vendredi 23 août 2019

Gouverner par l’effroi et l’urgence, critique.


Un article très intéressant, à lire. Le catastrophisme comme méthode et moyen de gouvernance est né avec le premier choc pétrolier. Nous n'en sommes plus là, l'apocalypse a eu lieu.


Le catastrophisme constitue selon nous une forme de gouvernementalité qui vise à nous désarmer, nous déposséder des moyens d’agir et in fine de toujours plus gérer la population. Nous aborderons aussi la question de la réappropriation de la catastrophe et de ses enjeux.
« L’impératif selon lequel nous devons seulement préserver le monde implique que nous avons déjà renoncé à l’édifier. »
Mickael Foessel, Après la fin du monde. Critique de la raison apocalyptique.
Le catastrophisme écologique est une philosophie de la défaite de la raison humaine et de la peur de l’avenir. Elle s’appuie sur une perte totale de confiance en l’humanité pour répondre aux problèmes fondamentaux que posent par exemple le réchauffement climatique, les pollutions de l’air, de l’eau et du sol, ou encore la disparition progressive d’espèces végétales ou animales. Et cela engendre deux conséquences majeures.
Tout d’abord, et c’est un sujet développé chez quelques intellectuels de renom comme l’Allemand Hans Jonas à la fin des années 1970 ou aujourd’hui chez le Français J.P. Dupuy ; l’idée que les clefs de l’écologie devraient être remises aux mains d’un groupe restreint de sages, d’ingénieurs compétents et conscients des enjeux prioritaires. Ils auraient en quelques sortes carte blanche et agiraient, selon Hans, comme « tyrannie bienveillante, bien informée et animée par la juste compréhension des choses ».
Par ailleurs, et cela découle de la prétendue incapacité des populations à réagir avec justesse, le catastrophisme fonctionne comme une matrice de l’action dirigée par la peur. Une technique de gouvernement par l’effroi qui permet de prendre des décisions dont la contestation est rendue quasiment impossible par le chantage à la sauvegarde de l’humanité. Si l’état d’urgence et les politiques sécuritaires furent imposés comme réponses au terrorisme, le catastrophisme fonctionne de façon analogue au regard de la crise écologique, c’est un véritable nouveau contrat social hobbesien qu’il propose où, pour le dire grossièrement, chacun doit de se soumettre au Léviathan climatique pour espérer sauver ses descendants.
Il existe ainsi une forme d’ultimatum posé au nom des générations futures ce qui nous amène à nous interroger sur l’historicité et le temps, deux notions majeures à discuter pour cerner un peu mieux le catastrophisme. [1]
« L’horizon de la catastrophe est ce à partir de quoi nous sommes présentement gouvernés. Or s’il y a bien une chose vouée à rester inaccomplie, c’est la prophétie apocalyptique. Elle n’est énoncée que pour appeler les moyens de la conjurer, c’est à dire, le plus souvent, la nécessité du gouvernement. »
Comité invisible, A nos amis.
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7 commentaires:

  1. Merci pour cet excellent article .Pirate .

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  2. Remplacer un professeur par un autre professeur ?
    Bof !
    Je serai toujours au piquetcar trop rebelle , alors je préfère le carpe diem .
    Si catastrophe il y'a , alors soit.
    les profiteurs sont à l'œuvre des 2 côtés , du pour et du contre, quoiqu'il arrive, quoiqu'ils disent.
    Le juste t le sincère, dans la cacophonie orchestrée ou non , est celui qui ne demande rien.
    Il peut répondre à des questions si on les lui pose. Sans plus.
    Écouter pousser mes tomates, les arroser plutôt que d'écouter les bonimenteurs de tous bords . C'est déjà beaucoup !
    Faire plutôt que dire .
    Qu'às tu fait de ton talent ?
    Construire un monde meilleur ? Vas y , commences , retroussés tes manches , à voir ce que tu fais concrètement pour le bonheur ds peuples , je consentirai, peut être , peut être à fermer ma gueule et te regarder en silence.
    J'ai toujours eu beaucoup de mal avec les donneurs de leçons qui te les administrent plutôt que les apprendre eux mêmes.
    Bouh ! De mauvais poil ce matin BLUEBERRY ?
    Wendy s'est absentée top longtemps , c'est sur !
    Cdlt.
    M.S.BLUEBERRY.

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    1. :)

      J’en suis au même point que toi. Carpe diem, trop de destruction et d’empoisonnement divers mais tous mortels sur cette planète.

      Il faut laisser aller la valse....et danser, bien sûr ! :)

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    2. Il y a ceux qui élèvent les girafes et les peignent, et il y a ceux qui les tuent pour en faire des trophées.

      C'est juste qu'on n'est plus assez nombreux à les peigner pour préserver l'équilibre...

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  3. Cool les réseaux sociaux qui nous informe sur le fait que nous allons tous mourrir
    On avait tous cette certitude plus ou moins.
    Maintenant on sait et même on sait comment
    Et on peut choisir selon son ressenti personnel : de froid, de chaud, de faim, de soif
    Mais il n'est pas trop tard. J'ai lu quelque part que pour avoir une chance de s'en sortir il faut être dans la lumière.
    Je suis eclairee jusqu'a ma prochaine facture d'électricité
    Tout va bien

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