vendredi 25 janvier 2019

Les GJ occupent l'espace.

« l’intelligence connective se régule elle-même. »

D’une part, on ne sait pas ce que c’est, d’autre part, rien ne s’auto-régule sans souffrance.

Voir : la régulation des naissances, le capitalisme ou la régulation des comportements sociaux dits inadéquats.

La soupe néo-moderne, ci-dessous, avec un passage priceless « la femme, l’avenir de l’homme de 50 ans »  :

https://youtu.be/AQw_fKFLoqk


Comme si les « femmes » étaient un groupe humain à part de l’humanité et qu’elles ne participaient pas à la reproduction du système ni à sa stabilité.

Aujourd'hui, que le système ne leur permet plus d'envisager un avenir pour leurs enfants, leurs parents, leurs époux, elles sont sur des rond-points.

La destruction de la famille, d'accord mais les familles affamées, c'est non.

Les femmes ne voient plus l’intérêt de soutenir ce système, elles se placent à côté des hommes pour une lutte qu'ils veulent finale.

La violence des GJ est sous-jacente, c'est bien pour cela que le pouvoir les a ainsi réprimés.

Dans un esprit de prévention. Raté ! Les GJ s'arment en silence. 

Les Gilets Jaunes c'est la révolte du peuple qui vit contraint, dans un monde contraint et donc une démocratie contrainte.

Quelle démocratie ? à 4h30, ce matin, je mets Cnews et arrive à l'écran tv Hanouna et une ministre.
Je zappe. Au premier café c'est trop.

J'ai eu le temps de noter qu'Hanouna portait le plus beau costume 3 pièces qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps.



Tailleur anglais, nul doute.

Pour le reste je ne sais pas, je me suis souvenue de Bourdieu et j'ai coupé la TV. source à relire sans modération.

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Pourquoi j'écris moins ? Parce qu'après des années de chiffres de plus en plus orientés ou carrément faux, après des années de lectures sur le peak-all, je sens qu'on y est.

Dans le quotidien, je le vis. Je me déplace beaucoup en Uber ces temps-ci, j'ai à faire, à des horaires difficiles pour les transports en commun et il fait froid. 

Je parle beaucoup aux gens, je parcours Paris et sa proche banlieue.

Les GJ veulent des augmentations de salaire, des retraites indexées sur l'inflation, des hôpitaux en France rurale, des centres des impôts à proximité, des formations à côté de chez eux, etc... 





"Comme avant", ai-je envie de dire. Je rencontre beaucoup d'étrangers, beaucoup de minorités devenues majorités. Le dénominateur commun est le désir de quitter ce pays.

Y-a-t-il encore des "pays" ? Non, dans les faits. 

Quand Amazon travaille à flux tendu sur des produits internationaux normés, quand les informaticiens en France participent à la santé financière des entreprises chinoises qui sont propriétaires des entreprises françaises à travers des montages commerciaux opaques mais bien réels, quelle peut-être la validité d'une pensée nationaliste ?

Idem en Afrique et aux USA, partout.

Retourner aux "nations" d'antan c'est larmes et sang pour mettre en place une organisation sociale horizontale. Nous y viendrons par réflexe et instinct de survie pour sauver notre planète mais le chemin sera terrible.

Les GJ c'est la nostalgie d'une langue, de coutumes partagées mais aussi des infrastructures en bon état, de la sécurité dans les emplois et aussi dans les rues. La nostalgie et la rage de la perte.







Une façon de le dire. 😉


En 40 ans la population de l'Ile de France a certainement quintuplé. Mais ni les lignes de transports en commun, ni les commerces de proximité, ni la qualité des services publics, etc...

Porte de la Chapelle, des campements de migrants, Porte d'Aubervilliers aussi.

Ces dernières semaines, j'ai entendu plusieurs chauffeurs Uber me dirent qu'ils ne passaient plus par là le soir.

Ha ? Comment fait-on ? on ne sait pas. On enregistre une "appli-migrants" sur Waze, une extension de GPS gratuite ? 

J'vois qu'ça !

