mercredi 30 janvier 2019

E.N. : la confiance c'est la soumission.


"L'école de la confiance" c'est le slogan préféré de JM Blanquer , celui qui a été utilisé pour justifier sa politique tout au long de ses 18 mois de présence au ministère de l'éducation nationale. C'est encore le nom de son projet de loi sur l'école qui devrait bientôt arriver devant le Parlement. La confiance c'est, selon le Larousse, "le sentiment de quelqu'un qui se fie entièrement à quelqu'un d'autre, à quelque chose". Mais le projet de loi de JM Blanquer redéfinit le terme et sa portée. Il éclaire du coup le véritable projet du ministre. 

L'école de la confiance c'est celle de la mise au pas des enseignants.


L'étude d'impact donne des exemples. "Il en ira par exemple ainsi lorsque des personnels de la communauté éducative chercheront à dénigrer auprès du public par des propos gravement mensongers ou diffamatoires leurs collègues et de manière générale l’institution scolaire. Ces dispositions pourront également être utilement invoquées par l’administration dans les cas de violences contre les personnels de la communauté éducative ou d’atteintes au droit au respect de leur vie privée, notamment par le biais de publications sur des réseaux sociaux".

Ainsi toute critique portée par un enseignant sur l'institution pourrait être légalement sanctionnée par une révocation. 
Or la liberté de parole des enseignants est nécessaire à l'exercice du métier. Ils doivent éthiquement privilégier l'intérêt de l'élève avant celui de l'institution. Ils doivent pouvoir exercer librement un droit de critique sur le fonctionnement de l'institution. Celle-ci d'ailleurs le leur demande quand il s'agit des programmes par exemple. Source

On mesure le glissement que permettrait le passage de cet article. JM Blanquer inscrit cet article pour permettre une systématisation des sanctions et faire en sorte que les enseignants se taisent, notamment sur les réseaux sociaux, dernier espace de liberté.