mercredi 6 novembre 2019

Afrique, Finance Inclusive, endettement.

Une enquête, publiée en avril 2019, a montré que l'inclusion financière (l'accès aux produits et services financiers) est passée de 27 % de Kenyans en 2006 à 83 % en 2019.

35 % des emprunts sont destinés à la consommation.

La finance sur téléphone portable a aidé de nombreuses personnes – dont les pauvres, surtout des jeunes et des femmes – qui autrement seraient restées sans banque. L’accès au crédit a été démocratisé par ces services numériques.
En 2017, FSD Kenya a indiqué que la plupart des Kenyans utilisent le crédit par mobile pour les affaires (l’investissement et le paiement de salaires) et pour répondre aux besoins quotidiens du ménage.
Le crédit sur mobile aide les petites entreprises à se développer et à maitriser les flux de trésorerie quotidiens. Il aide également les ménages à faire face aux imprévus tels que les urgences médicales. Toutefois, 35 % des emprunts sont destinés à la consommation, y compris les besoins ménagers ordinaires, les forfaits de communication et les articles à usage personnel ou domestique.
Par ailleurs au Kenya, la rapidité et la facilité d'accès au crédit sur mobile ont entraîné un endettement lourd de nombreux emprunteurs. Au moins un client sur cinq a du mal à rembourser ses créances. C'est deux fois le taux des prêts commerciaux non productifs des banques classiques.
Malgré de petits montants, les prêts par mobile sont souvent très onéreux. Des taux d’intérêt élevés atteignant parfois 43 %, voire bien des fois un coût annualisé de 100 %, sans oublier les pénalités de retard.


Les clients ne savent pas toujours exactement ce qu'ils devront payer en frais et taux d'intérêt, ni à quelles autres conditions ils sont soumis. De plus, le modèle a été accusé de faire en sorte que les emprunteurs cèdent, sans s’en rendre compte, une partie importante de leurs données personnelles à des tiers renonçant à leurs droits à la dignité. Certaines plateformes contactent même la famille et les amis des emprunteurs pour se faire rembourser.
Déjà, bien que les prêts sur téléphone mobile concernent de faibles montants, ils finissent par représenter une grosse part du revenu des emprunteurs, qui ont alors du mal à les rembourser. 
.....Ceci répond à la question de savoir pourquoi tous les africains ont un ou plusieurs portables. 
C’est comme les Prius pour les promoteurs immobiliers texans. 
Là, un portable, c’est une dette. 
Le Kenya n’est pas un cas à part en Afrique.