mercredi 20 juin 2012

Financiariser notre planète, puis l'Univers.

Christophe Bonneuil [1] : Ce qui a été mis en place en 1992 n’a pas permis de ralentir la sixième extinction actuellement en cours [2]. Le taux de disparition des espèces est mille fois supérieur à la normale ! Cette érosion de la biodiversité est essentiellement due à la destruction des habitats naturels, à la déforestation, aux changements d’usage des sols.
 La Convention sur la diversité biologique (CDB) entérine dès cette époque la notion de brevets sur le vivant. Les textes préfigurent déjà un modèle marchand qui pense que l’on ne conserve bien que ce qui est approprié, breveté et marchandisé.

 Ce qui avance vite, ce sont les études pilotes pour harmoniser les techniques de quantification et de monétarisation de la biodiversité et des écosystèmes. En toile de fond se dessine un mouvement spéculatif de prospection et d’achat de terres à forte valeur en « services écosystémiques », qui pourrait prolonger la ruée de ces dernières années sur les terres pour produire des agrocarburants.

  Pour sécuriser les marchés émergents des services écosystémiques, on recourt donc à des assurances. C’est le début de marchés dérivés et de la possibilité de parier sur la disparition de telle zone ou de telle espèce pour toucher l’assurance, ou faire monter le cours de tel produit financier dérivé. Avec le carbone, les forêts et autres « services écosystémiques », on est en train d’étendre à des processus vitaux de notre planète les mêmes logiques de financiarisation qui ont causé la crise financière de 2008…

  Depuis le sommet de Johannesburg en 2002, on a officiellement intronisé les entreprises comme des acteurs légitimes dans l’effort international de protection environnementale. Mais pour que les entreprises sauvent la planète, il est impératif pour leurs actionnaires que cette activité devienne lucrative. Et donc on s’ingénie, dans les agences de l’ONU ou à la Banque mondiale, à instaurer de nouveaux marchés de la nature.
Fini, les taxes, les parcs ou les régulations publiques, on ne jure plus que par les « instruments de marché » : paiements, enchères, marchés de droits à polluer et de compensation, prêts hypothécaires basés sur la nature… comme la bonne façon « innovante », souple et efficace de gérer l’environnement et de « sauver la planète ». De même qu’il y a un projet néolibéral pour l’eau, les services ou pour l’éducation, on voit bien ici se dessiner les contours du projet néolibéral pour financiariser la gestion de l’ensemble de la biosphère et l’atmosphère.
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quand la réalité dépasse la fiction. quand "ils faut remettre en service la guillotine". quand ce ne sont que des malades mentaux qui nous dirigent. quand l'indifférence devient une arme redoutable et précipite l'extinction des espèces. quand chaque jour, le mur de la réalité devient plus haut à franchir.

luttons ?
oublions ?
prions ?
je ne sais pas. pas du tout. que reste-t-il à sauver ?

oui, c'est juste la bonne question :

que reste-t-il à sauver ? 

si c'est trop tard : carpe diem, sinon groupons nous et battons nous, opposons nous aux guerres à venir. je sais, c'est peu.


pour des éléments de réponse
Nicolas Hulot dans "le monde" 

Nicolas Hulot qui a voté JLM, puis F. Hollande....:

" Il n’y a pas trente-six solutions. D’abord, les banques centrales doivent recouvrer leur droit démission monétaire pour prêter à taux faible à des agences d’investissement. Du coup les activités spéculatives seraient court-circuitées. Surtout, il faut d’urgence rapatrier dans l’économie réelle la part de la finance qui s’est exonérée de tout prélèvement. C’est inique. L’Europe doit être implacable là dessus. Ou alors on accepte la titrisation de nos démocraties et leurs implosions en chaîne. Vous savez : si on les méprise trop longtemps, les indignés d’aujourd’hui n’ont pas vocation à rester éternellement gentils. "