dimanche 6 novembre 2011

Persépolis en mode tendu

Apart from former Soviet Union, Iran also received technical assistance from scientists from North Korea and Pakistansource


WASHINGTON (AFP) - The Iranian government has mastered the critical steps needed to build a nuclear weapon after receiving assistance from foreign scientists, The Washington Post reported.
Creating such a device is a formidable technical challenge, and Iran needed outside assistance in designing the generator and testing its performance, the paper said.
According to the intelligence provided to the IAEA, key assistance in both areas was provided by Vyacheslav Danilenko, a former Soviet nuclear scientist who was contracted in the mid-1990s by Iran?s Physics Research Center, the paper said.
Danilenko offered assistance to the Iranians over at least five years, giving lectures and sharing research papers on developing and testing an explosives package that the Iranians apparently incorporated into their warhead design, said The Post, citing two officials with access to the IAEA?s confidential files. yahoo.com
 donc, Russie, Corée du Nord, Pakistan, ça fait beaucoup à attaquer pour les israéliens. 


As to a possible Israeli attack on Iranian nuclear facilities, all Western nations oppose such a unilateral move, including the U.S. They have also made this extremely clear to Israeli leaders in recent talks in past months.
French Foreign Minister Alain Juppe has indicated that his country would come to Israel's aid if it was attacked, but said that if Israel decided to attack first that would be a different matter. Haarezt

les "nations occidentales" s'opposent.
faire "sauter" le nucléaire iranien, ce serait combien de Fukushima ?
c'est pas si loin, l'Iran. petit petit petit tour :



Le succès du gaz naturel
Les données de la Banque Mondiale donnent aujourd’hui l’occasion à l’Iran pour les Nuls de se pencher sur la production d’électricité en Iran. Les données et leur analyse suivent ci-dessous.



La production et la consommation intérieure d’électricité ont fortement augmenté en Iran depuis le milieu des années 1980. La croissance de la consommation d’électricité devrait continuer à un rythme de 6% par an dans la décennie qui vient. Avec une population de 70 millions d’habitants, l’Iran est le 19ème producteur et le 20ème consommateur d’électricité mondial. Les iraniens se consacrent aujourd’hui à faire croitre leur capacité de production d’électricité au même rythme que la croissance de leur demande interne. Ils sont aujourd’hui parmi les dix premiers producteurs de turbines à gaz dans le monde, et ont acquis l’expérience et les moyens d’être quasiment auto-suffisants dans la construction de centrales de production électrique.
La production électrique émane de 3 sources principales : le gaz, le pétrole et les barrages hydro-électriques. La centrale nucléaire de Bushehr, dont la production a démarré en 2010, ne représente encore qu’une part négligeable dans la production d’électricité en Iran, mais les iraniens planifient de se reposer plus sur l’énergie nucléaire en vue de l’épuisement des ressources fossiles.
L’Iran a les deuxièmes plus grandes réserves de pétrole du monde, et en est le troisième exportateur. En 2006, le brut iranien représentait 5% de la production de brut mondiale. En 2009, il y avait en Iran 52 nappes actives et 1853 puits en production. L’Iran a abandonné depuis une trentaine d’année le pétrole comme source de production d’électricité, profitant de la montée des prix du pétrole sur le marché mondial et le réservant à l’exportation. Le ration Réserves/Production de l’Iran était en 2009 de 89,4 années, un des plus hauts du monde. L’Iran semble gérer avec parcimonie ses ressources en pétrole, dont il sait qu’il ne pourra toujours compter dessus.
L’Iran possède aussi les deuxièmes réserves de gaz mondiales (15,8% du total mondial). C’est le gaz qui a remplacé le pétrole comme source principale de production d’électricité en Iran. Aujourd’hui, une grande partie du gaz produit par l’Iran est consommé en Iran, que ce soit pour générer de l’électricité ou comme carburant (le GPL est très employé en Iran depuis quelques années). L’Iran est aujourd’hui le troisième consommateur mondial de gaz naturel, après les Etats-Unis et la Russie. Avec les gisements géants de North et South Pars découverts il y a quelques années et les projets entourant leur exploitation, l’exploitation du gaz naturel iranien devrait augmenter dans les années qui viennent. La consommation de gaz naturel sur le marché interne devrait continuer à augmenter d’environ 7% par an dans le futur proche, faisant de l’Iran le pays avec le plus fort taux de croissance de l’utilisation du gaz naturel. Mais la fin des subventions, décidée récemment par le gouvernement d’Ahmadinejad, pourrait avoir des conséquences sur la consommation intérieure, qui ne sera plus soutenue par les fortes aides à l’achat qui étaient jusque là intégrées au prix de l’énergie.
La rivalité entre Téhéran et Riyadh

