lundi 22 avril 2019

La hass des bibliothèques.

Les écoles de Barcelone en passe de supprimer 200 livres et contes pour enfants jugés sexistes.

Dont le Petit Chaperon Rouge et la Belle au bois dormant.

 (gravure de 1862 de Gustave Doré).

"très stéréotypé et sexiste"

Selon l'Association chargée d'expurger les bibliothèques des contenus sexistes :

"si les jeunes enfants ont accès, via leurs lectures, à des représentations "fortement stéréotypées" des relations et des comportements, ils les considèrent comme normales."

«la société évolue et est plus consciente de la question du genre, mais cela ne se retrouve pas dans ces histoires et contes.»

«Le type de livres que les enfants lisent est très important, car les livres traditionnels reproduisent les stéréotypes de genre et il est bon d'avoir des livres qui les brisent».

«Dès l'âge de cinq ans, les enfants ont déjà défini leurs rôles, ils savent ce que c'est que d'être un garçon ou une fille et ce que cela signifie. Il est donc essentiel de travailler avec une perspective de genre dès la petite enfance. " source

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Revenons au réel. C'est bien avant 5 ans que les enfants "savent" qu'ils sont fille ou garçon.
Vers 2 ans c'est totalement acquit.

Quand l'enfant (vers 2 ans) est capable de formuler sa pensée, il se définit fille ou garçon.
L'acquisition du langage scelle l'identification sexuelle. 

Tentez l’expérience. 

Pourquoi lit-on des contes aux enfants ? Pour structurer le récit de ce qu'est un chemin de vie socialement adapté et compatible avec la loi des hommes.

Le conte, souvent cruel, permet à l'enfant de s'identifier au héros ou à l'héroïne, indépendamment du sexe de celui-ci, pour imaginer la société dans laquelle il vit.  

C'est l'accès au symbolique dont le langage est la fleur de lance. Le conte est un outil de compréhension du monde et de l'intégration sociale.

Dans cette dynamique d'autodafé il faudrait commencer par Homère et l'Iliade et l'Odyssée.

Comment comprendre Ulysse et ses aventures pour retourner à Ithaque quand on est une petite fille ? 

Pénélope serait un être falot, dénué d'intérêt ? Un livre à interdire de toute urgence, donc !

Or, sans Pénélope, point de retour au royaume pour en chasser les usurpateurs.

Pour comprendre l'importance de Pénélope, la lecture de la Belle au Bois dormant, délivrée par son Prince ne nuit pas. La quête du Prince c'est la quête d'Ulysse aussi.

Quand j'étais une petite fille, je m'identifiais à Ulysse et à toutes ses aventures merveilleuses, davantage qu'à cette malheureuse et courageuse Pénélope. 

Je me disais que, moi aussi, j'aimerais rencontrer les sirènes et être courageuse et déterminée.

Quand j'ai lu le Comte de Monte Cristo, je me suis identifiée au héros, évidemment.

Cela n'a pas fait de moi un garçon. Je savais bien que j'étais une fille mais je me voyais fendre les airs avec une épée ou fomenter des vengeances masculines. 

Il faut de toute urgence brûler Balzac, notamment Eugénie Grandet, mon héroïne de roman préférée, celle à qui j'ai toujours pensé qu'il était judicieux de ressembler.

Madame Bovary ? on brûle ou on la garde comme "représentante de l'éternel féminin" ?

Emma n'arrive pas à la cheville d'Eugénie. C'est Eugénie qui exécute le testament de Pénélope.

C'est à dire la longue histoire de la place sociale des femmes qui a construit l'occident.

Ces autodafés vont permettre un changement de société en sapant les bases de ce qui fut notre histoire.

On va "réécrire l'histoire" facilement.

La place de Pénélope est un honneur. Eugénie est honorable. Le Petit Chaperon rouge est courageux.

Pénélope c'est le temps, la préservation, le foyer comme château, le but, une sorte de graal.

Petite fille, je ne lisais que les classiques, jamais je ne me suis sentie rabaissée ou humiliée par leurs auteurs.

Ils m'ont élevée. 

Et, tout en sachant que j'étais une fille, j'étais tout à fait capable de m'imaginer à la place des héros masculins.

S'ils coupent l'imaginaire, nous perdre le langage comme accès symbolique à la différenciation.

Il restera le viol..........


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Ci-dessous, PNL :


refrain :



... Pas faux ... (La Hass = la misère)

toutes les paroles ici. 

NB : j'aime beaucoup cette chanson qui disait vrai, il y déjà deux ans...

5 commentaires:

  1. "Depuis quand les pédales veulent tenir le guidon ?"

    il n'y aurait pas une consonance homophobe, la, Wendy ?

    E viva Espagna !

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  2. Deux fautes d'orthographe:
    1- par acquit de conscience, et non par acquis;
    2- le comte de Monte Cristo, et non le conte.
    Merci pour le reste.

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Sans Modération.

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Respecter les autres est la base de l'échange.

Il faut beaucoup d'efforts pour construire et peu de bêtise pour détruire.

Ni insulte, ni incivilité, ni appel à la haine raciale ne seront acceptés. Je supprimerai les commentaires en comportant.