vendredi 5 octobre 2018

"Pricer" les mots, détruire la langue.

"Tant qu'il y aura de la haine, il y aura des gens pour n'y voir qu'un marché."

La petite histoire de la haine sur les internets remonte peut-être aux premières fois (en 2005) où des partis politiques s'emparent des liens sponsorisés pour s'approprier des audiences.
 
En fait, ce sont là les prémisses de la prise de conscience de la nature profondément spéculative des discours de haine en particulier et des discours polarisés ou clivants en général.


source, acheter des mots clés.



... si l'on ne commence pas par comprendre cela, on ne comprendra jamais rien aux logiques virales y compris haineuses et on ne sera jamais capable de proposer des solutions adaptées.

En ramenant un bien commun (la langue et le vocabulaire) dans le domaine marchand de la spéculation on a découvert, créé puis entretenu collectivement des pratiques discursives dont la rentabilité était directement indexée sur leur capacité de stigmatisation politique, sociale, commerciale, culturelle, et ce à l'échelle collective ou individuelle.

Toutes les dérives auxquelles nous avons assisté entre 2005, avec l'UMP achetant le mot-clé "banlieue et émeutes" pour ramener du trafic vers le site de candidature de Sarkozy et 2018 avec Facebook proposant à ses annonceurs des catégories de "ciblage" publicitaire qui recyclaient ces catégories discursives de la stigmatisation, sont directement liées à cette marchandisation de la langue. Tout est là. C'est la clé. La seule.

Le web est un espace public. A ce titre il n'est ni plus sauvage ni moins sauvage qu'un autre espace public qui ne serait pas le web. Et on n'a pas besoin d'y "renforcer la lutte contre le racisme et l'antisémitisme" mais simplement d'y faire appliquer les lois existantes.

Seule "différence" avec nos architectures urbaines anxiogènes, les architectures techniques sont invisibles, et cela participe au premier plan de leur toxicité.

Résumé : 

En ramenant un bien commun (la langue et le vocabulaire) dans le domaine marchand de la spéculation (liens publicitaires et capitalisme linguistique) on a découvert, créé puis entretenu collectivement des pratiques discursives dont la rentabilité était directement indexée sur leur capacité de stigmatisation politique, sociale, commerciale, culturelle, et ce à l'échelle collective ou individuelle.



"Pour ma part, j'ai lancé une campagne d'achat de mots clés à la demande de l'UMP. Cette campagne a été lancé dans la soirée avec des mots clés liés aux émeutes de banlieues. Le lendemain matin un blog a signalé des dérapages sur des publicités google qui s'affichaient sur des mots clés douteux, pouvant être considérés comme racistes, dans le contexte. Nous n'avions évidemment jamais acheté ces mots clés, ce qui aurait été odieux, mais aussi stupide. J'ai immédiatement appelé Google pour comprendre ce qu'il se passait. Les services de google ont vite compris qu'il s'agissait d'une extension spontanée de l'univers sémantique de ma campagne (recherches étendues, à opposer aux recherches strictes), ce qui est le système par défaut quand l'éditeur de la campagne ne fait pas de choix particulier. En gros, Google affichait mes publicités à toutes les recherches comprenant des mots associés par les gens, dans leurs requêtes google, aux mots clés que j'avais achetés. Bref, une fois de plus c'est le racisme exprimé par les gens dans leurs recherches qui conduisait l'algorithme google a étendre ma campagne à des mots clés que je n'avais pas achetés. J'ai immédiatement suivi le conseil de Google et restreint ma campagne strictement aux mots clés que j'avais acheté. Le problème n'aura donc duré qu'une nuit et une matinée."  Extrait du mail d'Arnaud Dassier reçu le 20 septembre. source 1 (2006)

source 2

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La limite du raisonnement ? Nous ne parlons plus la même langue sur le territoire.


Et maintenant il y a youtube, tout se passe en vidéos ... le communautarisme est "imagé", non écrit, la destructuration sociale est quasiment aboutie.

Sans langue commune écrite il n'y a aucune transmission possible.

Je les regarde avec grand intérêt les illettrés de tous poils ! vraiment ! Ils se répondent via des petites vidéos youtube interposées. 

C'est priceless.

ils discourent dans un français plus qu'approximatif ! Il m'arrive de ne pas tout comprendre.

Une langue française mâtinée de différents idiomes. 

Comment construire une campagne électorale dans un pays où les citoyens ne parlent pas la même langue ?

Infiltrer youtube ? Acheter autant de mots-clés qu'il y a de langues françaises ?





La confusion des langues, Gustave Doré. source image.


