lundi 28 octobre 2019

La Confession catholique.

.......La confession avant de communier ou un parcours instructif avec son confesseur ?

Ce sont les vacances.



------------------
Je ne parlerai ni des grèves, ni des pays en feu ce matin. Même Haïti est en feu et les américains s'en inquiètent.

Surpopulation dans un monde gourmand en énergie fossile. Qu'en attendions-nous, qu'en espérions-nous ? La décroissance ? Quand les pays non-croissants ne voulaient que croître ? 
Les pays riches ont sorti les pays pauvres de la nuit. Les pauvres ont voulu devenir riches et les populations arriérées se sont senties intelligentes avec internet. 

Internet, ses fantaisies, son ignorance comme fond de commerce et youporn à portée de clics, premier pourvoyeur de monnaie du net.

Tout brûle ? comment pouvait-il en être autrement ? Du passé faisons table rase ! Un passé aujourd'hui fantasmé, réécrit, vilipendé, comme si le jeter l’annihilait. La terre brûlée et les brulis.

L'inversion des valeurs ? le laid devient beau ? Tout se vaut ? 

Il fallait bien, pour qu'elles consomment ce qu'on leur donne à la becquée, que les toutes les populations se sentent investies d'une mission quelconque, mises en avant, que leur oralité atavique s'inscrivent dans un continuum de surface, tels dragons et licornes. 

La mémoire, y compris contemporaine n'est plus. En effet la bassine en plastique et le smartphone appartiennent à tous. 

Pour obtenir l'un comme l'autre avoir construit une civilisation n'était pas nécessaire. 

Aujourd'hui, le "partage" des ressources me semble avoir atteint un pic. 

Les choses sérieuses vont commencer. Chaque acteur revendique la propriété et le droit d'exploitation du pétrole, de la terre, de l'eau. 

"Que le meilleur gagne". En règle générale le meilleur c'est le plus fort. 

Les nations ont disparu, il n'y a plus que des multinationales opaques protégées par des armées dites nationales qu'elles rémunèrent par des montages financiers en millefeuille.

Donc, je vous parle de la confession.

De la confession catholique, je parle de ce que je connais. Je sais que Géocédille connais la confession orthodoxe et que d'autres pratiquent un rite protestant ou évangéliste mais je parle de ma pratique.
-------

J'ai eu deux confesseurs, un quand j'étais une enfant et un autre à l'âge adulte.

Mon premier confesseur était un jeune prêtre fraichement nommé dans ma paroisse périgourdine.

J'étais une petite fille de 11 ans. 
..à mon époque, les petites filles étaient des petites filles : robes chasubles, souliers à bride, chaussettes et manteaux à cols de velours. Le tout cousu par la couturière du quartier. Ma grand-mère choisissait un modèle sur un magasine, achetait le tissu et la couturière faisait un patron, puis coupait, puis cousait à la machine.

Pourquoi ? parce que la couturière était moins chère que le magasin de confection.

Mon arrière grand-mère tricotait des chaussettes en laine grise des Pyrénées avec 4 petites aiguilles, elle "montait" la chaussette. Puis elle faisait un retour et enfilait un élastique qui tombait sous le genoux.

Je vous avoue que j'avais bien honte de mes chaussettes. Je n'étais pas la seule à porter ce genre de chaussettes mais quand-même ! Mes cousines tentaient d'y échapper avec application sans beaucoup de succès. Les chaussettes de mon arrière grand-mère étaient prisées dans la famille. 

C'était disgracieux et à 11 ou 12 ans nous aurions de loin préféré porter les mis-bas des filles qu'on voyait dans les pages féminines des hebdomadaires.

C'était la honte, mais... on dormait avec pour avoir chaud... la nuit on oubliait la disgrâce du jour.

Bref, avec ma robe chasuble ou ma jupe plissée bleu marine de couturière, mon pull tricoté main dont la fermeture éclair sur l'épaule dessinait invariablement des monts et des vals, mes chaussettes grises et épaisses, j'allais à confess. Comme Eugénie Grandet, je voyageais jusqu'à la cathédrale en évitant de me tordre la cheville sur les pavés. 

Vous remarquerez que je laissais le vélo ;) 

La confession commençait avec la marche à pied, discipline qui donne le temps de réfléchir. D'autre part, j'y allais en robe comme le dimanche, par respect. Respect de quoi ? De l'acte, de moi-même, du curé, de la bâtisse. C'était mon éducation.

