raison des nombreuses contre-indications, tient à nuancer l'association France Parkinson.
"Cette technique est une réussite extraordinaire", reconnaît la directrice de France Parkinson, Mathilde Laederich. "On peut cependant regretter l'absence d'une base de donnée recensant les effets secondaires (...) telles que des chutes imprévisibles et des difficultés d'élocution très invalidantes", poursuit-elle. source