dimanche 29 décembre 2019

« Tout s’inscrit dans le corps ».

Exemple.


 (une hystérie de conversion).

Folle ? Pas folle ?

La force de l’inconscient. Raison et symptômes. Cette femme n’est pas maraboutée mais hystérique.

La limite entre les deux est floue à l’œil nu, n’est-ce pas ?

Le diagnostique dépendra de l’environnement culturel et du niveau d’études de celui qui le posera.

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Je vais vous conter une histoire vraie, une pincée de vécu.

Nous étions en commission. Arrive le cas d'une femme pour orientation ou non en structure de soins.

Hospitalisation ou pas. Tel était le sujet de la discussion.

Le cas :

Une femme d'une quarantaine d'années. Mère de plus de deux enfants (je ne me souviens pas exactement), mariée, sans emploi.

Elle déclarait être la reine d'une planète éloignée et devoir s'absenter quelques jours par mois de son foyer pour aller veiller sur ses sujets.

Dans les faits, elle se réveillait un matin et n'interagissait plus avec sa famille. Elle était absente.

Elle allait et venait dans son foyer sans dire un mot, sans rien faire, totalement muette.

Ces absences duraient environ une semaine. Elle reprenait le cours de sa vie "terrestre", comme si de rien n'était.

Elle avait prévenu ses enfants et son mari qui étaient informés de ses obligations inter stellaires.

Cette situation durait depuis des années. Les enfants étaient scolarisés sans maltraitance apparente, le mari travaillait, la maison bien tenue.

Décision de la commission : Elle reste chez elle, sans aucun traitement. Seul, un suivi médico-psychologique avait été mis en place. Autant dire pas grand-chose.

Pourquoi ? Parce que les psychiatres avaient décidé qu'elle n'était pas dangereuse et que son passé de bonne ménagère et l'amour que lui portaient les siens jouaient en sa faveur.

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Je n'étais pas d'accord. Comment ne pas penser que sa famille ne souffre pas de son délire ?

J'ai toujours préféré les mesures drastiques à la pensée molle.

Avec le temps, je me suis rendue compte qu'on avait un gros souci en psychiatrie, les médicaments.

J'aimerais bien connaitre le taux de suicide des patients sous Anafranil ou sous Prozac...

Ces médicaments sont extrêmement dangereux et les traitements de la "folie" sont restés ébouriffants très longtemps.

Les électrochocs étaient toujours d'actualité dans les années 90 dans certains services.

Je pense qu'ils le sont toujours dans le traitement de certaines dépressions profondes.

L'Italie a entrainé, dans les années 60, le monde entier vers une psychiatrie ouverte. Pour cause d'économie de coûts des structures d’accueil et de soins.

Il est moins onéreux de renvoyer les fous chez eux que de les garder en institutions. Drâmes en cascade mais fermetures des HP en chaîne. Pour en arriver à placer les autistes en Belgique dans les années 2000...

---------- Autre point à bien noter : la psychanalyse lacanienne (1960-1990) qui a fait entrer la magie dans l'acte de soin.

Qu'est-ce donc que le stade du miroir de Lacan si ce n'est l'arbre de vie kabbaliste ?

Freud a ouvert les portes, Lacan a joué et a inversé... Au sens strict.

Ce qui peut être intellectuellement gratifiant, peut s’avérer inopérant voire dangereux dans le quotidien. 

Lacan et ses camarades ont accompagné le "développement personnel" et la gouroutisation.
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C'est ainsi, grâce aux penseurs français du 20° siècle, que nous en arrivons à définir des actes barbares comme "culturels".

Puisque tout est justifiable, tout se vaut, etc...

La psychiatrie du moindre coût a préfiguré le réel tel que conté par la pensée dominante, elle-même étant le reflet de la lecture magique du monde qui se complexifiait.

Ce n'est pas simple. :)

Une source légère et lacanienne du « tout s’inscrit dans le corps ». Ce qui est vrai et faux en même temps :)


La folie et la culture. Folle ou pas, cette dame ? (Source).
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Dernière note : dans mes voyages j'ai bien vérifié par moi-même que le "rapport à la folie" d'un peuple dépend de son PIB.

Il y a des contrées dans lesquelles je n'ai trouvé aucun délirant, aucun HP. Zéro.

Inutile de faire un dessin.