jeudi 16 février 2012

des Mines et des hommes


LE CHARBON LÈSE LES AGRICULTEURS: UNE DÉNONCIATION AFRICAINE


Les investissements milliardaires des multinationales du charbon condamnent paradoxalement des milliers d’agriculteurs au chômage et à la pauvreté, indique dans un rapport l’organisation Southern Africa Resource Watch (Sarw), à quelques semaines de la répression des protestations de la population locale advenue dans le village de Cateme.
L’organisme sud-africain a mené ses recherches sur le terrain dans la province de Tete (nord), où se trouvent les mines de charbon exploitées par les compagnies Vale (Brésil) et Rio Tinto (Australie).
Le rapport dénonce ainsi le drame de milliers d’agriculteurs contraints à déménager dans des villages de “réinstallation” à des dizaines de kilomètres de distance des mines et des grandes villes, en vertu d’accords passés par le gouvernement avec les multinationales et jamais rendus publics. Dans les trois localités visitées par les chercheurs, Mualadzi, Cateme et 25 de Setembro, les habitants connaissent des problèmes en tout genre : de la pénurie d’eau potable et de courant aux fissures menaçantes sur les murs d’habitations fraîchement construites. Dénonçant les fausses promesses des autorités et les atteintes à leurs droits, les habitants de Cateme avaient bloqué des heures durant les trains de marchandises de Vale il y a un mois. La protestation avait été alors réprimée par la police, accusée par la suite d’arrestations arbitraires et de violences à l’encontre des manifestants détenus.
La colère et les conflits sont alimentés par la pénurie des champs, soutient le rapport. L’attribution d’un hectare de terre par foyer, conformément à des accords rendus publics au dernier moment et encore oralement, se heurte souvent aux droits des communautés autochtones. D’où le risque constant de conflits pour la survie dans une région “non particulièrement fertile ou productive”.
De même, la gestion des mines lèse la population riveraine. Les produits, les équipements et le personnel qualifié arrivent de l’étranger, le plus souvent du Brésil ou de l’Afrique du Sud. Cependant, dénoncent les auteurs de l’étude, pour ne pas déplaire au régime, la presse mozambicaine préfère passer sous silence les grèves qui paralysent les activités de Vale pratiquement une fois par mois.
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