mardi 2 octobre 2018

Danger de la dépendance.




L'an dernier, 530 signalements de produits de santé en rupture de stock ont été recensés en France. Soit dix fois plus qu'il y a dix ans, faisant de 2017 une année record pour des médicaments « essentiels » comme les antibiotiques, les vaccins ou les anticancéreux. Pour identifier les raisons de ces pénuries, une mission d'information a été lancée fin juin par le Sénat, qui présentait ce mardi son rapport. Source
C’est 30 % de plus qu'en 2016. Si le phénomène n'est pas nouveau, son amplification est «inquiétante».
Pour expliquer ce phénomène, les sénateurs pointent du doigt la délocalisation de la production de médicaments. 70 % des principes actifs (les molécules à la base des traitements) sont fabriqués aux États-Unis et en Asie, essentiellement en Inde et en Chine. «L'enjeu est de réindustrialiser, martèle le rapporteur, Jean-Pierre Decool. L'industrie pharmaceutique est un énorme vivier en matière d'innovation et de santé publique. Il faut recréer les conditions d'une indépendance de la France dans la production de médicaments.» Source 2
Ces conditions de production /distribution engendrent parfois des incidents graves. C'est ce qui s'est passé cet été, en Chine, dans une usine qui fabrique l'un des médicaments contre l'hypertension les plus vendus en France, le Valsartan. "Il est apparu une impureté potentiellement cancérigène dans la production de la matière première. Ce qui a entraîné l'arrêt de la production. Aujourd'hui, on est presque en rupture de Valsartan, même si on a des alternatives à ce médicament".
Entre le laboratoire et la pharmacie, il y a des intermédiaires, qu'on appelle des grossistes répartiteurs. Leur travail consiste à acheter les médicaments aux laboratoires pharmaceutiques pour les revendre ensuite aux pharmacies de leur secteur géographique. Or, ils en vendent aussi aux pays étrangers, notamment en Allemagne et en Italie, qui paient plus cher qu'en France, où les prix sont tirés vers le bas parce qu'ils sont bien remboursés.
Officiellement, les grossistes répartiteurs n'ont pas le droit de vendre à l'étranger des médicaments qui sont en pénurie en France. Mais il n'existe quasiment aucun contrôle dans ce secteur. "Le grossiste à qui l'on commande régulièrement des médicaments nous dit qu'il ne peut pas nous livrer car il y a une rupture de stock. Mais quand on appelle le laboratoire, il nous dit qu'il peut nous en envoyer".
 l'Agence du médicament confirme d'ailleurs que les ruptures de stock vont persister cette année. Pour l'année 2018, les chiffres apparaissent déjà comme tout aussi inquiétants qu'en 2017, soit toujours 30% de signalements en plus par rapport à l'année précédente. 
Pour l’agriculture aussi nous sommes dépendants, pour le pétrole, pour les pièces détachées automobiles..

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