Raffinerie à Ras Tanura, Arabie Saoudite.
Le Cablegate de Wikileaks donne une nouvelle l’occasion de se pencher sur l’Iran. Cette fois-ci, j’ai décidé de partir des inquiétudes exprimées par les Arabes du Golfe pour élargir un peu plus le sujet à la rivalité qui oppose l’Iran à l’Arabie Saoudite. Au-delà de la menace que représente un Iran nucléaire pour les saoudiens, il existe plusieurs sujets sur lesquels s’opposent Téhéran et Riyadh.
Les deux pays se font face de chaque côté du Golfe Persique, dont le nom a lui seul est sujet de tensions : les iraniens y font référence comme le Golfe Persique depuis des siècles, les pays arabes riverains ont commencé il y a plusieurs décennies à l’appeler Golfe Arabique, provoquant l’irritation de Téhéran, qui revendique une antériorité de son autorité sur cette région remontant à l’Antiquité. L’Arabie Saoudite et l’Iran sont aussi des concurrents directs dans la région, pour deux raisons : le pétrole et la religion.
L’Arabie Saoudite est le seul pays qui produit plus de pétrole que l’Iran. Les deux pays exportent la quasi-totalité de leur production pétrolière via le Détroit d’Hormuz, que l’Iran a déjà menacé de fermer s’il était attaqué par une puissance étrangère alliée des États-Unis. Les installations pétrolières des deux pays sont à portée des missiles de la partie adverse, de chaque côté du Golfe Persique. Les deux pays cherchent à sécuriser leurs contrats à long terme avec de gros consommateurs, comme la Chine ou l’Inde. Cette rivalité commerciale prend à l’occasion des postures plus agressives, car la compétition sur le marché du pétrole se double de craintes que chacun des pays entretient l’un vis-à-vis de l’autre.
Rivalité religieuse ensuite. L’Iran est un grand pays chiite, alors que l’Arabie Saoudite, sunnite, accueille les sites sains musulmans de La Mecque et Médine. Dans les deux pays, la politique est pratiquée au service d’une vision fondamentaliste de la religion musulmane. L’alliance passée par la tribu des Saoud avec les wahhabites permet à cette faction religieuse extrémiste de rayonner depuis son foyer saoudien. Les iraniens n’ont jamais caché leur objectif d’exporter la révolution islamique, même si cet objectif est plus pragmatique qu’idéaliste aujourd’hui. Les réseaux saoudiens finançant les mouvements djihadistes au Pakistan sont bien connus. L’Arabie saoudite craint que l’Iran ne fomente des troubles dans sa région de Hasa, à majorité chiite et aussi principale région productrice de pétrole du pays (les chiites représentent 10% de la population saoudienne). Plus récemment, les saoudiens dénoncent le soutien qu’apporterait Téhéran au mouvement rebelle Houthi au Yémen, dont le combat contre le gouvernement de Sana’a déborde sur le territoire saoudien (soutien largement exagéré selon les américains, d’après les informations des câbles diffusés par Wikileaks). Par effet de miroir, Téhéran peut craindre que les saoudiens apportent un soutien financier aux sunnites baloutches du mouvement de guérilla Joundallah, qui attaque régulièrement les forces de sécurité iraniennes dans l’est du pays, près de la zone frontière avec le Pakistan et l’Afghanistan. Enfin, il existe une tension régulière à propos du Haj, le grand pèlerinage annuel à la Mecque. L’Arabie saoudite a peur que l’Iran envoie des pèlerins qui soient aussi des militants pour provoquer des troubles parmi les pèlerins. Téhéran, d’obédience chiite, ne reconnait pas comme légitime le contrôle de la Mecque par les Saoud.
Cette rivalité entre Téhéran et Riyadh s’exprime dans les alliances que nouent ces deux pays au Moyen-Orient : ils soutiennent généralement des factions contraires. Au Liban, l’Iran soutient le Hezbollah et l’Arabie Saoudite mise sur le courant du futur de Saad Hariri. A Gaza, Téhéran se tourne vers le Hamas et les saoudiens vers l’autorité Palestinienne. Même au Yémen, Téhéran serait plus sympathique envers les Houthis alors que Riyadh soutient le gouvernement yéménite.
La guerre froide opposant les deux grands riverains du Golfe persique s’étend aussi aux médias. La désinformation bat son plein des deux côtés, et toute opportunité est saisie pour réduire l’influence de l’adversaire, comme l’ont montré l’arrêt de la diffusion de la chaîne iranienne diffusant en arabe, El Alam, depuis les satellites d’Arabsat, en février 2010.
Au regard de cette confrontation, il devient plus aisé de comprendre la peur que peut nourrir Riyadh à l’encontre d’un Téhéran nucléaire, ainsi que l’aide demandée au protecteur américain. Mais les saoudiens ne demandent pas pour autant une attaque sur l’Iran, qui pourrait leur nuire. Ils savent très bien qu’une attaque iranienne entrainerait de très graves perturbations de la circulation du pétrole dans le Golfe, et aurait ainsi un effet dévastateur sur leur propre économie. L’opposition dans la région va aller bon train tant que l’alliance entre les saoudiens et les américains sera solide. Si cette alliance non démentie depuis 1945 venait à se relâcher, la situation pourrait devenir explosive dans le Golfe Persique.
La rivalité géopolitique entre l'Iran et l'Arabie Saoudite. Cliquez sur l'image pour l'agrandir
Sources :