 

4 commentaires:

  1. Le 'Djinn' trouve TA contrib "GÉNIALE" (dans tous les sens du terme) !!

    TIP TOP :)

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  2. CE TEXTE ENVOYÉ PAR UNE AMIE (Lorence Jeune) EST UN PEU CRU ...MAIS IL REFLÈTE QUE LA VÉRITÉ .....

    JE VIS DANS UN PAYS :
    — Qui attend 6 mois pour qu'un enculé dise qu'il a tué une petite fille et où il l'a jetée...
    — Où un Jawad qui héberge des terroristes qui ont fait des centaines de morts est acquitté...
    — Où un mec pleure pendant des mois dans nos télés et finit par avouer avoir étranglé sa femme par "accident" ...
    — Où l'on se pose la question de savoir si un mec de 28 ans peut baiser une fillette de 11 ans à la sortie de l 'école avec son "consentement"
    — Où on s'inquiète de la qualité de vie d 'un putain de terroriste en lui offrant 3 cellules, une salle de musculation, de bons repas, des soins médicaux... et un avocat payé par nos impôts...
    Mais je vis aussi dans un pays....
    — Qui condamne des jeunes à 5 ou 8 ans pour avoir cassé un portail de préfecture...
    — Qui emprisonne un SDF pour avoir cherché de la nourriture dans une poubelle ....
    — Où des gendarmes tiennent un gars en garde à vue plus de 9 heures pour un statut sur Facebook !...
    — Où on envoie les forces de l'ordre gazer et matraquer des gardiens de prison qui manifestent car ils en ont marre de se faire agresser par des détenus ...
    Je vis dans un pays :
    -- Où l'on ouvre les portes à des milliers de migrants mais où l'on autorise les expulsions de familles avec des enfants ...
    -- Où on laisse des Français dormir dans les rues...
    Un pays ou l'on prive les citoyens de leur liberté d'expression, où on les empêche de manifester leur mécontentement soit en leur refusant les autorisations soit en les menaçant ....
    Je vis dans un pays qui n'est plus le mien depuis longtemps ...
    Je n'ai plus aucune solidarité avec ce pays dirigé par des voleurs, des bobos, des intellos qui mettent nos vies en danger...
    Je vis dans un pays corrompu depuis des décennies qui rend une justice à 14 vitesses, suivant que vous soyez français , riches, pauvres, métèques, basanés ou Corses...
    Mais je vis dans un pays où il y a un pénitencier à ciel ouvert où des violeurs, des pédophiles apprennent tranquillement les métiers de la terre. Un pénitencier avec , tenez vous bien : Une plage privée pour ces détenus ...
    Je vis dans un pays où on me bourre le cul de taxes, de surtaxes, d'augmentations en tout genre.
    Je vis dans un pays où :
    — On baisse mon pouvoir d'achat,
    — On me prive de vivre correctement avec le fruit de mon labeur.
    Un pays ou l'on impose à des bébés 11 vaccins sans savoir les risques qu'ils encourent ...
    Un pays où on prive nos anciens de l'aide dont ils ont besoin dans les maisons de retraite,
    Un pays où ont les ponctionne sur leur retraite.
    Un pays où je devrai avoir un destin en commun avec ces tronches de cul, ces tarés, ces sacs à merde, ces intellos humanistes dépressifs mal baisés ???
    Ces mêmes connards qui ne condamnent pas fermement des assassins, des terroristes, des violeurs et tueurs d'enfants ?
    Je vis dans un pays où on cherche à savoir le pourquoi du comment alors qu'il n'y a qu'à flinguer les pourris et les balancer aux cochons comme au bon vieux temps.
    Je vis dans un pays qui n'est plus le mien.
    Je vis dans un pays où le discours que j'entends n'est pas le mien.
    Je vis dans un pays où le mode de vie n'est plus le mien.
    Un pays où il n'y a plus de guerriers, de vrais hommes..
    Un pays où la parole d'un chroniqueur pistonné à grands coups de bites ou de fellations est parole d'évangile...
    Je vis dans un pays de lobotomisés qui ont voté pour un escroc qui les sodomise pour offrir encore plus aux riches.
    Je vis dans un pays de magouilles, un pays où le dur travail n'est plus reconnu !
    Et où l 'honnêteté, la droiture, la loyauté sont synonymes de connerie !

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Sans Modération.

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Respecter les autres est la base de l'échange.

Il faut beaucoup d'efforts pour construire et peu de bêtise pour détruire.

Ni insulte, ni incivilité, ni appel à la haine raciale ne seront acceptés. Je supprimerai les commentaires en comportant.