jeudi 30 mai 2019

Ainsi progresse l'ignorance.



« Je viens de réaliser que, n’ayant pas encore terminé mon doctorat, et mon département ayant été fermé entre-temps, je suis le seul et DERNIER étudiant restant de lettres classiques de la faculté de Limoges. »
Ce linguiste de 29 ans, agrégé de grammaire est en quatrième et dernière année d’une thèse consacrée aux noms des dieux des peuples de l’Italie antique.
« Il me manque quand même un lieu où rencontrer d’autres thésards, partager des doutes, voir comment ils travaillent… »
l’École pratique des hautes études de Paris, c’est là qu’il suit un séminaire hebdomadaire de linguistique italique. C’est sa seule occasion de voir du monde, pour lui, le « doctorant d’une matière qui n’existe plus : les lettres classiques ».
Cette année, le jeune chercheur n’a plus de financement – c’est-à-dire pas de salaire. Il a tout de même décroché une bourse d’étude d’un mois à Rome, qui lui permettra de finir la rédaction de sa thèse.
« Il n’y a plus de postes dans les universités en France en lettres classiques, et il n’y aura bientôt plus de grec ni de latin. Aujourd’hui, les plus grands spécialistes mondiaux de langue latine sont aux États-Unis. » 
Il a prévu de rejoindre en septembre la Belgique, pour effectuer un post-doctorat à la fac de Bruxelles.
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