L’Iran a menacé de fermer le détroit d’Hormuz à la circulation maritime s’il venait à être attaqué militairement. Large de 50 à 100 km le détroit d’Hormuz ouvre le Golfe Persique et ces immenses réserves de pétrole sur le monde extérieur. 30 à 40% de la production mondiale de pétrole y transite. Puisqu’une carte peut parler plus que de longs discours, nous espérons que celle-ci vous permettra de mieux appréhender le jeu des puissances ayant des intérêts à exercer un contrôle sur le trafic maritime du détroit.
La menace d’obstruction du détroit d’Hormuz
Contrat Creative Commons
La menace d’obstruction du détroit d’Hormuz est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage des Conditions Initiales à l’Identique 3.0 Unported, à condition de créditer de la manière suivante : © 2010 - Fabien Dany .
S’il est des décisions qui ont changé la face du monde, celle de Winston Churchill de se tourner vers le pétrole pour faire fonctionner les navires de la Marine Royale Britannique en 1913 est sûrement de celles-là. A partir de cette date se met en place une industrie mondiale du pétrole, une énergie incontournable aujourd’hui. Le contrôle de ses sources et routes d’approvisionnements est à l’origine de conflits géopolitiques depuis une cinquantaine d’années. Dans l’histoire de l’industrie du pétrole, l’Iran tient une place particulière qui me donne l’occasion de détailler l’importance de l’industrie du pétrole en Iran dans le cadre de ma série d’articles L’Iran pour les nuls.
Raffinerie dAbadan vers 1950
Raffinerie d'Abadan vers 1950
En 1908, après sept années de recherche, les anglais trouvent du pétrole et forent un puits près de Masjed-e Soleyman, dans le Khouzestan iranien. William Knox d’Arcy, qui avait obtenu sa concession du roi Mozaffareddin Shah, devient ainsi le premier étranger à exploiter le pétrole iranien. Les populations du sud de l’Iran exploitaient déjà le pétrole qui affleurait depuis la plus haute antiquité pour ses propriétés éclairantes ou isolantes. La découverte d’une importante réserve de pétrole par les anglais marque le début d’une importante évolution politique et économique en Iran et dans le reste du monde. Avec le décision de Churchill en 1913, La Grande-Bretagne, qui n’a pratiquement pas de réserves de pétrole sur son territoire, cherche à sécuriser ses approvisionnements. Le gouvernement britannique décide donc de racheter la concession de D’Arcy. Le pétrole qui en sera extrait jouera un rôle déterminant dans la première guerre mondiale, fournissant alors à la marine britannique puis aux premiers chars et avions le carburant nécessaire. La raffinerie d’Abadan, dans le sud de l’Iran est créée en 1913 et restera la plus grande du monde jusqu’au début des années 19601.
Après la première guerre mondiale, les britanniques cherchent à développer leur influence sur le pétrole iranien via la compagnie créée par d’Arcy qu’ils ont acquise en 1908, l’Anglo-Persian Oil Company (APOC). L’APOC change de nom en 1935 pour devenir l’Anglo-Iranian Oil Company (AIOC), suivant ainsi le changement de nom du pays sur la scène internationale. L’AIOC sera une des compagnies à la base de la création de la British Petroleum (BP) dans les années 1950. Les compagnies britanniques, américaines, soviétiques rivalisent d’influence en Iran pour y développer des projets pétroliers, en cherchant toujours à tirer la plus grande part des bénéfices réalisés, au détriment des revenus qui pourraient être générés pour l’Etat iranien. L’exploitation du pétrole iranien durant l’entre-deux-guerres apporte tout de même suffisamment de revenus à l’Iran pour permettre de financer la politique de modernisation et d’industrialisation du pays impulsée par Reza Shah.