Pendant le parcours j'entrais dans le sacré. :)

Évidemment, je n'avais aucun pêché sur la conscience. Mais j'étais persuadée du contraire.

J'étais torturée par le pêché du doute. Je doutais, à force de lire en général et de lire Balzac en particulier, de la mansuétude infinie de Dieu, de la Résurrection de son fils, de la rémission des pêchés, de tout, quoi ! :)

Et, comme je doutais, je me disais que Dieu au cas où il existe me punirait. 

Vous voyez le truc ? ! Ni ma grand-mère, ni mon arrière grand-mère ne pouvaient répondre à mes questionnements. Elles m'envoyèrent donc chercher des réponses à l'église !

à mes 11 ans, avant ma première communion, j'ai fait connaissance avec ce jeune prêtre qui après m'avoir donné l'absolution m'a proposé des entretiens réguliers. 

Je n'en ai manqué aucun. Il était jeune et beau, il sortait du séminaire et tombait sur une petite fille persuadée que son âme était perdue ! :)

Nous avons tout évoqué ensemble, y compris le mariage des prêtres, des histoires intimes et personnelles, Dieu, les paroles des évangiles. Le tout avec affection mutuelle, retenue, pudeur et sincérité. 

à l'issue de nos conversations j'étais prête pour entrer dans les ordres ! Je me voyais nonne.
Je n'avais plus de doute ! :)

Arrivée au jour de ma "Première Communion", je pensais que Dieu allait entrer en moi via l'hostie et que j'entendrai sa Voix et que je saurai enfin que faire au mieux de ma vie.

J'ai attendu, attendu et rien ! 

Je me suis dit : "Soit Dieu n'existe pas, soit je suis une âme perdue et Il ne veut pas de moi".

Je ne vous dis pas mes affres. Ce fut terrible et terrifiant... à 12 ans, j'étais une âme en peine !

Est-ce pour ça que je suis devenue trotskiste ? ;)



-----

Mon second confesseur, idem : nous nous sommes choisis mutuellement. Un médecin jésuite.
J'étais adulte confirmée et depuis mes 11 ans j'avais beaucoup pêché. 

J'étais toujours une âme perdue mais, au moins, je savais pourquoi ! 

Au bout d'un long parcours d'échanges je lui dis : "Vous pouvez m'absoudre au nom du Seigneur mais je ne me pardonnerai pas pour autant".

Il se met à me hurler dessus ! :) 

C'était tout à fait inhabituel et plus que surprenant !

"Vous vous prenez pour qui ? Vous êtes plus puissante que Dieu ? Pardonnez-vous car Dieu vous a pardonnée !".

Il était extrêmement fâché. C'est sa colère qui m'a sauvée du poids de mes pêchés. L'autorité du sacrement. La conscience retrouvée de n'être rien, que les mots humains ne peuvent retranscrire l'invisible et infinie transcendance divine.  

La Confession c'est avant tout se regarder profondément et verbaliser ses erreurs et parfois ses fautes. C'est l'autre qui devient détenteur de secrets inavouables. C'est la confiance donnée, c'est la certitude de n'être pas trahie.

C'est l'Intercession. Parce que l'autre est investi d'un pouvoir qui le dépasse. 

Comme dans l'amour. ;)

------

La confession ne se limite pas à raconter ses petits pêchés de la semaine mais ressemble plutôt à un long et difficile chemin.

Ce chemin est accompagné par le confesseur dans un rapport dialectique.

Pour une confession réussie il faut abandonner l'orgueil, le mensonge, les faux semblants, la préservation de l'image de soi, la toute puissance sur son destin. Il faut lire des ouvrages alors qu'on n'a a pas envie pour poursuivre le dialogue. Il faut écouter, il faut se mettre en position d'être jugé pour être absout. Il faut faire confiance.

Il faut se retrouver à nu pour que le pardon ait un sens. Comme un petit enfant quel qu'il soit est aimé dans les yeux de sa mère.

De mon point de vue, la confession catholique est une richesse pour l'esprit et le cœur. 

Mais ceci n'engage que moi.


(Passini)


"La terre et le ciel ne m'étaient plus rien ; j'oubliais surtout le dernier : mais si je ne lui adressais plus mes vœux, il écoutait la voix de ma secrète misère : car je souffrais, et les souffrances prient "

(extrait tiré des Mémoires d’Outre-tombe, 1849-1850).

;)

______ Il faudra bien un jour parler de la confiance...