vendredi 23 mars 2012

le Grand Méchanlon ...

...et les trois Petits Cochons :

 "Selon un sondage BVA pour RTL, Orange et la PQR (Presse quotidienne régionale), qui aurait dû être publié demain, le candidat du Front de gauche (14%) devient le troisième homme dans la course à la présidentielle. Jean-Luc Mélenchon double Marine Le Pen (13%) et François Bayrou (12%). D'après cette étude réalisée les 21 et 22 mars, François Hollande devance Nicolas Sarkozy avec 29,5 % des intentions de vote. Le président-candidat est crédité à 28%." (source : le nouvel obs).

je pose ici un extrait de l'"Insurgé" de Jules Vallès, auteur cher à J.L. Mélenchon et à moi-même.
j'en profite pour conseiller la lecture de "l'Enfant", du même auteur, à tous ceux qui ne l'auraient pas encore lu. (ce n'est pas demain que ce livre sera inscrit aux programmes scolaires).

ATTENTION : cette lecture est "violente", ce blog prend des risques !

Extrait de « L’Insurgé » (Jules Vallès) :

valls.jpg   Voilà des semaines que j’attends, du fond de mon trou, une occasion de leur filer entre les doigts.
   Leur échapperai-je ?… je ne crois pas.
   Par deux fois, je me suis trahi. Des voisins ont pu voir sortir ma tête, blême comme celle d’un noyé.
   Tant pis ! si l’on me prend, on me prendra !
   Je suis en paix avec moi-même.
   Je sais, maintenant, à force d’y avoir pensé dans le silence, l’oeil fixé à l’horizon sur le poteau de Satory – notre crucifix à nous ! – je sais que les fureurs des foules sont crimes d’honnêtes gens, et je ne suis plus inquiet pour ma mémoire, enfumée et encaillotée de sang.
   Elle sera lavée par le temps, et mon nom restera affiché dans l’atelier des guerres sociales comme celui d’un ouvrier qui ne fut pas fainéant.
   Mes rancunes sont mortes – j’ai eu mon jour.
   Bien d’autres enfants ont été battus comme moi, bien d’autres bacheliers ont eu faim, qui sont arrivés au cimetière sans avoir leur jeunesse vengée.
   Toi, tu as rassemblé tes misères et tes peines, et tu as amené ton peloton de recrues à cette révolte qui fut la grande fédération des douleurs.
   De quoi te plains-tu ?…
   C’est vrai. La Perquisition peut venir, les soldats peuvent charger leurs armes – je suis prêt.
………..
   Je viens de passer un ruisseau qui est la frontière.
   Il ne m’auront pas ! Et je pourrai être avec le peuple encore, si le peuple est rejeté dans la rue et acculé à la bataille.
   Je regarde le ciel du côté où je sens Paris.
   Il est d’un bleu cru, avec des nuées rouges. On dirait une grande blouse inondée de sang.
{Jules Vallès ~ L’Insurgé}