Torchère dans le Khuzestan
Torchère dans le Khuzestan
Le pétrole sera aussi une des raisons qui pousseront l’URSS à soutenir l’indépendance de l’Azerbaidjan iranien en 1946, en vue de se rapprocher des champs pétroliers du nord de l’Iran. Cette crise irano-soviétique sera la première de la guerre froide, et un des baptèmes du feu de l’ONU nouvellement créé. Les incursions étrangères en Iran motivées par le pétrole, et la conviction que le pétrole est devenu une ressource extrêmement importante dans les affaires mondiales pousseront vers la nationalisation du pétrole iranien par le premier ministre Mossadegh en 1953. La nationalisation est inenvisageable pour les puissances américaines et britanniques qui décident d’un changement de régime pour remettre la main sur le pétrole iranien. L’Opération Ajax menée par la CIA permet de sortir Mossadegh du paysage politique et de remettre tout le pouvoir dans les mains de Mohammed Reza Shah. Dans les décennies 1960-70, l’Iran pourra échanger son pétrole contre de la technologie et du matériel militaire, et augmentera sa production pour fournir les besoins occidentaux. Les revenus du pétrole augmentent, mais les pays consommateurs ont encore un pouvoir immense sur le marché pétrolier mondial. Les Iraniens comprennent qu’une alliance des pays producteurs de pétrole est nécessaire pour tirer le plus d’avantages de leurs importantes réserves en pétrole. C’est ainsi que les iraniens deviendront avec les vénézuéliens les pays les plus actifs dans la création de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) en 1960. L’organisation est initialement créée pour combattre la baisse du prix du baril qui accompagne l’exploitation croissante des ressources pétrolières.
Le deuxième choc pétrolier, en 1979, se produit sous les effets de la révolution iranienne puis de la guerre Iran-Irak qui s’ensuit. Saddam Hussein envahit l’Iran en profitant de la faiblesse de l’Etat suite à la révolution pour essayer de mettre la main sur les champs pétroliers du sud, où habitent des minorités arabophones. Le dictateur iranien est alors soutenu par les grandes puissances occidentales, comme cela a été amplement documenté.  A la fin de la guerre, sous l’effet conjugué des destructions et des sanctions iraniennes, la production iranienne a plongé malgré l’importance des réserves. Au cours de la période qui suit, l’industrie pétrolière mondiale connait des changements majeurs : une forte augmentation des coûts d’exploration et de production, conjuguée à une baisse de la taille des gisements découverts. La concurrence s’exacerbe entre les pays concernés. L’apparition de nouveaux pays gros consommateurs de pétrole comme la Chine ou l’Inde fait augmenter les besoins pétroliers au niveau mondial. Faible production mais immense potentiel de l’Iran, besoins mondiaux accrus, position géographique au centre des zones riches en pétrole, les éléments se réunissent pour faire de l’Iran un partenaire recherché des grandes puissances mondiales grandes consommatrices de pétrole.

