jeudi 30 avril 2020

Modélisation, entre 85 et 200 mille morts en France.

Dans le scénario le plus sombre, la crise du coronavirus pourrait déboucher sur 200 000 décès si les gestes barrières ne sont pas respectés après le 11 mai.



Un document de l’APHP étudie l’impact d’un déconfinement progressif à partir du 11 mai, en prenant en compte le taux d’immunisation collective évalué par l’Institut Pasteur (5,7 %) et la capacité augmentée de lits de réanimation en France (14 000 dont 12 675 dédiés au Covid). 

Il fournit trois indications essentielles.

A ) - prolonger encore le confinement général, même avec une politique de testing efficace, n’apporterait pas de bénéfice sanitaire. Que l’on sorte le 11 mai ou en juillet, les courbes finissent par se rejoindre : les services de réanimation arrivent à saturation et, sans politique forte de gestes barrières, le bilan total pourrait atteindre 200 000 morts. 

B) - le masque est un outil efficace. Si la population en est dépourvue, la mortalité pourrait toucher à terme 165 000 personnes, même avec les gestes barrières. Avec des masques, le bilan tombe à 85 000 morts. Toutefois, le modèle de l’AP-HP prédit que les services de réanimation arriveraient là encore à saturationmalgré la stratégie « masques, tests, distanciation physique ». Ce triptyque serait donc efficace, mais insuffisant à empêcher une deuxième vague épidémique.

C ) - En isolant les plus vulnérables, c’est-à-dire les quelque 17 millions de seniors et de personnes atteintes d’un handicap ou d’une maladie chronique, la courbe s’aplatit et la saturation hospitalière est évitée. 

Pour éviter que le nombre de morts dépasse les 30 000, il faudrait protéger toutes ces personnes vulnérables durant 38 semaines... jusqu’au 8 février 2021 ! Mais si les autorités se contentaient de protéger 75  % des plus fragiles (ce qui représenterait tout de même 12 millions de personnes), la France pourrait traverser la crise sanitaire sans saturer ses hôpitaux. 

Les épidémiologistes concluent : 

« La protection des personnes vulnérables est la clé pour préserver le système de santé et éviter un reconfinement. »



Rappel.


En Allemagne, l’épidémie repart. En Corée, les gens vivent en pseudo-confinement, à deux mètres les uns des autres. En Suède, les médecins ont regretté de n’avoir pas isolé les seniors. Tout montre que la distanciation physique et la protection des publics fragiles sont capitales. Mais la décision de différencier la population est très politique. 

Mardi, le 1° ministre, pris entre les injonctions du président de la République et les modélisations alarmistes des scientifiques, s’est ménagé une voie de sortie : si les indicateurs ne sont « pas au rendez-vous », a-t-il prévenu, le déconfinement n’aura pas lieu le 11 mai, ou alors « plus strictement». Source

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À mort les vieux, les malades et les fragiles en général ! On doit gagner des euros !

J’ajoute : « ce n’est qu’une grippe, il faut relativiser ».


😉



Un point enfant :