mercredi 27 juillet 2011

Lybie : plainte Belge contre l'Otan

Plainte en Belgique contre l'Otan pour la mort de civils libyens


BRUXELLES - La justice belge va être saisie d'une plainte contre l'Otan par un Libyen, Khaled Hemidi, accusant l'Alliance d'avoir tué son épouse et ses trois enfants lors d'un bombardement qui aurait visé son père, proche du régime de Tripoli, a annoncé mercredi un avocat belge.

Une action civile en dommages et intérêts contre l'Otan va être intentée ce jour même par notre client, qui a perdu là deux filles de quatre et cinq ans, un garçon de trois ans, ainsi que sa femme, Safae, 34 ans, a indiqué à l'AFP l'avocat, Me Ghislain Dubois.

Cet avocat est chargé de défendre les intérêts de M. Hemidi conjointement avec un collègue français, Me Marcel Ceccaldi, qui a intenté au nom du régime de Tripoli une autre action contre l'Otan pour crimes de guerre, début juillet auprès de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye.

Cette fois, l'action est fondée sur la faute qui consiste dans la violation par l'Otan du mandat de l'ONU, donné par la résolution 1973, qui visait la protection des civils, a encore indiqué Me Dubois.

La décision à l'origine du dommage a été prise à Bruxelles, où l'Otan a son siège, ou par quelqu'un ou par un organe dépendant de lui, a-t-il souligné pour expliquer le dépôt de la plainte dans la capitale belge.

La première audience du tribunal de première instance de Bruxelles sur cette affaire devrait avoir lieu d'ici sept à 10 jours, a estimé l'avocat belge.

Nous y plaiderons pour la désignation immédiate d'un médecin expert psychologue et d'un expert immobilier, ainsi que pour l'allocation à notre client d'une somme de 100.000 euros à titre provisionnel, a-t-il précisé.

Le bombardement le 20 juin à Sorman (70 km à l'ouest de Tripoli) d'un site présenté par l'Otan comme un centre de commandement et de contrôle militaire et donc une cible militaire légitime, avait fait, selon Tripoli, une quinzaine de victimes.

La résidence d'un conseiller historique du régime du colonel Mouammar Kadhafi, Khouildi Hemidi, qui faisait partie du conseil de commandement de la révolution de 1969, avait été détruite lors de ce raid, avait constaté un journaliste de l'AFP.

Selon Me Dubois, il n'y avait pourtant aucune installation militaire à proximité.

Si sa famille avait été durement touchée, Khouildi Hemidi s'en était lui sorti sain et sauf, se trouvant lors du raid dans un autre bâtiment, moins endommagé.

Des images des résultats de ce bombardement, qui faisait suite à d'autres au coeur de Tripoli, retransmises par des chaînes de télévision, avaient provoqué une certaine émotion internationale. Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, avait demandé une suspension immédiate des opérations et l'ancien secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, avait dit éprouver des scrupules devant la multiplication de ce genre d'incidents.

L'Otan s'était défendue du soupçon de viser délibérément des notables du régime pour amener Tripoli à accepter un cessez-le-feu, la démission de M. Kadhafi et l'ouverture d'un dialogue politique avec les rebelles du Comité national de transition (CNT), basé à Benghazi (est).

Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, avait indiqué le 22 juin que l'Otan allait continuer sa mission parce que si nous arrêtons, d'innombrables civils pourraient perdre la vie.


(©AFP / 27 juillet 2011 13h00)
pas de commentaire.
certains luttent encore. (note d'optimisme)