Le pétrole de l’Iran au XXIème siècle

Réserves et production de pétrole actuelles et prévues en Iran, 2002-2025
Réserves prouvées en 2002 (Mbl) % du total mondial Production en 2002 (mbpj) % du total mondial production en 2025 (mbpj) % du total mondial
89,7 8,6 3,37 4,6 4,9 3,9
Mbl : Milliards de barilsmbpj : Millions de barils par jour Source : Blood And Oil: The Dangers And Consequences of America’s Growing Dependency on Imported Petroleum, Michael T. Klare, Owl Books, New-York, 2004, p.76
L’Iran faisait partie des plus importants producteurs du monde juste avant la révolution de 1979. La production iranienne n’est plus que de 4 millions de barils par jour en 2006, alors qu’elle representait plus du double en 1979. Après 30 ans de sanctions américaines dont 10 ans de guerre avec l’Irak, l’industrie pétrolière iranienne aurait besoin d’investissements très lourds pour revenir à son niveau d’avant 1979. Les sanctions américaines visent le secteur énergétique iranien depuis 1995, et courent jusqu’à 2011. Elles empêchent toute compagnie d’investir plus de 20 millions de dollars par an en Iran. Les installations d’extraction et de raffinage tombent en obsolescence et le secteur nécessiterait 80 millions de US dollars d’investissements pour  revenir à son niveau d’avant 1979. Le développement du gaz naturel iranien, qui représente un énorme potentiel, demanderait 85 milliars de US dollars d’investissement d’ici à 2030 3.
Puisque l'essence est rationnée, les consommateurs font leurs provisions ou revendent les droits sur lessence qu'ils ne consomment pas.
Le rationnement du pétrole favorise le marché noir.
Le manque d’investissement en Iran se traduit aussi par une situation domestique potentiellement explosive : les importations d’essence représentent 43% de l’essence consommée en Iran, car les capacités de raffinage sont insuffisantes pour faire face à une demande croissante des iraniens. En subventionnant les prix des produits pétroliers vendus en Iran, l’Etat iranien a fait fortement grimper  l’inflation ces dernières années, jusqu’à atteindre les 30%. De plus, le gouvernement a été  obligé de mettre en place un système de rationnement de l’essence pour essayer de limiter la consommation nationale. Le régime iranien, qui avait promis d’amener les revenus du pétrole sur la table de tous les iraniens, se place ainsi dans une posture dangereuse qui pourrait être exploitée par les Occidentaux qui auraient des vues sur les réserves énergétiques iraniennes.
En lisant l’actualité nationale et internationale de l’Iran à travers le prisme du marché mondial de l’énergie, dans une optique géopolitique, le pays apparait au centre de nombreux intérêts, comme s’il était courtisé pour son pétrole et son gaz. Les Russes participent au programme nucléaire civil iranien, vendent des armes à l’Iran et préfèrent les discussions aux sanctions dans les instances internationales. Les Chinois vendent également des armes aux iraniens et signent des contrats pour le développement de projets pétroliers. La France, avec une entreprise comme Total, est également sur les rangs pour s’assurer une partie du pétrole iranien. Les Etats-Unis essaient de se rapprocher du pétrole iranien de toutes les manières : menaces d’intervention armée au prétexte du programme nucléaire qui pourrait être militaire, reprise de contact diplomatique timide après vingt-cinq années de rupture,  espoir d’un changement de régime en Iran suite à la réélection contestée d’Ahmadinejad.
En plus de ses réserves énergétiques, l’Iran attire par sa position géographique. Il possède la capacité de couper le trafic dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite 25% du pétrole mondial. L’Iran est situé au carrefour de deux bassins pétroliers extrêmement importants pour l’économie mondiale : le Golfe Persique et la Caspienne. Traverser l’Iran est le chemin le plus court pour amener le pétrole et le gaz des pays du bassin de la mer Caspienne vers l’Océan indien en évitant la Russie.
Le pétrole extrait en Iran pour les besoins des pays occidentaux a façonné l’histoire de la région depuis un siècle. Aujourd’hui encore, dans un contexte de course mondiale aux ressources énergétiques, les richesses pétrolières et gazières de l’Iran sont convoitées par les grands acteurs mondiaux. Lire l’actualité de l’Iran à travers le prisme de la géopolitique du pétrole donne une autre vision de l’évolution des négociations entre l’Iran et la communauté internationale, des avancées comme des rebuffades des différentes parties en présence.
Notes :
  1. « Le Pétrole en Iran », Babak Ershadi, La Revue de Téhéran, n°28, mars 2008.
  2. Blood And Oil: The Dangers And Consequences of America’s Growing Dependency on Imported Petroleum, Michael T. Klare, Owl Books, New-York, 2004.
  3. Iran’s oil industry : A house of cards ?, Gal Luft,  Institute for the Analysis of Global Security, 5 juillet 2007.

c'est bien stratégique. à suivre.