vendredi 28 septembre 2018

Un cours est devenu un « cadre attentionnel ».






A propos de cet espace-temps particulier qu'est un "cours" donné devant 60, 120 ou 200 étudiants, je peux reprendre mot à mot la réflexion que je faisais lorsqu'on me demandait d'imaginer l'avenir des bibliothèques : 
"un endroit où à l'heure de l'économie de l'attention, on "fait attention", on "prête attention", mais pas seulement aux livres ou aux différents documents qui y sont présents, un endroit dans lequel on dispose d'un "cadre" attentionnel."
Un cadre attentionnel. Voilà ce qu'est un cours. Un cadre et un temps attentionnel préservés. 
A condition bien sûr d'avoir accès aux bonnes sources et ressources, l'apprentissage "sur le web" est d'abord sexy, attirant et efficace parce qu'il se situe en dehors du cadre attentionnel contraint de l'enseignement. Il est, par nature et structurellement, un apprentissage périphérique et non "situé". Il est "hors-cadre". Mais.
Car là aussi il y a un "mais". Mais cet apprentissage "sur le web" est aujourd'hui majoritairement un apprentissage "dans les plateformes" avec une régulation et une prescription algorithmique qui n'a pas pour ambition de rendre les gens plus intelligents ou plus curieux, ni même d'ailleurs de leur permettre simplement de s'ennuyer tranquillement en regardant des bêtises, mais de les laisser exposés le plus longtemps et le plus régulièrement possible à différentes formes de ciblage publicitaire et comportemental.


Et le prof un cadreur... de cinéma ? Société du spectacle...dans laquelle les algorithmes sont tes divinités surpuissantes à qui tu livres ta vie en priant ne pas en subir les coupures...

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Sans Modération.

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