Les migrants sont abandonnés au ckrack, au Tramadol et aux 8/6.

C'est une image terrible, je pèse mes mots. C'est l'image du système. Des riches qui circulent portières fermées au milieu de miséreux de plus en plus agressifs.

Oui, agressifs. Bien plus qu'il y a 3 ans. Toujours aussi nombreux mais différents. La seconde, troisième, quatrième vagues migratoires connaissent des changements qualitatifs.

Par contre "l'accueil" des migrants, non ! C'est toujours la rue qui fait office de réception.

Accepter ça c'est déjà avoir perdu son âme. Au minimum, c'est accepter la détresse comme inéluctable, le malheur comme décent...

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Les GJ à défaut de pouvoir administrer leur territoires, les occupent.

Les rues le samedi, les rond-points en semaine, pour faire court.

Le Temps appartient à Dieu, l'Espace aux hommes.

Redessiner les frontières tangibles et intangibles c'est ce que font les GJ. C'est pour cela que le mouvement s'internationalise. C'est signifiant.

Dans un système qui abolit les lignes pour les riches, les pauvres les redessinent en couleur.

Occuper l'espace c'est remettre en cause la puissance du maître des horloges. Le déposséder de son ancrage temporel. 

C'est aussi créer des vecteurs de paroles ou d'informations. Le monde d'Euclide.
Géométrie euclidienne et non euclidienne dans l'espace.

(Pour ceux que ça intéresse :  

A) source 1 : Géométrie euclidienne.
B) source 2 : géométrie non-euclidienne.
C) source 3 : Les Éléments d’Euclide (315-225 avant J.-C.). l’ouvrage le plus imprimé au monde, juste après la Bible, avec plus de mille éditions différentes. 
D) source 4 : Images et frontières en mathématiques.)

Il y a le temps du système et l'espace des vivants. 

Le temps du système c'est celui qu'il nécessite pour se mettre en sécurité. L'espace des vivants c'est celui qu'ils nécessitent pour se mettre en sécurité.

Le temps en 2019 a divorcé d'avec l'espace. C'est rude.

J'ajoute l'extrait d’œuvre ci-dessous, car il y a dans cette lutte des hommes pour leur survie une dimension spirituelle sous-jacente, comme la violence. 

L'esprit des jours anciens accompagnent les GJ, la nostalgie, le sentiment de perte, la présence invisible des ancêtres.

*****Ne me lisez pas, lisez le :


Des larmes coulèrent de ses yeux, et dans la pénombre il crut voir la forme d’un jeune homme debout sous un arbre, lourd de pluie. 

D’autres formes l’environnaient. L’âme de Gabriel était proche des régions où séjourne l’immense multitude des morts. 

Il avait conscience, sans arriver à les comprendre, de leur existence falote, tremblotante. 

Sa propre identité allait s’effaçant en un monde gris, impalpable : le monde solide que ces morts eux-mêmes avaient jadis érigé, où ils avaient vécu, se dissolvait, se réduisait à néant. 

Quelques légers coups frappés contre la vitre le firent se tourner vers la fenêtre. Il s’était mis à neiger. Il regarda dans un demi-sommeil les flocons argentés ou sombres tomber obliquement contre les réverbères. 

L’heure était venue de se mettre en voyage pour l’Occident. Oui, les journaux avaient raison, la neige était générale dans toute l’Irlande. 

Elle tombait sur la plaine centrale et sombre, sur les collines sans arbres, tombait mollement sur la tourbière d’Allen et plus loin, à l’occident, mollement tombait sur les vagues rebelles et sombres du Shannon. 

Elle tombait aussi dans tous les coins du cimetière isolé, sur la colline où Michel Furey gisait enseveli. Elle s’était amassée sur les croix tordues et les pierres tombales, sur les fers de lance de la petite grille, sur les broussailles dépouillées. 

Son âme s’évanouissait peu à peu comme il entendait la neige s’épandre faiblement sur tous l’univers comme à la venue de la dernière heure sur tous les vivants et les morts.


James Joyce. Extrait de « Le Mort », in Gens de Dublin, Paris, Plon-Nourrit, 1926.

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